mars 1, 2024

Lamb of God – Omens

Avis :

Fondé au milieu des années 90, Lamb of God prend une place très importante sur la scène métal américaine. Officiant dans un genre que l’on qualifiera plus tard de Groove Metal, la bande de Randy Blythe est considéré aujourd’hui comme un fer de lance de la nouvelle vague Heavy du pays de l’oncle Sam. Une notoriété qui n’a fait que monter au fil des albums, faisant maintenant de Lamb of God une figure incontournable et attendue par de nombreux fans. Stakhanoviste accompli, le groupe a pour habitude de prendre entre un et trois ans pour sortir un nouveau skeud, et c’est donc deux ans après le très bon album éponyme que l’on retrouve les originaires de Richmond. Omens arrive un peu comme une fleur, et selon les dires du frontman, il s’agit-là d’un album complet, dont les astres furent alignés pour sa conception. Et il n’a pas complètement tort.

Le skeud débute avec Nevermore et on sent de suite la colère sourde qui suinte de chaque pore du groupe. Le démarrage est surpuissant, le chant clair au départ permet de poser une ambiance lourde avant de véritablement exploser et de rentrer dans le lard. De plus, l’aspect groovy est bien présent, avec en prime un refrain catchy en diable, où l’on va se surprendre à beugler « hanging by a threat ». Si on pourrait croire que Lamb of God fait du Lamb of God, il y a tout de même certaines nuances à apporter, notamment dans la tessiture même du son, qui s’avère plus lourd que d’habitude, et qui laisse plus de place à des solos de gratte. Mark Morton s’en donne à cœur joie et ça s’entend. Vanishing proviendra du même moule, octroyant une patate de l’espace dans les tympans.

Ici, la rythmique est plus rapide, plus scandée, tout en restant très accessible. Randy Blythe n’a pas perdu de sa superbe, et il se permet même quelques élans plus aigus pour appuyer son chant lourd et grave. Quant à To the Grave, la formation américaine renoue avec une efficacité percutante. Allant droit au but, le titre marque des points avec son refrain qui fait son petit effet, notamment lorsque tout s’arrête et que le chanteur hurle « to the grave eternally », avant de repartir sur un autre couplet. A noter aussi une ligne de basse plus présente que dans les autres morceaux, donnant une profondeur encore plus palpable. Ditch sera du même bois, ne baissant à aucun moment et nous frappant comme rarement. C’est puissant, c’est maîtrisé du début à la fin et on ressort de là avec une nuque douloureuse.

Omens déboule alors, et on reste dans le même schéma structurel que les deux morceaux précédents. Le titre ne dépasse pas les quatre minutes, il ne s’emmerde pas avec des fioritures parasitaires, et on sent que le groupe est là pour dérouler du câble. Le résultat est fort, puissant, ne nous laissant pas une minute de répit, tout en gardant en tête de mettre des refrains qui restent en tête et un break puissant. Gomorrah essayera de mettre en place une petite ambiance lugubre avant de lâcher les vannes, ce qui lui donnera une aura assez particulière, qui sera poursuivie avec Ill Designs. On est clairement dans un morceau dont le début pourrait faire une parfaite entrée sur scène, avec un Randy Blythe bien énervé et des riffs qui vont tout casser sur leur passage. L’un des titres qui donne le plus envie de headbanger dans tous les sens.

Pour attaquer le dernier quart de l’album, on a droit à Grayscale qui reste à l’image de tout l’effort. C’est percutant, virulent, d’une rare vivacité et encore une fois, le refrain fonctionne à plein régime. Mais le plus surprenant viendra de Denial Mechanism qui est tout simplement un morceau de Punk Hardcore. Durant moins de deux minutes, le morceau délivre une hargne sans limite, copiant ce que peuvent faire des Hatebreed ou des Madball. Mais le pire dans tout ça, c’est que c’est particulièrement bien foutu. Ce qui tranchera avec September Song, un parfait titre de clôture, qui démarre tout doucement avant de laisser la place à la colère de Blythe avec un bon gros cri. La piste est une tuerie incroyable, qui donne, bien évidemment, envie d’y revenir et de se refaire l’album en boucle. Ce qui, en règle générale, est plutôt bon signe.

Au final, Omens, le dernier bébé de Lamb of God, est une vraie machine de guerre qui ne laisse aucun répit et qui nous met au tapis à chaque écoute. Percutant, virulent mais doté d’une véritable maîtrise et d’une énergie dévastatrice, les américains reviennent à un très haut niveau. Sans jamais renier leurs origines et le groove qui les caractérise, avec cet album, la bande de Richmond se surpasse et offre peut-être l’un des meilleurs skeuds de l’année. Ni plus, ni moins.

  • Nevermore
  • Vanishing
  • To the Grave
  • Ditch
  • Omens
  • Gomorrah
  • Ill Designs
  • Grayscale
  • Denial Mechanism
  • September Song

Note : 18/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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