
D’Après une Idée de : Craig Rosenberg
Avec Jaz Sinclair, London Thor, Lizze Broadway, Maddie Phillips
Pays : Etats-Unis
Nombre d’Episodes : 8
Genre : Super-Héros
Résumé :
Alors que le reste de l’Amérique s’adapte à la poigne de fer de Homelander, à l’université de Godolkin, le mystérieux nouveau doyen prêche un programme qui promet de rendre les étudiants plus puissants que jamais. Cate et Sam sont des héros célèbres, tandis que Marie, Jordan et Emma retournent à l’université à contrecœur, accablés par des mois de traumatisme. Mais il est difficile de s’intéresser aux fêtes et aux cours alors que la guerre se prépare entre les Humains et les Supers, autour du campus. La bande apprend l’existence d’un programme secret qui remonte à la fondation de l’Université et dont l’implication pourrait avoir de grandes conséquences…
Avis :
Depuis 2019, la série The Boys a fait parler d’elle, à un tel point qu’elle est devenue un véritable phénomène. 2026 est censé marquer la fin de la série, qui va attaquer son ultime saison, et voir qui de Billy Butcher ou du Protecteur va ressortir vainqueur de cette bataille. Pamphlet malin autour de la démocratie et de l’autoritarisme, mais aussi et surtout sur la manipulation des images, The Boys est avant tout une série de super-héros politique et loin de toute « marvelerie » débilitante. Afin de peaufiner cet univers, et de le rendre encore plus tangible, les showrunners ont eu la bonne idée de faire un premier spin-off avec Gen V. Ici, on va suivre de jeunes super-héros qui veulent devenir des héros pour la nation, mais qui vont vite se rendre compte des manipulations de Vought, groupe capitaliste derrière les Sept.

La première saison était vraiment très sympathique. On retrouvait vraiment le ton acide de la série-mère, avec de jeunes adultes qui se cherchaient, des pouvoirs en devenir, et surtout, de la violence gratuite qui n’avait pas forcément de sens. Oui, Gen V rentrait pile dans les chaussons de The Boys, et c’était plutôt une régalade. De plus, les scénaristes avaient tissé des liens ténus avec la série-mère, faisant intervenir alors, de façon sporadique, les grands héros, avec plus ou moins d’impact. Cette deuxième saison était alors attendu au tournant, car elle arrive à un point pivot de The Boys, celle de la confrontation finale, et du duel destructeur entre Stella et le Protecteur, l’une représentant la démocratie et l’humanité, l’autre la tyrannie et la supériorité raciale. Et si on trouve toujours du plaisir dans Gen V, on a quand même la sensation que cette saison sent le passage obligé.
Alors cela ne veut pas dire que ce soit mauvais, bien au contraire. On retrouve nos héros favoris avec leurs pouvoirs plus ou moins intéressants. Ils sont enfermés dans une prison, et seule Marie semble s’en être sortie, devenant une paria. Ses camarades sont alors libérés par Cipher, le nouveau doyen de l’université Godolkin, et ils vont réussir à la faire revenir dans l’école. Sauf que Cipher manipule son petit monde, et souhaite faire évoluer les pouvoirs de Marie. Cette dernière manipule le sang, mais avec des efforts, elle peut même guérir et régénérer des corps. Toute la saison va donc être autour de Marie, de ses pouvoirs, et des manipulations de ce nouveau doyen qui semble avoir un pouvoir caché. C’est plutôt intéressant, et bien fichu, notamment dans la révélation de l’avant-dernier épisode. Mais il manque quelques petites choses pour que l’ensemble soit vraiment excellent.
En premier lieu, les liens avec la série sont assez faibles au départ. On y croise Stella qui demande aux élèves de trouver ce qu’est le projet Odessa, et on arrive vite à une conclusion un peu cheap. Seule la toute fin annonce un regroupement des deux séries, à un tel point qu’il va falloir avoir vu Gen V pour comprendre la dernière saison de The Boys. Ou tout du moins comprendre l’arrivée et les pouvoirs de certains personnages. Puis on a des liens qui se font, et qui se défont aussi vite. Par exemple, le personnage joué par Giancarlo Esposito arrive à point nommé, avant de disparaître aussi vite, jouant le rôle d’un deus ex machina qui sert bien sur l’instant T. Ces petites magouilles d’écriture sont assez nombreuses sur cette saison, et c’est bien dommage car elles gâchent un peu l’expérience.
On a vraiment la sensation que cette deuxième saison n’est là que pour faire patienter avant le grand final. Alors oui, il y a aussi de bonnes choses. Le retournement de situation de l’avant-dernier épisode est vraiment chouette, et il met en avant un grand méchant très charismatique. Mais encore une fois, il n’est pas assez travaillé et ne tient pas vraiment la route. On voit tout le potentiel du type, mais comme il arrive très tard, il ne fait pas long feu, et c’est bien triste. Il en va de même avec les personnages qui gravitent autour de Marie. Toute la saison se concentre sur elle, et finalement, tous les autres sont revus au rabais. Leur pouvoir n’est jamais vraiment développé, ils n’ont plus de segments vraiment intéressants, et quand la série tente d’aller dans l’intimité de l’un d’eux, c’est expédié manu militari en moins d’un épisode.

Au final, cette deuxième saison de Gen V est assez agréable, mais elle n’est pas à la hauteur de la première saison, et encore moins à la série The Boys. Si on prend du plaisir à suivre les aventures de ces jeunes avec des pouvoirs aussi utiles que débiles (contrôler les poils de sa foufoune…), il n’en demeure pas moins que l’écriture est assez bancale et que certains personnages deviennent carrément inutiles à l’avancée de l’intrigue. D’autant plus qu’on nous rabâche à longueur de temps la mort de Chance Pedromo, qui avait un rôle majeur dans la série, ce qui est triste, mais devient ici un leitmotiv redondant dans les motivations des personnages. Bref, ce n’est pas mauvais, loin de là, mais ça reste anecdotique.
Note : 14/20
Par AqME
