mai 25, 2022

Possessed – Revelations of Oblivion

Avis :

Apparu au début des années 80, le Death Metal est un genre très codifié qui va connaître ses lettres de noblesse à travers divers groupes devenus cultes aujourd’hui. Pour autant, on a tendance à oublier qu’une seule formation a le statut d’«inventeur» du Death, les américains de chez Possessed. Fondé en 1983, le groupe va rapidement se faire remarquer par ses compos agressives et travaillées, et va sortir coup sur coup deux gros morceaux : Seven Churches en 1985 et Beyond the Gates en 1986. C’est après un EP paru en 1987 que le groupe décide de se séparer. Il y a un semblant de reformation de 1990 à 1993, mais le groupe splite encore, jusqu’à une résurrection en 2007 où Possessed semble définitivement revenir sur le devant de la scène, avec seul Jeff Becerra comme membre originel. Revelations of Oblivion est alors le troisième album du groupe.

Il en aura fallu du temps pour que ce troisième opus voit le jour, avec encore beaucoup de changement de line-up et des difficultés de toutes sortes au sein du groupe.  Mais la principale difficulté était certainement de savoir l’attente qu’il y avait derrière cet album. Possessed qui ressort un skeud 33 ans après le précédent, forcément, les fans sont sur les crocs. Et c’est après une introduction assez classique, Chant of Oblivion, que le groupe va dévoiler son premier titre, No More Room in Hell. Le démarrage fracasse vite et fort, et le groupe ne va pas faire dans la dentelle. C’est bien simple, en entre en plein dans un Death puissant et sans aucun temps mort. Les riffs sont véloces et bien lourds, et il se dégage de l’ensemble une ambiance assez morbide. Bref, Possessed fait ce qu’il sait faire et démontre une vraie envie d’en découdre.

En arpentant Dominion, on va vite se rendre compte que la recette utilisée lors du premier titre refait surface ici. On a droit à un rythme effréné, des riffs rapides et gras, et un chat guttural maîtrisé. De plus, on retrouvera un bon break assez long et un solo qui démontre la grande qualité technique des musiciens. Le seul problème que l’on va avoir avec ce titre, c’est sa redondance avec le morceau précédent. Damned ne va pas changer grand-chose à l’ensemble. On reste dans du Death très classique, qui fait écho à ce que l’on connait des années 80, et rien ne viendra perturber le schéma que s’impose le groupe. C’est d’ailleurs l’un des écueils de cet album, qui est très bon au demeurant, mais qui répète inlassablement le même schéma musical, jusqu’à la lie. De ce fait, aucun morceau ne reste vraiment en tête.

Demon, comme pour le reste, répètera la même chose en boucle, et cela en devient un peu lassant. Le groupe semble se contenter du minimum, et même si on reste dans du Death de grande qualité, avec des technicités incroyables, il manque un petit truc en plus pour pleinement nous convaincre. Alors oui, on retrouvera des passages rigolos dans ce titre, mais ça reste assez léger. Surtout après 33 ans d’attente ! Abandoned ne dérogera pas à la règle, si ce n’est qu’il va partir encore plus loin dans le délire de la vitesse, allant toujours plus vite et plus fort. Cependant, on trouve quelques variations plaisantes, et surtout des passages instrumentaux assez incroyables. Les nouvelles recrues de Jeff Becerra assurent. Shadowcult tente d’installer, dans son introduction, une ambiance plutôt étrange, et ça fonctionne assez bien. Avant de repartir sur des rails que l’on ne connait que trop bien.

Omen sera un titre un peu plus accrocheur et avec une atmosphère plus recherchée. Le démarrage, virulent, avec la présence de cloches et quelques élans religieux, va permettre au groupe de montrer qu’il est capable d’instaurer une ambiance morbide, qui correspond bien à son image. Et même si on repart sur des chemins balisés, il n’en demeure pas moins que l’ensemble est réussi. Ritual repartira dans les scories du groupe, sans pour autant que ce soit désagréable. Possessed fait ce qu’il sait faire, et il le fait bien. Devait-on en demander plus ? Peut-être, mais c’est déjà pas mal. The Word n’aura pas forcément beaucoup d’originalité, si ce n’est sa batterie ultra rapide. Mais c’est avec Graven que le groupe marque des points, assumant pleinement son côté sale, avec des bruits de mouche et de cloches pour entamer ce nouveau titre. Là, on retrouve de l’originalité, et ça fait plaisir.

Au final, Revelations of Oblivion, le dernier album en date de Possessed, est un bon opus, même s’il a fallu attendre plus de trente ans pour en voir le bout (mais on comprend aisément quand on sait ce qui est arrivé à Jeff Becerra). Si l’ensemble est cohérent et relativement solide, on pourra tout de même râler contre une certaine redondance qui s’installe dans les morceaux, et qui manque, du coup, de sang neuf. Possessed fait ce qu’il sait faire, et ne cherche pas à aller plus loin. Alors c’est techniquement irréprochable, mais on aurait aimé un peu plus de prise de risque.

  • Chant of Oblivion
  • No More Room in Hell
  • Dominion
  • Damned
  • Demon
  • Abandoned
  • Shadowcult
  • Omen
  • Ritual
  • The Word
  • Graven
  • Temple of Samael

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.