juin 24, 2024

Corsage

De : Marie Kreutzer

Avec Vicky Krieps, Florian Teichtmeister, Katharina Lorenz, Jeanne Werner

Année : 2022

Pays : Autriche, Luxembourg, Allemagne, France

Genre : Biopic, Historique, Drame

Résumé :

Noël 1877, Élisabeth d’Autriche (Sissi), fête son 40e anniversaire. Première dame d’Autriche, femme de l’Empereur François-Joseph Ier, elle n’a pas le droit de s’exprimer et doit rester à jamais la belle et jeune impératrice. Pour satisfaire ces attentes, elle se plie à un régime rigoureux de jeûne, d’exercices, de coiffure et de mesure quotidienne de sa taille. Étouffée par ces conventions, avide de savoir et de vie, Élisabeth se rebelle de plus en plus contre cette image.

Avis :

Aujourd’hui, c’est en Autriche qu’on va faire un tour, pour évoquer la cinéaste Marie Kreutzer. Née en 1977, ayant fait ses études de cinéma au milieu des années 90, Marie Kreutzer passe les années 2000 à réaliser des courts-métrages, avant de mettre en scène son premier film, « Die Vaterlosen » (film qui demeure encore inédit chez nous). Avec ce premier film, la cinéaste rencontre un joli succès critique et public qui la lance. En dix ans, elle réalisera alors cinq films, et « Corsage » est le premier qui arrive dans nos salles de cinéma.

« Corsage » est un film qui naît en partie d’un désir, celui de Vicky Krieps d’incarner l’Impératrice Sissi devant la caméra de Marie Kreutzer. L’actrice et la réalisatrice se connaissent bien, car Kreutzer avait déjà dirigé Krieps en 2016. Ainsi, la comédienne a parlé de l’idée de faire un film sur Sissi et la cinéaste, qui ne connaissait Sissi que par les produits dérivés qu’on peut trouver en Autriche, s’est alors documentée et a trouvé un angle qui l’a passionnée.

« Ici, ce qui va le plus intéresser Marie Kreutzer, c’est le sentiment d’enfermement de l’Impératrice, et l’idée qu’elle ne rentre plus dans les conventions de la Cour d’Autriche. »

Sissi Impératrice est une figure qui fut grandement immortalisée avec Romy Schneider dans les films « Sissi » d’Ernst Marischka. Pour « Corsage« , Marie Kreutzer s’est intéressée au mythe de l’Impératrice, en lui enlevant tout le glamour et la belle époque. Ainsi, c’est sur sa fin de vie, ou du moins sur les dernières années de sa vie, que la réalisatrice pose ses mots et sa caméra, pour un film qui a franchement du mal à convaincre. Un film éteint et ennuyant, à l’image de l’Impératrice dont il essaie de raconter la vie, partagée entre vrai et faux. Dommage.

Noël 1877, Elizabeth d’Autriche dite Sissi, fête son quarantième anniversaire. Épouse de François-Joseph 1er, Sissi se doit d’être belle et de se taire. Mais l’Impératrice a de plus en plus de mal avec ces conventions, et petit à petit, elle se rebelle contre son image…

Pour son cinquième film, Marie Kreutzer se lance dans un film qui est plus une évocation de quelques années de vie de l’Impératrice Sissi, qu’un vrai biopic à proprement parler, puisque la réalisatrice va prendre énormément de liberté quant à l’histoire de Sissi. Ici, ce qui va le plus intéresser Marie Kreutzer, c’est le sentiment d’enfermement de l’Impératrice, et l’idée qu’elle ne rentre plus dans les conventions de la Cour d’Autriche. La Sissi de Marie Kreutzer est une femme en dépression, qui subit sa vie et l’image qu’on souhaite d’elle. Le quotidien de son Impératrice est loin, très loin du glamour. C’est un quotidien fait de régime alimentaire afin de rentrer dans le corset de rigueur. Toujours dans ce quotidien, bien souvent, Sissi va disparaître lors de sortie publique, cachée derrière des voilettes aux couleurs sombres.

« On se retrouve alors devant un film qui se répète et qui s’étire, et au bout de cela, c’est l’ennui qui s’invite. »

Ce qui est très intéressant avec le film de Marie Kreutzer, c’est l’idée d’une Sissi prisonnière d’elle-même, prisonnière de son image, de sa beauté qui doit être éternelle, alors même que l’Impératrice vieillit. Avec cette idée, il y a matière à faire un film, mais malheureusement, même si l’idée de base est intéressante, la réalisatrice autrichienne a bien du mal à nous intéresser avec son « Corsage« , et ce portrait déprimé, névrosé, suicidaire et sans vie a bien du mal à nous tenir éveillé. Ici, le temps s’allonge, et quelque chose dans la mise en scène, ainsi que dans le scénario de « Corsage« , nous laisse dans l’attente.

Ici, on a l’impression que le film de Marie Kreutzer ne veut pas commencer, un peu comme la vie de son Impératrice, une fois la quarantaine passée, ne veut pas, elle non plus, commencer. On se retrouve alors devant un film qui se répète et qui s’étire, et au bout de cela, c’est l’ennui qui s’invite. Entre plans fixes sur des personnages qui ne disent pas grand-chose, voire rien du tout, et des dialogues qui manquent de vie, en plus d’avoir un personnage qui au bout du compte apparaît comme très antipathique, « Corsage » aura franchement du mal à nous tenir.

Le scénario aura bien un côté féministe, avec cette idée d’une Impératrice qui se rebelle contre les conventions et ce qu’on attend d’elle, mais là encore, ça a du mal à prendre, le tout étant lourd, et surtout, la réalisatrice, pour soutenir son propos, prend des libertés face à l’histoire de Sissi et même si en un sens, ça donne du sens à son idée, dans une autre direction, on finit par se demander pourquoi avoir choisi de s’arrêter sur l’Impératrice si c’est pour ne pas raconter son histoire dans ses jours les plus sombres.

« Tout ici est sublime. Malheureusement, ce côté artistique dans le visuel n’arrivera pas à nous « sauver » de l’ennui.

Après, il faut toutefois souligner les magnifiques compositions de Marie Kreutzer. Ses cadres, ses décors, son image, sa photographie, sa BO, ou encore la façon qu’elle peut avoir de filmer ses personnages et surtout son actrice principale, Vicky Krieps, tout ici est sublime. Malheureusement, ce côté artistique dans le visuel n’arrivera pas à nous « sauver » de l’ennui que ce film nous fait éprouver.

Cette première incursion dans le cinéma de Marie Kreutzer a de jolies qualités, et derrière ça, la réalisatrice tient une bonne idée de base, or, son « Corsage » et sa métaphore (Sissi doit absolument rentrer dans son corsage, comme elle doit entrer dans les conventions de la cour), ont eu franchement du mal à me tenir éveillé devant. Très long et très ennuyeux, « Corsage » aura eu raison de moi, me retrouvant comme piégé, avec dans un premier temps, une attente, celle que le film arrive à m’emporter, et une fois que ces espoirs se sont envolés, je suis resté dans l’attente du générique de fin, qui m’aura délivré… Dommage, vraiment dommage.

Note : 07/20

Par Cinéted

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