juin 24, 2024

La Clé de Salomon – J.R. Dos Santos

Auteur : J.R. Dos Santos

Editeur : Pocket

Genre : Thriller

Résumé :

Alors qu’une équipe de chercheurs du CERN est sur le point de réussir à observer le Boson de Higgs, plus connu sous le nom de particule de Dieu, le corps de Franck Bellamy, chef de la CIA, est retrouvé dans les locaux du célèbre laboratoire Genevois.
Dans les mains de la victime, les enquêteurs retrouvent un mystérieux message : « La clé : Tomás Noronha ». Désigné coupable, le cryptologue devient en quelques heures la principale cible de la CIA, bien décidée à venger Bellamy.
Pour prouver son innocence, Tomas n’a qu’une solution : résoudre le crime au péril de sa vie. Ainsi débute une enquête à couper le souffle qui amènera notre héros à révéler des découvertes scientifiques des plus troublantes.

Avis :

Devenu une figure populaire du thriller ésotérique, J.R. Dos Santos s’est imposé sur la scène littéraire internationale avec La Formule de Dieu. S’ensuivit en France L’Ultime secret du Christ, pâle ersatz du Da Vinci Code. Avec un embrouillamini éditorial rare, les parutions dans l’hexagone ont enchaîné avec le septième tome des aventures de Tomás Noronha : La Clé de Salomon. Le cryptologue se voit alors confronté à de nouveaux mystères, que ceux-ci présentent un caractère scientifique, mystique ou religieux. Le principe reste simple et éculé : faire miroiter au lectorat des révélations à même d’ébranler la réalité, et ce, dans tous les sens que revêt ce dernier terme.

En l’occurrence, il est question d’évoquer différents sujets inhérents à la perception de notre environnement, la notion de conscience et même la potentialité d’une vie après la mort. Encore une fois, l’auteur portugais avance un fonds qui ne peut laisser indifférent pour mieux comprendre le monde et l’univers qui nous entoure. Néanmoins, on se heurte bien vite aux premières maladresses. À commencer par le prétexte initial où le principal intéressé doit faire face à une accusation à tort. Le caractère invraisemblable du propos tient au peu d’éléments censés convaincre la CIA, même si les antagonistes souhaitent trouver un bouc émissaire.

Il suffit d’un indice grossier et de l’incompétence des agents chargés du dossier pour lancer les hostilités. L’idée est d’offrir un minimum de dynamisme à l’intrigue. Seulement, ces moments font office d’intermèdes pour maintenir l’attention du lecteur. Au demeurant, lesdites séquences d’action restent confuses, mal amenées et conventionnelles. À certains moments, l’atmosphère s’arroge des atours saugrenus où le comique involontaire détonne avec la gravité des situations. Mention spéciale à l’agression de James Krongard, assassin émérite au service du drapeau américain, par une personne âgée souffrant de la maladie d’Alzheimer et revenue d’entre les morts…

Cet état de fait résume toute la fatuité d’une telle entreprise. En l’occurrence, l’idée est d’entrecouper une structure générale jonchée d’explications didactiques en pagaille. Ce qui rend l’ensemble d’autant plus risible puisque le protagoniste est contraint de fuir, mais s’arrête de manière abrupte pour se lancer dans un cours de vulgarisation scientifique. D’une part, cela casse le rythme et annihile tout effet de tension au fil des chapitres. D’autre part, les dialogues sont froids et redondants. Les deux principaux intervenants occupent un statut similaire (le professeur érudit et l’incrédule de service), renvoyant aux mêmes interrogations sur les sujets avancés.

Les propos restent simples à appréhender, mais ils sont répétés à outrance. Les rôles sont parfois inversés dans les points de vue ou l’acceptation de certaines hypothèses. Puis l’on enchaîne à nouveau avec les exactions de leurs poursuivants pour mieux se poser. Il est d’autant plus dommage de constater pareille digression puisque le fond n’est pas dénué d’intérêt. On songe notamment au principe d’incertitude d’Heisenberg, à l’intégrale de chemin de Feynman ou à l’équation de Schrödinger. Autant de pistes de réflexion qui interpellent quant à la perception de la réalité, même si les explications de l’auteur s’avèrent partielles, voire partiales. Certaines questions demeurent toutefois en suspens, comme la validité desdites théories sur plus d’une particule (ou onde), l’échelle d’application ou l’impact sur les êtres vivants.

Au final, La Clé de Salomon est un roman bancal qui se démarque uniquement par les sujets qu’il avance. On apprécie l’évocation d’hypothèses scientifiques qui restent assez méconnues, du moins en dehors du champ de la physique quantique. Malheureusement, le livre de J.R. Dos Santos souffre de gros problèmes de rythme où l’enchaînement des situations rivalise d’invraisemblances et de prévisibilité. Cela vaut aussi pour les premières révélations précoces qui constituent une exposition maladroite. Cela sans oublier le statut de fugitif du protagoniste qui n’apporte rien à l’histoire, si ce n’est son lot d’incohérences et de facilités narratives. Il faut se contenter d’échanges intéressants dans les propos avancés, mais laborieux et sans vie dans leur évolution. Ce qui reste à l’image du livre, dans son ensemble.

Note : 09/20

Par Dante

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