
Titre Original : Night of the Skinwalkers
De : Michael Szymczyk
Avec Ronnie Derrick Lyall, Clara Imon Pedtke, Katherine Vazquez, Aaron Henry
Année : 2024
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Science-Fiction
Résumé :
Quatre couples échoués dans une cabane isolée au bord d’un lac, à la veille d’une invasion extraterrestre, découvrent que tout n’est pas ce qu’il semble être.
Avis :
S’il est de notoriété courante d’emprunter légendes et autres mythes pour étayer une histoire, il est toutefois nécessaire d’en maîtriser les fondamentaux pour susciter un minimum d’intérêt auprès du public. Le skinwalker demeure une figure majeure de la culture navajo. La créature a la possibilité de changer d’apparence à sa convenance. Elle se présente le plus souvent sous la forme d’un canidé, renvoyant à des occurrences communes avec la lycanthropie. On dispose donc d’une base solide et intrigante pour aborder La Nuit des Skinwalkers. Des intentions initiales, on se retrouve bien vite confronté à la vacuité d’un naufrage cinématographique sans commune mesure.

Avec une bande d’amis qui s’éloignent de la ville pour se ressourcer en pleine nature, l’approche demeure ancrée dans les carcans du registre horrifique. Sitôt les valises posées, on a droit à un conciliabule autour d’une table, où l’on commence à amorcer la présence du bigfoot avant de bifurquer vers un débat politique sur l’état du monde. Le changement de ton contraste et prête à rire, tant la transition est abrupte. Cela sans compter sur des réactions impromptues et une diction artificialisée, évoquant d’emblée l’amateurisme de l’équipe. Ces premiers éléments sont symptomatiques des réjouissances à venir.
« une diction artificialisée, évoquant d’emblée l’amateurisme de l’équipe »
À savoir, une absence totale d’enjeux et d’ambiance qui confèrent au pire de ce que peut produire le septième art. Pendant près de 45 minutes, on assiste à des échanges stériles, des conversations qui tiennent sur les coucheries des uns, les ambitions frustrées des autres. On relance un peu la machine politisée sur des considérations pleines de naïveté et d’ignorance. À cela s’ajoutent quelques traumas de l’enfance et des comportements aussi improbables qu’incohérents. Mention spéciale aux élucubrations du Tyrolien tombé de sa montagne pour feindre la folie, en particulier avec la séquence du repas. Cela sans compter sa gestuelle exagérée ou ses expressions bovines décérébrées.
Entre temps, on a droit à des allers-retours inutiles sur une route déserte ou à l’abord du coin paumé le plus proche. Au gré des circonstances, les distances et le temps nécessaire pour les parcourir sont capricieux. Puis survient l’irruption d’un être en provenance de l’espace. Une fois n’est pas coutume, on peut octroyer une seconde mention spéciale à cette vue subjective nocturne qui ne prend même pas la peine de retirer l’encadrement des jumelles à l’écran. L’extraterrestre joue les trublions avant de s’envoler, de manière littérale. Dès lors, on pourrait faire le parallèle avec les phénomènes du ranch Skinwalker. Outre l’affiliation des patronymes, l’ingérence des petits gris y est aussi commune.
« un film affligeant et exécrable »
Cependant, on a juste droit à une brève évocation qui se noie dans d’innombrables hypothèses fumeuses. Celles-ci s’appuient sur tout et n’importe quoi. Grâce au formidable prétexte d’un parent agent secret. On peut s’attarder sur les théories complotistes, la mythologie égyptienne, le site mégalithique de Stonehenge et bien d’autres sujets qui, mis en corrélation, confèrent à l’absurde. La stupidité va jusqu’à nous infliger un ultime retournement de situation que l’on n’attend pas en pareil moment. L’idée n’atténue en rien un résultat global déplorable. Le réalisateur s’autorise même le luxe de n’offrir aucun véritable dénouement, comme s’il avait voulu couper court à un projet catastrophique.

Au final, La Nuit des Skinwalkers est un titre mensonger pour un film affligeant et exécrable. En dépit de sa brièveté, le métrage de Michael Szymczyk s’avance comme un calvaire. Avec un budget malingre estimé à 3 000 $, l’indigence de la production ne suffit pas à expliquer de telles tares à l’écran. Les acteurs (et leurs personnages) agacent. L’histoire est aussi creuse que mal écrite. La mise en scène multiplie les maladresses à tous les niveaux, guère soutenues par un piètre montage. Les créatures se résument à un seul individu perdu dans son costume, tandis que la multitude des sujets avancés n’aide guère à rendre le tout digeste. Il en ressort une pénible et inutile expérience. Son unique mérite est de démontrer qu’il ne suffit pas de posséder une caméra pour faire du cinéma…
Note : 01/20
Par Dante
