juillet 15, 2024

Silo – Générations – Hugh Howey

Auteur : Hugh Howey

Editeur : Actes Sud

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Donald a pris la place de Thurman. Juliette, quant à elle, est maire du silo 18, et compte en découdre avec les dirigeants du silo 1. Le compte à rebours commence. Donald parviendra-t-il à déjouer la logique macabre du silo 1 ? Juliette réussira-t-elle à s’échapper du silo 18 ? La vie sur Terre pourra-t-elle reprendre, ou s’agit-il d’un ultime leurre ?

Avis :

Avant de devenir une trilogie et un véritable phénomène littéraire à l’échelle de la planète, l’univers de Silo s’est avancé comme une nouvelle. D’un concept initial, son histoire s’est étendue à un roman. S’ensuivirent une préquelle, puis un second opus. Bijou d’atmosphère en matière de récit post-apocalyptique, Silo est une allégorie de nos sociétés contemporaines, exploitant ses failles et ses travers dans un microcosme suffocant. À bien des égards, l’œuvre de Hugh Howey présente des similarités avec celles de Dmitri Gloukhovski, en particulier Metro 2033. En guise de conclusion, l’auteur propose une ultime incursion dans cette vision morose de l’avenir de l’humanité.

La trame de Silo – Générations reprend là où le premier volet s’était arrêté. Toutefois, Silo – Origines possède une importance toute particulière dans la suite des évènements. Au lieu de se résumer à un éclaircissement des causes responsables de l’effondrement de la civilisation, la préquelle s’avance comme un trait d’union avec le présent ouvrage. Étant donné la temporalité respective des romans, ce constat peut surprendre. Sans dévoiler les explications qui justifient leur présence, on retrouve ainsi les protagonistes des deux précédents opus, et ce, en dépit des siècles qui les séparent.

Si certaines histoires autorisent leur redécouverte dans le sens chronologique, il est donc recommandé de parcourir Silo dans l’ordre de publication. Cela étant dit, on s’engouffre dans un lieu familier où l’auteur soigne toujours autant l’ambiance suintante d’un environnement hermétique. Ce dernier adjectif présente une signification à double sens pour dépeindre le cadre, ainsi que ses populations. Ici, il n’est pas question de revenir sur le rôle de caste, la dimension sociale des survivants ou l’organisation hiérarchique décrits auparavant. On s’oriente plutôt vers l’effet et les conséquences des révélations, où les mensonges des élites volent en éclat.

Tout l’intérêt est de confronter les protagonistes en quête de vérité face à une masse effrayée par la notion de changement. Avec les précédents tomes, on a pu constater la peur par l’obscurantisme religieux ou une politique de la terreur, fondée sur l’intimidation et le rejet de toute réforme du système. Des sujets d’actualité qui, sous le prisme de la fiction, présentent une résonnance particulière avec le contexte contemporain. À présent, la nature hermétique des évènements se perpétue au travers d’intervenants craintifs. Malgré leurs conditions de vie, ils se refusent à toute prise de risque, a fortiori pour une exploration des zones extérieures.

Au fil du récit, on notera également une volonté d’insuffler une vie mécanique au sein des silos. Cela tient à des systèmes rodés, bien que vieillissants, dans le contrôle de chacun d’entre eux. Une sorte de cocon ou d’incubateur à même de posséder ses propres défenses immunitaires. Preuve en est avec la diffusion d’un gaz toxique dans les différents niveaux. Quant aux individus, le rapprochement avec les graines d’un silo est d’autant plus évident. Toute caractérisation ou motivation écartées, certains d’entre eux germent et éclosent, tandis que d’autres demeurent inertes et pourrissent. Il s’agit d’un élément sous-jacent à l’intrigue, mais qui s’avère manifeste lors de sa progression.

Au final, Silo – Générations s’avance comme le volet de la remise en question, d’une évolution nécessaire. Par la même occasion, cela permet de faire perdurer l’intérêt de l’œuvre initiale. Si l’on retrouve des ressorts similaires aux deux précédents livres, comme la sensation de prise au piège qui découle des lieux, les notions insufflées au gré des pages présentent une dimension différente, parfois plus humaine. Ainsi, le lecteur constate les conséquences de décisions et d’évènements forts sur une société structurée, en apparence immuable. À plusieurs niveaux de perspectives, l’auteur dépeint avec brio la précarité de notre condition, à une échelle individuelle ou collective. Pour autant, l’histoire se veut moins sombre et désespérée qu’auparavant. Avec Silo, Hugh Howey signe une trilogie inventive et audacieuse où chaque tome s’avère différent et complémentaire dans son propos.

Note : 16/20

Par Dante

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