juillet 19, 2024

Fear of the Dark

De : K.C. Bascombe

Avec Kevin Zegers, Jesse James, Rachel Skarsten, Daniel Rindress-Kay

Année : 2003

Pays : Canada

Genre : Horreur

Résumé :

Ryan Billings, un jeune garçon de 12 ans, a la phobie du noir. Il passe toutes ses nuits éveillé, la lumière allumée, imaginant que le mal devient de plus en plus puissant dans le noir. Dale, son frère aîné pense que Ryan ne fait tout cela que pour attirer l’attention. Un soir, les parents des deux garçons doivent s’absenter et demandent à Dale de s’occuper de Ryan. Dehors un orage éclate, le courant est coupé dans tout le quartier, Ryan sait que ce sont les forces du mal, mais Dale ne veut pas le croire…

Avis :

Les films d’horreur sont une bonne excuse pour explorer les différentes phobies qui existent. Les clowns permettent sur jouer sur la coulrophobie, tandis que les araignées auront tendance à faire frissonner les arachnophobes. Et des exemples, il en existe à la pelle, et certainement dans toutes peurs primales existantes (bon, peut-être pas chez les phobiques de Tintin, car oui, ça existe). Parmi toutes ces frayeurs parfois irraisonnées, il y a la peur du noir qui devient assez récurrente dans le cinéma horrifique. Il faut dire que jouer avec l’obscurité est assez facile et ne demande pas forcément un gros budget pour mettre ça en images. Le problème, c’est quand ça tire vers le téléfilm, où deux jeunes frères taillent la bavette au lieu de combattre des créatures étranges. C’est le cas chez Fear of the Dark, film canadien de K.C. Bascombe, qui ne suscite quasiment aucun intérêt.

L’introduction du film pose déjà les bases de la médiocrité. Une balle de baseball tombe dans une cave, un gosse part la chercher alors qu’il a peur du noir, et des camarades ne trouvent rien de mieux que de l’enfermer dans cette cave, où des choses vont bouger dans l’obscurité. Cela va causer un traumatisme au gosse, qui ne peut vivre sans lumière autour de lui. Même lorsqu’il fait jour, il allume toutes les lumières chez lui. Après cette introduction laborieuse et typique des films à petit budget des années 2000, on va nous présenter la famille de ce garçon, avec des parents aimants et compréhensibles, ainsi qu’un grand frère gentil mais qui a du mal à comprendre la phobie de son frangin. Le scénario pose alors des personnages gentils, simples, ou tout un chacun essaye de faire au mieux pour l’autre.

« C’est surtout l’ennui qui va venir nous envahir. »

Franchement, on ne peut trop rien dire sur les personnages. Il s’agit de personnes lambda, qui ne sont pas forcément marquées dans leur caractère et auxquels on peut facilement s’identifier. Mais malheureusement, le film ne va rien faire pour resserrer les liens dans cette famille, notamment entre les deux frères, puisque les parents filent au casino pour la soirée, laissant le grand frangin s’occuper du petit. Il va s’ensuivre alors de longs dialogues dans diverses pièces de la maison. Tout d’abord sur le canapé pour essayer de comprendre cette peur du noir, puis dans la chambre, ou encore dans la cuisine, le film ne sera qu’un succession de dialogues sans épaisseur, où le grand ne va faire que répéter son incompréhension face à la phobie de son frère. Ajoutons à cela une mise en scène classique faite de champs/contre-champs, et on est vraiment dans le DTV de base.

La jaquette nous promet de vraiment avoir peur du noir, mais c’est surtout l’ennui qui va venir nous envahir. Outre le fait que le film ne fait que bavasser sur la peur du noir, les effets de peur sont peu nombreux et bien souvent inintéressants. Alors qu’un orage éclate, les lumières vont s’éteindre pour laisser apparaître quelques spectres, dont un qui a l’allure d’un cowboy. Ces apparitions seront sporadiques et très timides, en plus de ne pas être une grande menace. Il faut dire que le petit garçon revêt une armure de son fait qui est plus drôle qu’autre chose, et la seule chose que font les spectres est d’avancer dans le noir en grimaçant. On a vu plus dangereux. D’autant plus que comme on se désintéresse rapidement de ces deux frères, on se fiche pas mal de leur souffrance et de leur peur.

« Les effets numériques sont dégueulasses. »

On pourrait alors se réjouir d’un bon mélange entre des effets numériques et des maquillages qui ne sont pas si mal foutus. Enfin, c’est assez vite dit, puisque le film se passe constamment dans une semi-obscurité, et on ne voit que très rarement les méchants (ou plutôt LE méchant, ses sbires restant loin derrière lui). L’aspect de ce cowboy de l’enfer est sympathique, et il est dommage qu’il ne possède pas un peu de background. On nous demande d’accepter bien gentiment qu’il existe potentiellement un monde ténébreux, mais le film ne fait aucune recherche dessus, restant dans un flou constant, et dans la « survie » des deux personnages. Par contre, les effets numériques sont dégueulasses (en même temps, nous sommes en 2002), mais fort heureusement, ils ne servent qu’à faire partir les monstres où les faire glisser dans la pénombre.

Au final, Fear of the Dark est un tout petit film qui ne vaut pas tripette. Son aspect téléfilm lui empêche de travailler dignement une ambiance mortifère et de jouer sur les nuances de noir. Ici, nous avons affaire à un scénario binaire, qui joue plus sur les dialogues soporifiques entre deux frères qu’à une vraie terreur du noir. Sombrant dans la facilité, aussi bien dans l’histoire que dans la mise en scène, on ne peut pas dire que ce film fasse frissonner ou nous perturbe dans notre vision de la pénombre. Bref, un mauvais film, que l’on a déjà oublié.

Note : 06/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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