décembre 8, 2022

Primal Fear – Metal Commando

Avis :

On le sait, l’Allemagne est une industrie sans équivalent en ce qui concerne le Heavy. Le pays possède une flopée de groupes qui ont fait les beaux jours d’un genre qui peut paraître désuet, mais qui continue aujourd’hui à faire son petit bonhomme de chemin. Primal Fear fait partie de ces groupes, même s’il est arrivé sur le tard, à la toute fin des années 90. Possédant une histoire assez importante autour de ces membres fondateurs (qui ont fait partie d’autres gros groupes), Primal Fear s’est rapidement imposé avec des sorties d’albums presque tous les ans, puis tous les deux ans. Machine de guerre inévitable pour les fans du genre, la formation a sorti son dernier album en date en 2020, Metal Commando. Dans la continuité de ce que les teutons proposent depuis un long moment, l’album possède aussi ses ruptures, et ses références.

Le skeud débute avec le titre fédérateur I Am Alive. Sans surprise, on reste dans un Heavy teinté de moments Power qui ne sont pas pour déplaire. Le groupe balance la sauce, n’hésite jamais à partir dans des solos intéressants et surtout, procure un plaisir immédiat avec un refrain catchy en diable et des paroles facilement assimilables. On pourrait même y voir un message de colère envers le Covid, le chanteur s’évertuant à fredonner qu’il est en vie. Dans cet album, on va retrouver une pléthore de titres qui sont du même acabit. Halo est par exemple un morceau qui rentre pile poil dans ce que l’on attend d’un Primal Fear. C’est simple, ça reste formaté pour les fans de la première heure, mais ça contient aussi son lot de bons moments et de passages qui frappent fort. Il faut dire que la technicité des musiciens n’est plus à prouver.

Parmi les autres titres un peu Heavy, on peut bien évidemment citer Hear me Calling, même qui on reste dans quelque chose d’un peu trop sirupeux, ou encore My Name is Fear, qui s’avère redoutable, malgré son manque de surprise. On sent que le groupe en a sous la pédale, mais par moments, on reste dans quelque chose d’assez classique et qui manque d’éléments de surprise pour vraiment nous cueillir. En ce sens, la deuxième partie de l’album manque parfois de mordant et reste dans quelque chose de trop formaté. Des titres comme Raise Your Fists ou Howl of the Banshee manquent de partitions accrocheuses et de passages vraiment marquants. Il s’agit-là de titres fort agréables, mais ils restent un peu trop sages par rapport à ce que l’on attend d’un énième album des allemands.

Fort heureusement, le groupe arrive à se défaire de son image un peu lisse pour recracher ses références nouvelles. Et cela commence dès la deuxième piste avec Along Came the Devil. Que ce soit dans les riffs, la voix ou encore la mélodie, on est clairement dans une resucée d’un morceau qu’aurait pu faire AC/DC. Les gimmicks sont identiques et l’aspect nerveux/fédérateur est bien présent. Mais le plus frappant reste avec le titre The Lost & the Forgotten qui lorgne sans vergogne du côté de Five Finger Death Punch. Aussi surprenant que cela puisse paraître, les allemands reprennent des riffs qui semblent tout droit sortis d’un album des américains. Alors certes, on n’a pas la voix d’Ivan Moody, mais force est de constater que ça reste solide et intéressant à plus d’un titre. Même le début du morceau Afterlife repend ces riffs si caractéristiques, et ça reste inattendu.

On sent que le groupe tente de sortir de sa zone de confort et c’est tant mieux. Cependant, chassez le naturel, il revient au galop, et le groupe va vite revenir à certains de ses démons, notamment sur une ballade lénifiante et qui manque cruellement d’émotion. I Will Be Gone est d’une insignifiance crasse et n’arrive jamais à nous toucher. Pire, on s’ennuie à mourir sur ce titre, et l’on espère qu’il ne dure pas longtemps. Mais le groupe se rattrape sur le dernier morceau de l’album, Infinity, long de plus de treize minutes, et qui est maîtrisé du début à la fin. La formation démontre son talent pour expérimenter les longues plages instrumentales et les moments carrément épiques. Un visage que l’on aimerait voir plus souvent chez Primal Fear.

Au final, Metal Commando est un album qui est fort plaisant. Le groupe allemand continue sur sa lancée et ne faiblit pas, offrant encore et toujours un Heavy efficace, direct et sans fioriture. Avec cet effort, la formation tente de montrer ses nouvelles références, quitte à faire dans le « remake » sans saveur, mais on pardonne aisément cela pour la prise de risque et la volonté de varier les plaisirs. Bref, un album recommandable, et qui plaira certainement aux fans.

  • I Am Alive
  • Along Came the Devil
  • Halo
  • Hear me Calling
  • The Lost & the Forgotten
  • My Name is Fear
  • I Will Be Gone
  • Raise Your Fists
  • Howl of the Banshee
  • Afterlife
  • Infinity

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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