mars 3, 2024

Viking Wolf

Titre Original : Vikingulven

De : Stig Svendsen

Avec Liv Mjönes, Arthur Hakalahti, Elli Rhiannon Müller Osbourne, Sjur Vatne Brean

Année : 2023

Pays : Norvège

Genre : Horreur

Résumé :

Juste après avoir emménagé dans une nouvelle ville, une adolescente assiste à un meurtre sauvage lors d’une soirée, et devient la proie de visions et de désirs étranges.

Avis :

Le thème du loup-garou a toujours été un bon prétexte pour parler des transformations physiques et notamment de cet âge ingrat qu’est l’adolescence. Des films comme Ginger Snaps en sont un bon exemple. Cependant, le loup-garou est aussi un monstre mythologique que l’on peut découvrir dans quelques croyances, et notamment dans le panthéon nordique, avec Fenrir. De ce fait, il était presque légitime que ce soit un norvégien qui se charge d’un film qui place cette mythologie au sein d’un récit moderne pour faire croire à un long-métrage autour d’un loup-garou. C’est donc Stig Svendsen qui s’y colle après un premier long raté passé au pays de l’oncle Sam (Elevator). Avec Viking Wolf, c’est sur Netflix que l’horreur prend forme avec la volonté de s’ouvrir à un cinéma autre qu’américain. Est-ce une bonne chose ? Oui, mais pas forcément avec ce film.

Thale est une jeune adolescente qui vient de déménager dans une nouvelle ville un peu rurale, où elle va faire la découverte de jeunes pas forcément très amicaux. Lors de sa première soirée, elle assiste à un meurtre et se fait mordre par la même occasion. On va vite se rendre compte que le meurtrier n’est autre qu’un loup géant, et Thale va se transformer petit à petit, alors que sa mère, policière, mène l’enquête et découvre une mythologie inconnue en espérant sauver sa fille. C’est le pitch de base du film, et très clairement, ça ne va pas viser plus loin. On pourrait croire à un début à la Twilight, avec les ados qui font une petite bringue autour d’un lac et les rivalités entre filles qui naissent, mais très vite, le film essaye de s’emballer pour ne pas perdre de temps en tergiversations.

« Viking Wolf n’arrive pas à rendre intéressant son sous-texte. »

Ce qui pourrait être vu comme un avantage dans ce genre de long-métrage ne va pas vraiment rendre service à Viking Wolf. Le premier problème provient alors de la caractérisation des personnages, qui manquent de relief et d’enjeux. Thale est un peu perturbée par son déménagement, mais on n’en saura pas plus sur elle. Hormis que son père est décédé d’un cancer, qu’elle en veut à sa mère et que ça n’a pas l’air facile dans son nouveau bahut. Un traitement basique qui ne va pas nous faire ressentir de l’empathie pour elle. Même lorsqu’elle se transforme, lorsqu’elle ressent des changements, on ne va pas forcément craindre pour elle, ni pour ses proches, et notamment sa petite sœur muette qui ne sera qu’un personnage fonction pour créer une angoisse lors d’une scène. Le film oublie que pour cela, il faut des personnages attachants et épais.

De plus, d’un point de vue plus global, Viking Wolf n’arrive pas à rendre intéressant son sous-texte. Ici, on parle de l’adolescence et des relations difficiles entre eux, notamment lorsqu’il y a des rivalités amoureuses, mais on évoque surtout la peur du changement. Changement autour du déménagement, autour de la vie de famille qui se développe rapidement avec un beau-père qui veut aller trop vite, ou encore changement du corps d’une adolescente qui a peur de devenir une adulte. Seulement, tout cela est traité un peu sous la jambe, sans créer d’émotion ou d’enjeux plus puissants. Thale a beau souffrir, comme sa mère, on s’en fiche un peu beaucoup. La faute aussi à un manque d’ambition du côté de l’écriture, où certains personnages auraient pu être intéressants, mais ne sont qu’à peine esquissés à l’image du vétérinaire qui aurait dû amener plus de poids à l’intrigue.

« On voit que le réalisateur est un fan de ciné de genre. »

Néanmoins, tout n’est pas mauvais dans ce film. La réalisation est relativement propre et on sent que Stig Svendsen a voulu faire appel le moins possible à des effets numériques, que ce soit pour les décors ou les transformations. Finalement, seul le loup final est en image de synthèse. Du coup, on pourra profiter des jolis paysages norvégiens, même si certains plans sont assez anecdotiques, à l’image de ce pauvre kebab. Ensuite, il faut le dire, le film ne lésine pas sur les effets gores. Si on reste sur des plaies et des blessures (et non pas sur des meurtres inventifs), c’est très bien fichu et rajoute un peu de violence dans les intentions du loup. On voit que le réalisateur est un fan de ciné de genre et qu’il fait tout pour rendre son film authentique. C’est dommage que l’écriture ne soit pas à la hauteur.

Au final, Viking Wolf est un film qui correspond tout à fait au catalogue Netflix. C’est-à-dire qu’il reste un objet consommable, sans véritable enjeu ni grosse identité visuelle, et qu’il s’oublie aussi vite qu’il a été vu. Globalement, ce n’est pas mauvais, c’est juste anecdotique, avec un thème rabâché mille fois autour du loup-garou et une absence crasse de personnages empathiques ou même intéressants. Bref, dans le même genre, préférez Dog Soldiers, Ginger Snaps ou encore Wolfman.

Note : 11/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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