janvier 16, 2026

Le Trésor des Hérétiques – Scott Mariani

Auteur : Scott Mariani

Editeur : City Editions

Genre : Thriller

Résumé :

Egypte antique. Trois prêtres dissimulent dans le désert un immense trésor. France, de nos jours. Ben Hope, l’ancien officier d’élite, pensait pouvoir profiter d’une vie enfin tranquille dans une jolie région campagnarde. Mais l’homme qui fut son supérieur, le colonel Paxton, l’implore de reprendre du service. Son fils, un célèbre égyptologue, vient d’être assassiné alors qu’il travaillait sur le mystérieux  » Projet Akhenaton « . Ben Hope se retrouve pris dans un engrenage qui le dépasse. Une plongée périlleuse dans l’univers des terroristes et des marchands d’armes, au coeur des bas-fonds du Caire, mais aussi à Paris, en Italie et dans le désert soudanais. L’enjeu : découvrir les incroyables richesses du pharaon  » hérétique « , le fameux Akhenaton…

Avis :

Scott Mariani fait partie de ces auteurs qui ont émergé suite à l’engouement autour du thriller ésotérique, en particulier autour du succès des écrits de Dan Brown. Dans les pays francophones, il dispose d’une visibilité réduite, mais n’en demeure pas moins une figure de proue du genre. Après s’être attelé aux secrets de l’alchimiste Fulcanelli, il s’est pourtant perdu dans une évocation de l’Apocalypse bancale et peu convaincante avec La Prophétie du dernier jour. La faute à une orientation tournée vers l’action qui occultait tout autre élément de l’intrigue et du sujet principal. Avec Le Trésor des hérétiques, il s’immisce dans l’histoire nébuleuse d’Akhenaton.

De prime abord, on pourrait émettre des réserves légitimes sur la présentation et le traitement du présent ouvrage. Le précédent opus avait tendance à se perdre en digressions et graviter autour du cœur de son récit, sans pour autant l’aborder de front. Dans une certaine mesure, on se retrouve avec une approche similaire. L’exposition demeure assez laborieuse pour amorcer le contexte, ainsi que le parcours de son protagoniste. Les ficelles narratives usent de prétextes faciles pour justifier cette incursion dans une vengeance familiale. Certes, l’ensemble fait preuve de dynamisme et d’un certain allant, mais le schéma reste éculé et sans prise de risques.

L’auteur multiplie les péripéties pour préparer le terrain à des révélations qui s’avèrent, elles aussi, prévisibles. Cela sans compter sur des faux-semblants éventés dès le départ pour tenter de flouer le rôle des différents personnages. Pour peu, on se croirait plongé dans un récit d’espionnage classique, à la limite du caricatural. Preuve en est avec le statut des antagonistes, dont le tempérament mégalomaniaque ou les motivations vénales suffisent à justifier leurs actes. L’enchaînement des chapitres a beau se montrer fluide, on reste dans un discours basique. Comme le précédent roman, on préfère multiplier les confrontations houleuses plutôt que de s’atteler au fond historique.

Il est vrai que les séquences d’action s’avèrent maîtrisées. Cela tient autant aux techniques de combat rapproché qu’aux échanges de coups de feu. L’exploitation du cadre et le déroulement des affrontements sont énergiques, parfois brutaux. Du reste, on peut regretter des moments anecdotiques qui font office de remplissage. On songe à ces dialogues qui s’éternisent autour d’un dîner ou d’un verre, sans apporter un fonds notable à l’ensemble. Par ailleurs, on se serait également bien passé d’une pseudo-romance qui s’impose de manière inopinée et s’avère plus pathétique qu’intéressante dans l’évolution du récit et du parcours des intervenants.

Quant à la chasse au trésor, elle survient dans le dernier quart du livre, après quelques détours en France, en Égypte (à deux reprises), en Écosse, puis au Soudan. Le jeu de piste pour parvenir au trésor se parsème de jeux de mots et de raccourcis douteux. La divulgation des indices est trop rapide, tandis que les connaissances approximatives des personnages laissent perplexe. Mention spéciale à un égyptologue de pacotilles qui fait office de bras cassé et rend la relation avec Ben Hope cocasse et non complémentaire. Par ailleurs, on n’évite guère le dénouement spectaculaire qui mêle un conflit territorial à la suite d’une excursion dans le désert et un ultime affrontement à la théâtralité exacerbée.

Au final, Le Trésor des hérétiques confirme peu ou prou la tendance initiée par son prédécesseur. Scott Mariani s’appuie sur des prétextes et une évolution convenue pour étayer son intrigue. Hormis quelques notions populaires sur Akhenaton, il n’évoque aucune hypothèse susceptible de mettre à mal les conventions de l’égyptologie, pas plus qu’il n’use de ces mêmes connaissances pour faire progresser l’histoire. On reste ainsi dans les carcans des récits d’action, avec quelques influences propres à l’espionnage. Le roman a beau se montrer distrayant, il n’en demeure pas moins basique et dénué de la moindre ambition, tant au niveau de son contenu que de sa forme.

Note : 10/20

Par Dante

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