septembre 27, 2022

Brightburn – L’Enfant du Mal

De : David Yarovesky

Avec Elizabeth Banks, David Denman, Jackson A. Dunn, Matt L. Jones

Année : 2019

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Tori Breyer a perdu tout espoir de devenir mère un jour, quand arrive dans sa vie un mystérieux bébé. Le petit Brandon est tout ce dont elle et son mari, Kyle, ont toujours rêvé : c’est un petit garçon éveillé, doué et curieux de tout. Mais à l’approche de la puberté, quelque chose d’aussi puissant que sinistre se manifeste chez lui. Tori nourrit bientôt d’atroces doutes sur son fils. Désormais, Brandon n’agit plus que pour satisfaire ses terribles besoins, et même ses proches sont en grave danger alors que l’enfant miraculeux se transforme en un redoutable prédateur qui se déchaîne sur leur petite ville sans histoire…

Avis :

Le genre super-héroïque a envahi nos quotidiens avec les sorties en masse de films de chez Marvel et DC. Si le démarrage était intéressant, voire novateur, les cinéphiles se sont vite rendus compte du côté générique avec des films calibrés et sans âme. Des produits faits pour attirer le public en masse afin de faire de l’argent, et non pas par amour du cinéma. Au bout d’un moment, certains malins ont voulu égratigner le genre, en transformant cela en comédie acide, ou en massacrant l’image lisse des héros. On peut évoque Hancock avec Will Smith, ou encore la série The Boys sur Prime Video. James Gunn, le papa des Gardiens de la Galaxie, aime bousculer les choses avec ses manières de sale gosse. Ainsi, lorsque son frère se décide à écrire un film d’horreur avec un vilain Superman, il n’a pas hésité à mettre quelques sous dans l’idée.

Ainsi est né Brightburn, un film qui, sur le papier, se voulait très novateur et inédit. Il faut dire qu’un film d’horreur avec un Clark Kent maléfique avait de quoi attiser la curiosité. Cependant, on pouvait aussi craindre une surenchère de super-héros, avec une morale à deux balles. A-t-on cela dans ce film ? Pas vraiment, et c’est avec une certaine surprise que l’on découvre un vrai film de flippe, au croisement de La Malédiction et Superman, mais qui manque cruellement d’une mise en scène digne de ce nom. Il faut dire que le projet est donné à David Yarovesky, un jeune premier, ami des Gunn, qui a à son actif un seul film, The Hive, qui était déjà un film d’horreur, sorti en 2015 et encore inédit en France. Bref, Brightburn a le cul entre deux chaises, et ses qualités s’effacent bien souvent face à ses défauts.

La base du récit est assez solide, même si elle ressemble à s’y méprendre à celle de Clark Kent. Un couple n’arrive pas à avoir d’enfant, un vaisseau spatial tombe dans leur jardin, et ils adoptent le nouvel arrivant. Tout se passe bien jusqu’à ses douze ans, où le jeune garçon va se découvrir des pouvoirs, et entend des voix venant de son vaisseau. Bien évidemment, le début de l’histoire se passe dans le Kansas, et on retrouve des éléments propres à la création de Jerry Siegel. Les références sont là, mais elles restent discrètes, proposant alors un vrai cheminement dans la relation de couple des parents, avec une mère aimante, voire trop, et un père qui voit les dérives de son fiston, et en vient à douter de sa santé mentale. Le début pose alors des bases assez solides, avec peu de personnages, mais tous sont relativement travaillés.

Le principal problème d’écriture va venir dans l’évolution du garçon. Si on peut faire un parallèle avec l’adolescence et le corps qui change, Brightburn se veut plus terre à terre et présente juste un jeune garçon qui se découvre des pouvoirs, et va devenir un sérieux psychopathe. Au gré de l’histoire, on verra son côté psychotique, son obsession pour sa signature et les interprétations qu’il fait des gens autour de lui. Une jeune fille le rejette, il lui casse la main. Son oncle lui manque de respect, il va le tuer. Bref, les enchainements sont cohérents, mais ils vont trop vite, comme s’il ne fallait absolument pas dépasser une durée délimitée par le genre. Et c’est bien dommage, car certaines idées visuelles valent le coup, et le film n’est absolument pas avare en passages gores et craspec.

Très clairement, Brightburn peut se voir comme un slasher où la représentation de la mort est un superman maléfique. Si la cape évoque bien évidemment le genre super-héroïque, le masque rappelle les plus belles années des films d’horreur. Tout comme les apparitions du jeune garçon, qui prend un malin plaisir à apparaître et disparaître du champ, dans l’ombre, en utilisant ses super-pouvoirs. Il y a une recherche pour faire peur, loin de certains jumpscares poussifs. De plus, le film n’hésite à être gore et à proposer des moments sales, à l’image de cet éclat de verre dans l’œil d’une femme, ou encore à l’arrachage de la mâchoire inférieure de l’oncle. Même si le body count est timide, les effets sales sont là, rappelant que l’on est vraiment dans un film d’horreur. Dommage que certains effets spéciaux ne tiennent pas la route.

Cependant, si on peut se réjouir d’une véritable recherche dans la mise en scène des passages effrayants, on peut regretter un lissage sur le reste. Que ce soit la photographie, l’éclairage ou encore la mise en scène elle-même, on reste sur un film qui n’a pas vraiment de génie, et n’a pas vraiment envie de sortir d’un cocon douillet. Brightburn est même assez classique dans sa démarche, n’offrant pas d’identité visuel propre. Et c’est un peu un comble venant d’un film qui veut se « moquer » des films lisses de super-héros. Ajoutons à cela des acteurs pas toujours justes, notamment le jeune Jackson A. Dunn qui force tout le temps pour avoir un côté méchant, ou encore une Elizabeth Banks qui nous avait habitué à mieux. Mais elle fait ce qu’elle peut avec ce qu’elle a, c’est-à-dire une mère de famille aveuglée par son amour envers ce fils adoptif.

Au final, Brightburn est un film assez intéressant dans sa démarche, et qui va à fond dans le délire horrifique. Certains éléments sont bien mis en avant, et la fin, nihiliste au possible, évite de tomber dans un n’importe quoi gnangnan. Cependant, entre des acteurs pas forcément investis et une mise en scène lambda dans les moments plus « normaux », le film n’arrive pas vraiment à marquer et manque de consistance pour approfondir son bad guy. Et que dire du générique de fin, potache en diable, qui gâche finalement le ton sérieux du métrage. Tout ça pour mettre Michael Rooker en présentateur fêlé… Bref, un film inégal, pas déplaisant, mais qui ne marque suffisamment, malgré son pitch accrocheur.

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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