mars 3, 2024

Alice in Borderland Saison 2

D’Après une Idée de : Shinsuke Sato

Avec Kento Yamazaki, Tao Tsuchiya, Shô Aoyagi, Ayaka Miyoshi

Pays : Japon

Nombre d’Episodes : 8

Genre : Science-Fiction, Action, Horreur

Résumé :

Avec des jeux encore plus meurtriers, dans un univers encore plus cruel, Arisu parviendra-t-il à revenir dans le monde réel ? Et ses sacrifices en vaudront-ils la peine ?

Avis :

Manga en dix-huit volumes sorti entre 2010 et 2016, Alice in Borderland va rapidement intéresser Netflix pour une adaptation en série. Il faudra pour autant attendre près de quatre ans pour voir débouler la première saison qui va bien marcher, notamment grâce à son pitch étonnant. Ici, de jeunes gens se retrouvent dans une sorte de monde parallèle et doivent participer à des jeux mortels sous peine de quand même mourir pour inactivité. Se terminant en queue de poisson, la deuxième saison était très attendue, et elle va vite se démarquer de la concurrence avec un excellent bouche-à-oreille et une envie de secouer le public avec des passages gores et des jeux toujours plus tordus. Par contre, personne ne pensait que cela allait être la dernière saison, surtout au vu du succès de cette dernière, qui cartonne dans tous les pays et bat plusieurs records.

Au niveau du scénario, on retrouve le groupe que l’on avait suivi jusqu’alors. Ils sont aux prises avec le roi de pique, un fou furieux qui fusille tout ce qui se trouve à sa portée. Dès lors, il va falloir abattre les têtes du jeu de cartes pour mettre un terme à tout cela et découvrir le fin mot de l’histoire. Du coup, le groupe se sépare, chacun va essayer d’abattre ses cartes en mettant en avant ce qui est attendu pour la couleur des cartes, à savoir le physique, le travail d’équipe ou l’empathie. Bref, on repart presque sur les mêmes bases, sauf que cette fois-ci, les épreuves sont plus dures et le mystère se dévoile petit à petit. En fait, on pourrait presque dire que nous sommes dans une répétition de la première saison, sauf que là, chacun à sa manière va participer à la réussite de tous.

« Certains personnages vont devenir plus intéressants au fil des épisodes, notamment grâce à des flashbacks qui vont expliquer leurs origines. »

Encore une fois, ce qui fait que la série marche provient quasi exclusivement des personnages qui sont attachants et trouvent de bonnes relations entre eux. On retrouve donc Arisu qui tombe petit à petit amoureux d’Usagi, et qui vont faire équipe et évoluer dans un quartier de Shibuya dévasté, en proie à la végétation. Le duo fonctionne bien car ils sont simples et leur évolution est juste. Arisu découvre que les jeux vidéo ne font pas tout, quant à Usagi, qui pleurait la perte de son père, retrouve le sourire et une envie de vivre auprès d’Arisu. Chisiya, qui sera le flegmatique du groupe, mais le plus intelligent, va devenir de plus en plus doux à force de comprendre le fonctionnement des gens. Son amitié avec Arisu et le groupe lui permet de devenir plus humain et de ressentir plus d’empathie pour les autres.

Certains personnages vont devenir plus intéressants au fil des épisodes, notamment grâce à des flashbacks qui vont expliquer leurs origines. On pense à Kuina qui veut retrouver sa mère malade, ou encore à Tatta, qui n’a jamais eu de courage et qui va faire une action pour le groupe, prouvant sa valeur. Tout cela permet d’épaissir un peu plus les protagonistes et de ressentir une certaine empathie pour eux. Il en va de même pour certains « méchants » comme le roi de cœur, qui reste l’un des meilleurs antagonistes de la série. Outre son accoutrement simpliste, il a aussi un mode de pensée qui montre sa fidélité à son groupe et une certaine grandeur dans l’âme. Il est juste dommage que d’autres soient moins travaillés et intéressants que d’autres. La dame de cœur est décevante, tout comme certains nouveaux arrivants (l’unijambiste qui tire à l’arc).

« Les scènes de combat sont très exagérées, avec des corps qui virevoltent dans tous les sens… »

Bien évidemment, en huit épisodes, il faut tenir la cadence et ne pas fournir d’épisodes qui ne servent à rien. Et si le rythme est un peu en deçà de la précédente, on reste tout de même sur de bons moments de bravoure, et même quelques séquences d’action qui sont mythiques. Le septième épisode est un modèle du genre, avec une action non-stop et beaucoup de surprise au bout. Les scènes de combat sont très exagérées, avec des corps qui virevoltent dans tous les sens, mais globalement, on prend un vrai plaisir à suivre ces jeux. Même l’épisode avec la reine de pique est rondement mené, une sorte de jeu de l’épervier géant sur une structure toute en hauteur, qui ne s’arrête pas une seule seconde. Le seul défaut de cet épisode reste sa résolution et la reine, une folle qui veut à tout prix attraper Arisu.

D’ailleurs, en parlant de résolution, la série peine souvent à conclure ses jeux, notamment ceux qui font intervenir de la psychologie. C’est assez triste à dire, mais à chaque fois on a droit à un discours à l’eau de rose sur la vie d’avant et sur le monde d’avant, pour dissuader les joueurs d’être recruter dans le nouveau monde. C’est très hasardeux et ça joue tout le temps sur les bons sentiments, ce qui reste un peu gnangnan. On retrouve cela dans la relation entre Arisu et Usagi, qui vont se servir de leur amour naissant pour se sortir d’une situation inextricable. Tout cela manque d’impact et fait presque preuve de fainéantise. D’ailleurs, même les personnages les plus détestables et cons vont succomber à des schémas narratifs bienpensants un peu désolant. La bataille contre le roi de carreau en est un exemple flagrant.

« En gros, en termes d’originalité, on peut passer notre chemin. »

Enfin, et c’est peut-être là le pire, c’est que dès le deuxième épisode, on peut prédire le fin mot de l’histoire. D’un point de vue scénaristique, on a l’impression que tout le monde est au courant, puisque dans le tout dernier épisode, on va tenter de nous faire croire en plusieurs possibilités, comme des extraterrestres, de riches parieurs ou encore un jeu de réalité virtuelle futuriste. On essaye de brouiller les pistes afin de garder une surprise qui ne marchera qu’à moitié si on est rompu à la bande-dessinée Seuls ou surtout au film d’horreur Reeker qui joue sur la même corde. En gros, en termes d’originalité, on peut passer notre chemin. Il en va de même avec le fond de l’histoire, qui n’apporte pas forcément de grande réflexion sur l’être humain ou notre société. Tout cela aurait pu être plus profond.

Au final, cette deuxième saison d’Alice in Borderland est assez intéressante, et globalement réussie, mais elle reste en deçà de son aînée et manque parfois de prise de risque. Si certains épisodes sont rondement menés et que l’on ne s’ennuie pas une seule seconde, on reste tout de même trop en surface sur les sentiments humains, et l’ensemble manque un peu d’ambition, surtout sur son final, qui reste prévisible et pas du tout original. C’est dommage, car on aurait pu avoir quelque chose de plus dense, de plus dramatique, de plus nihiliste, mais la bienséance l’a emportée et c’est triste.

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.