juin 24, 2024

Dark Sarah – Grim

Avis :

Il semble très difficile de se renouveler quand on embrasse le sous-genre si spécifique qu’est le Métal symphonique. Il faut dire que la scène est trustée par des cadors du genre, et il est complexe de les détrôner, surtout aux oreilles des fans. Pour autant, certaines personnes tentent l’expérience et cherchent de nouvelles manières de toucher le public. C’est le cas de la chanteuse Heidi Parviainen qui va fonder Dark Sarah après son départ du groupe Amberian Dawn. En effet, le nom du groupe provient de l’histoire du premier album, qui raconte les aventures de Sarah, une princesse qui se retrouve seule devant l’autel d’un mariage, délaissée par son homme. A partir de là, le groupe va trouver son concept qui va faire son identité, raconter une histoire à chaque album studio, avec la chanteuse dans le rôle principal et les musiciens pour les autres protagonistes.

Ainsi donc, chaque album de Dark Sarah raconte quelque chose de différent, et plutôt que de parler de politique, de rêverie ou autre sujet sensible, le groupe finlandais s’amuse à raconter des histoires de Fantasy. Grim est le quatrième album de la bande, et il est là pour parler de Luna, une jeune femme mystérieuse qui va trouver des orbes. Se définissant eux-mêmes comme un Métal Cinématographique, est-ce que Dark Sarah sort vraiment du lot ? Est-ce que le fait de créer une œuvre « littéraire » à part entière permet au groupe de rivaliser avec les pointures du genre ? Pas vraiment, car si ce quatrième opus n’est pas désagréable (loin de là), il reste tout de même assez anecdotique dans sa démarche artistique, et d’un point de vue musical, on reste sur du symphonique classique, qui manque un peu de piquant et de prise de risque.

Presque comme à chaque fois quand on aborde le métal Sympho, il y a une introduction qui permet de présenter le personnage principal, à savoir Luna. My Name is Luna n’a que peu d’intérêt, si ce n’est de confirmer que l’on est dans un genre musical calibré. The Chosen One viendra alors mettre un peu plus de lumière sur le concept de l’album. Le début est presque électro, avant de lâcher les grattes pour des riffs soutenus et une belle rythmique. Cependant, il n’y a rien de vraiment original là-dedans, avec un joli chant féminin, quelques chœurs et un refrain qui évoque Nightwish et consorts. Si le groupe veut se démarquer par sa narration, il le fait surtout via ses arrangements un peu électro qui dénaturent pas mal de chose. Illuminate viendra d’ailleurs faire redescendre la barre de nos attentes avec un titre mou et pas forcément intéressant.

Le soufflé retombe aussi vite qu’il est monté, et on fait face à un morceau qui manque cruellement de mordant et de prise de risque. Fort heureusement, Melancholia se fera plus puissant, plus grandiloquent et on s’en réjouira fortement. Le seul reproche que l’on peut faire sur un tel morceau, c’est que les riffs agressifs ne durent pas sur la longueur, adoucissant toujours son propos lors des couplets. Mais il permet d’oublier le médiocre titre précédent. Puis avec Iceheart, on pourrait presque croire à un interlude, avec un simple chant lyrique, très beau, mais qui coche toutes les cases du cliché du Métal Symphonique. La Folie Verte montrera les réelles ambitions du groupe, qui fournit un morceau très théâtral, mélangeant les genres, débutant presque comme un titre que n’aurait pas renié Olivia Ruiz, avant de partir sur des bases plus maîtrisées.

Le morceau est étonnant, mais il fonctionne assez bien, malgré un final qui ne marque pas suffisamment. The Wolf and the Maiden renoue avec des choses plus calibrées, plus simples, alternant chant féminin et masculin, pour un résultat attendu, sympathique, mais loin de faire l’unanimité. The Hex sera plus percutant, laissant alors le chant libre pour All Ears ! qui ajoute un grain plus lourd à ses accords pour mieux nous frapper. De ce fait, malgré l’aspect très téléphoné du genre, on prend du plaisir à l’écoute. The Devil’s Peak va rater le coche à cause d’une douceur trop présente et un peu trop cliché, puis Mörk va être la pièce maîtresse de l’album, avec une composition complexe, changeant constamment de registre pour mieux nous tromper et nous percuter avec du growl. Il est dommage que The Dark Throne soit d’un tel ennui avec beaucoup trop d’arrangements électro…

Au final, Grim, le quatrième album des finlandais de chez Dark Sarah, est un effort sympathique, et pour lequel on prend du plaisir à l’écoute, mais il lui manque ce petit truc en plus pour le faire sortir du tout-venant symphonique. Pas assez original malgré ses intentions et son histoire, utilisant un peu trop les arrangements électro pour fournir une ambiance qui manque d’impact, on reste un petit peu sur notre faim alors que l’on espérer quelque chose de plus percutant, ou de plus innovant…

  • My Name is Luna
  • The Chosen One
  • Illuminate
  • Melancholia
  • Iceheart
  • La Folie Verte
  • The Wolf and the Maiden
  • The Hex
  • All Ears !
  • The Devil’s Peak
  • Mörk
  • The Dark Throne

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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