mars 3, 2024

Lenny Kravitz – Raise Vibration

Avis :

Né en 1964, Lenny Kravitz est le fils d’un célèbre producteur de télévision et d’une actrice. Baignant bien évidemment dans le monde de la culture, il va se passionner pour la musique, jusqu’à créer un groupe, Romeo Blue, qu’il va quitter en 1989 pour écrire son premier album, Let Love Rule. Le succès est au rendez-vous, surtout lorsque Madonna chante Justify my Love, que Lenny Kravitz a écrit. Mais son plus gros succès réside dans le troisième album, Are You Gonna Go My Way. Le chanteur/musicien propose un gros titre aux allures Rock bien nerveux, lui ouvrant alors les voies vers d’autres exploration. Vingt-cinq ans plus tard, Lenny Kravitz sort son onzième effort, Raise Vibration, qu’il veut solaire, tout en proposant une collaboration inédite avec Michael Jackson. Un album qui promet de belles choses, mais la recette ne prend qu’à moitié. Pourquoi ?

Le premier titre qui ouvre le bal est We can Get it All Together. On y retrouve un aspect Rock assez sympathique, avec notamment une grosse batterie qui scande un rythme puissant et lent. Le chanteur joue avec les nuances de sa voix pour apporter une certaine chaleur, et globalement, on se surprendra à trouver le morceau sympathique. Mais aussi sympathique soit-il, il pose aussi les bases d’une scorie qui va revenir sur tous les titres, une redondance rythmique, des paroles lénifiantes et une durée bien trop longue pour ce que ça raconte. Low ne va pas échapper à cet état de fait. On peut même dire que le morceau joue principalement sur une rythmique vocale dans le refrain qui reste en tête un long moment. En y ajoutant une petite gratte funky, le tour est joué, et l’artiste de se contenter de ça.

On a la sensation que Lenny Kravitz se repose un peu sur ses acquis et ne délivre pas vraiment de passages complexes, masquant la pauvreté des paroles avec des gimmicks référencés, comme les petits cris de Michael Jackson, faisant écho à un featuring entre les deux artistes qui sera avorté. Mais le pire reste à venir avec Who Really are the Monsters ? Ici, l’abus de vocoder et cette volonté de faire un truc faussement électro-pop gâche totalement l’expérience un peu Prog qui aurait pu y avoir. Et le titre de dépasser les cinq minutes, ce qui finit par nous achever, avec en prime, une redondance dans les paroles qui n’a pas vraiment de raison d’être. On a un peu d’espoir avec Raise Vibration de retrouver un Kravitz un peu nerveux et plein de fougue.

Mais à la place, on a droit à un type sirupeux qui concorde guitare et chant pour tenter de donner un peu de personnalité à l’ensemble. Et puis la fin du titre, avec des chants africains qui arrivent comme un cheveu sur la soupe, n’arrive pas à créer du liant avec le reste de la chanson. On émet encore une petite lueur d’espoir avec Johnny Cash, espérant tristement un petit moment Folk, mais il n’en sera rien, encore une fois. Lenny Kravitz évoque les souvenirs de sa mère, ce qui est très beau, mais ça reste très gnangnan et la référence à Johnny Cash est très superficiel. Mais le pire arrive avec Here to Love. Là, on nous sert un petit piano/voix où les paroles sont d’une banalité crasse. Avoir plus de cinquante piges et chanter qu’il faut s’aimer et partager au lieu de juger, c’est d’une paresse intellectuelle alarmante.  

Après cela, Lenny Kravitz nous sert un long titre qui avoisine les huit minutes avec It’s Enough. Et effectivement, à ce stade, on a presque envie d’arrêter l’album. Ici, c’est mou, le chanteur susurre plus que ce qu’il chante, on a l’impression qu’il veut nous pécho dans un backroom fumeux, et malgré une belle ligne de basse, il ne se passe quasiment jamais rien. Puis avec 5 More Days ‘til Summer, le rythme s’emballe, on se retrouve face à un morceau Pop parfait pour la saison estivalière, mais qui use et abuse des mêmes tics de production que les autres titres. Ici, on a droit à des castagnettes durant le refrain, alors que sur les autres précédents, c’était un petit truc à la gratte. Bref, c’est sans surprise et sans véritable énergie.

Reste alors The Majesty of Love, dont les paroles sont bien fumantes, mais qui délivre un rythme funky maîtrisé et fort plaisant. Difficile alors de résister au refrain et l’on se surprend à reprendre en chœur en même temps que l’artiste. Une preuve que ça fonctionne malgré une répétition jusqu’à la lie. Malheureusement, Gold Dust va plonger le tout dans un ennui à peine dissimulé, et Ride va renouer avec les travers du chanteur, à savoir un titre trop long, redondant et qui se contente d’une Pop-Rock déjà entendu des centaines de fois. Difficile aussi de ne pas penser aux Red Hot Chili Peppers sur la ligne de basse, notamment. I’ll Always be Inside Your Soul, qui clôture, ressemble tout de même à une invitation à ken avec lui, et franchement, ce n’est pas trop mon style.

Au final, Raise Vibration, le dernier album en date de Lenny Kravitz, s’avère un moment tellement sirupeux que l’on a peur de pisser du miel par la suite. Certes, d’un point de vue musical, ce n’est pas mauvais, et certains éléments sont plaisants, voire catchy. Mais dans son ensemble, l’effort manque de prise de risque et n’arrive jamais à nous surprendre, ou à retrouver la fougue des années 90, où l’artiste avait un peu plus la pêche. Et l’abricot. Celui qu’il semble constamment rechercher à travers cet album…

  • We Can Get it All Together
  • Low
  • Who Really are the Monsters ?
  • Raise Vibration
  • Johnny Cash
  • Here to Love
  • It’s Enough !
  • 5 More Days ‘til Summer
  • The Majesty of Love
  • Gold Dust
  • Ride
  • I’ll Always be Inside Your Soul

Note : 10/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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