mars 3, 2024

Un Prince

De : Pierre Creton

Avec Antoine Pirotte, Pierre Creton, Vincent Barré, Manon Schaap

Année : 2023

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

Pierre-Joseph intègre un Centre de Formation et d’Apprentissage pour devenir jardinier. C’est là qu’il rencontre une suite de personnages : Françoise Brown la directrice, Alberto son professeur de botanique, Adrien son employeur, qui vont être déterminants dans son roman d’apprentissage, et l’ouvrir à sa sexualité. Quarante ans plus tard survient Kutta, l’enfant adoptif de Françoise Brown dont il a toujours entendu parler et qu’il n’a encore jamais rencontré. Mais Kutta qui est devenu le propriétaire d’un étrange château semble chercher autre chose qu’un simple jardinier.

Avis :

Pierre Creton est un cinéaste vraiment à part dans le paysage du cinéma français. S’il réalise depuis une trentaine d’années maintenant, il ne s’est jamais totalement consacré au cinéma. Non, en fait, lorsqu’il n’est pas sur un plateau de tournage, Pierre Creton est jardinier. C’est après des études aux beaux-arts du Havre que Pierre Creton a décidé de devenir ouvrier agricole. D’apiculteur en vacher, pour finir jardinier, Pierre Creton s’essaie à plein de métiers différents. En parallèle de sa carrière qui compte sept longs-métrages et une quinzaine de courts, en 2020, Pierre Creton est travailleur indépendant comme jardinier à la maison Lambert.

J’aime le cinéma français et je suis toujours très friand de découvrir de nouvelles propositions, mais parfois, j’ai tendance à franchir certaines limites, et ce « … Prince » de Pierre Creton m’a montré l’une d’entre elles.

« Cette séance de cinéma fut lourde, très lourde. »

Il y a des films qui, dès qu’on franchit leurs premières images et leurs premières scènes, ont quelque chose qui ne fonctionne pas, et même si l’on s’accroche, car il y a toujours moyen d’être surpris, rien n’y fera et ce ressenti va tenir bon jusqu’au bout.

Long, alors même qu’il ne fait qu’une heure vingt, agaçant, irritant, élitiste, vulgaire, s’écoutant parler, et finalement inintéressant, « Un Prince » de Pierre Creton est un film qui m’aura donné du fil à retordre tant je suis totalement passé à côté de ce qu’il a voulu me raconter, si toutefois, il voulait bien raconter quelque chose. Je suis ressorti aussi ennuyé qu’agacé, avec en prime la sensation d’avoir perdu mon temps devant un film pompeux. Bref, vous l’aurez compris, cette séance de cinéma fut lourde, très lourde.

Pierre-Joseph, un jeune adulte, entre dans un centre d’apprentissage pour devenir jardinier. Sa vie commence à peine et il s’apprête à faire tout un tas de rencontres qui vont changer le cours de son existence, aussi bien dans son apprentissage de la vie que dans l’évolution de sa sexualité.

Je me considère comme un spectateur ouvert, qui a une tendance à plutôt apprécier ce qu’il regarde. Il est assez rare que je ne tire pas du bon dans ce que je découvre, et rares sont les séances qui m’ont laissé totalement sur le carreau, avec en arrière-fond, un goût très amer, et malheureusement, c’est ce qui vient de se produire avec ce « … Prince » de Pierre Creton.

« le film en devient agaçant, lourd et franchement pompeux. »

Si sur le papier, le film est intéressant, à l’écran, c’est tout le contraire qui se produit. J’irais même jusqu’à dire que c’est l’exact opposé avec des sentiments et des sensations noirs comme rarement un film a pu m’en transmettre. Il est difficile de savoir par où commencer tant rien ne va ici. La première chose qui s’impose lorsqu’on entre dans « Un Prince« , c’est la multitude de voix off qui veulent habiller le film et parler des personnages. C’est bien simple, ces voix ne s’arrêtent jamais, voulant décrire dans les moindres détails les pensées et les ressentiments des personnages, car le film, voulant offrir trois points de vue au gré de ses personnages, passe donc d’une voix à l’autre sans aucune logique.

Sur-écrit au possible, sans ton, si ce n’est celui qu’on adopterait si l’on faisait une lecture à voix haute, très vite, le film en devient agaçant, lourd et franchement pompeux, d’autant plus que bien souvent, ce que les voix nous racontent n’ont strictement rien à voir avec ce qui se passe à l’écran.

Si l’on comprend bien que le réalisateur nous parle de la découverte des sentiments, et d’un apprentissage de la sexualité à travers un personnage gay qui est attiré par les seniors, on regrette la vulgarité de beaucoup de ces « dialogues » dans les voix off, d’autant plus que ces dialogues n’apportent rien au film, si ce n’est pousser le cran un peu plus loin à chaque fois de l’agacement ressenti. Avec ça, le film n’a pas vraiment de sens de lecture, et il se répète beaucoup, enchaînant les scènes inintéressantes, et les personnages, qu’on ne comprend pas, le sont tout autant.

« …à base de « reniflages » de caleçons sales dans des caves… »

On aurait pu faire l’effort de s’accrocher, essayer d’être embarqué par ce qui se veut poétique, mais finalement, Pierre Creton ne fait aucun effort pour nous raconter quelque chose qui se laisserait suivre, et qui toucherait un minimum. On finit par totalement décrocher et laisser ces personnages s’écouter parler, balançant de la poésie, des déclarations de regrets, de remords, ou d’envie et de fantasmes, à base de « reniflages » de caleçons sales dans des caves… Bref.

J’ai donc passé une bien mauvaise séance de cinéma face à un film qui n’aura pas su m’intéresser un tant soit peu. Un film sale, moche, vulgaire, long, interminable, mal joué (en même temps, les comédiens n’ont rien à jouer) et mal filmé. Un film qui s’écoute parler et qui est certain que ce qu’il raconte est une vérité. J’en ai vu des films qui m’ont laissé sur le carreau, mais je crois bien que celui-là, il se pose comme mon supplice.

Note : 03/20

Par Cinéted

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