juin 24, 2024

Steven Wilson – To the Bone

Avis :

Certains artistes ont une fanbase tellement solide qu’ils pourraient chier dans un Tupperware que tout le monde trouverait ça formidable. C’est un peu le cas avec Steven Wilson, frontman de Porcupine Tree et guitariste émérite qui gère une carrière solo avec brio. Baignant dans le monde de la musique depuis son plus jeune âge, l’artiste a toujours voulu dépasser les frontières du Rock, et il a toujours tenté de mélanger les genres, quitte à faire des albums très différents, allant du Jazz au Métal, avant de passer à la Pop anglaise, notamment sur To the Bone. Steven Wilson ne s’en est jamais caché, il a un attrait pour ce genre musical, et avec ce cinquième album, il tente de revisiter la Pop en rendant hommage à ses références, des Beatles en passant par Peter Gabriel et consorts. Coup de génie pour beaucoup, on reste pus circonspect de notre côté.

Avec sa pochette épurée, sur laquelle on voit l’artiste torse nu, les yeux clos, on peut se dire que Steven Wilson a retrouvé un certain équilibre, une sérénité qu’il recherchait depuis un bon moment. Néanmoins, entre les couches de rouge et de bleu, on peut aussi s’attendre à quelque chose de mélancolique, voire d’assez sombre. Ce ne sera malheureusement pas le cas, on sera même de l’autre côté, puisque le chanteur livre un album assez lumineux, plein d’espoir. Un album dans lequel il enchaîne les chants en duo avec des chanteuses, offrant alors une belle dualité, et apportant une douceur insoupçonnée. To the Bone, qui ouvre le disque, en est un parfait exemple, avec tout ce qui caractérise le rock progressif de l’artiste, mais en offrant une mélodie assez joyeuse, qui trouve un bel écho dans le refrain. Mais globalement, le titre reste un peu trop gentillet.

Ce sentiment de mollesse et de facilité, on va le retrouver sur tout l’album, qui se contente souvent de singer ses pairs et de faire penser à tel ou tel groupe. Nowhere Now évoque la Pop anglaise des années 70/80, mais on reste dans quelque chose de très (trop ?) simple, qui manque de punch et d’envie de nous bousculer. On pourrait même dire que l’aspect Prog n’y est pas. Alors certes, ça reste produit avec talent, et certains passages sont mignons, mais ça reste tout de même « facile ». Pariah est un très beau titre, notamment grâce à la voix éraillée de la chanteuse (Ninet Tayeb), mais on reste sur une ballade un peu feignasse, qui touche, qui peut émouvoir, mais qui reste un petit Steven Wilson, tant on sait que l’artiste peut faire beaucoup mieux. Heureusement que The Same Asylum as Before arrive derrière.

Ici, le guitariste/chanteur joue plus avec les modulations de sa voix et avec sa gratte, pour offrir un titre rock plus plaisant, plus enjoué, et qui va permettre de mettre en avant ses qualités de musicien. Bon, on reste sur un truc assez classique dans la construction, et ça évoque toujours la Pop anglaise des années 80, ce qui fait que si l’on s’attend à des bribes de Métal (ou même de Hard), il faudra mettre ses attentes de côté. Arrive alors Refuge, un long morceau mélancolique qui essaye de monter tout doucement, qui se veut beau et tendre, mais qui ne va pas forcément nous embarquer. Si la batterie fait des merveilles en milieu de morceau, on reste tout de même sur quelque chose de mollasson et qui n’arrive pas vraiment à nous emporter (mais ça, c’est vraiment subjectif). Reste une belle arrivée du saxophone qui sauve le tout.

Derrière ce long titre, Steven Wilson propose Permanating, qui lorgne vers une pop/disco qui fait penser aux années 90. Outre un clavier omniprésent et une batterie électro qui scande le rythme, on est sur un truc joyeux qui veut faire danser dans les chaumières, mais ça reste un poil trop surfait. Même le break qui évoque The Beatles fait presque plagiat et on reste circonspect sur le résultat final. Blank Tapes vient calmer tout cela dans une belle ballade très courte, qui fera plaisir aux amateurs de Led Zeppelin. Puis People Who Eat Darkness sera le meilleur titre du skeud, allant pleinement dans un Hard gentillet, mais qui fait office d’exutoire dans cet album mou. Pour la suite, on sent que le musicien s’inspire de Depeche Mode pour Song of I et son aspect Dark Wave ou encore Song of Unborn qui vient clôturer tout ça de manière lancinante.

Au final, To the Bone, considéré comme le meilleur album de Steven Wilson par la majorité des fans, se révèle être assez ennuyeux et pas forcément à la hauteur du talent du bonhomme. La guitare est en retrait, le côté Pop revisité manque d’audace et souvent, on est dans l’attente que ça explose un peu, mais cela n’arrivera pas. Si on peut louer la démarche de l’artiste, qui veut rendre hommage à la musique qui a bercé ses jeunes années, on reste tout de même dans quelque chose d’assez basique, et qui manque cruellement de punch.

  • To the Bone
  • Nowhere Now
  • Pariah
  • The Same Asylum as Before
  • Refuge
  • Permanating
  • Blank Tapes
  • People Who Eat Darkness
  • Song of I
  • Detonation
  • Song of Unborn

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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