juin 25, 2024

The Rescue

Titre Original : Jin Ji Jiu Yuan

De : Dante Lam

Avec Eddie Peng, Wang Yanlin, Xin Zhilei, Lan Yingying

Année : 2020

Pays : Chine

Genre : Action, Drame

Résumé :

Le quotidien d’une équipe de sauveteurs, qui au péril de leur vie, met tout en œuvre pour sauver la vie des autres. Gao est le chef d’une équipe de sauveteurs. Après plusieurs missions risquées, et la perte de deux de ses équipiers, il décide de prendre un congé prolongé pour s’occuper de son fils de 6 ans. Mais lorsqu’un incendie se déclare sur un transporteur de gaz naturel et que l’équipe de secours s’y retrouve piégée, Gao est appelé à la rescousse.

Avis :

Réalisateur chinois, Dante Lam est un faiseur de divertissement. Officiant depuis 1997, Dante Lam est un bourreau de travail enchaînant les films les uns à la suite des autres, au point de livrer presque un film par an depuis ses débuts. Bon, la plupart de ses films n’arrivent jamais jusque chez nous, et pour réussir à les voir, il faut passer du côté obscur. Puis de temps à autre, il y en a un qui sort de Chine et arrive à trouver le chemin des distributeurs et c’est le cas de « The Rescue« , sorti directement en DVD et Blu-ray en début d’année.

Sortant l’artillerie lourde, « The Rescue » se présente comme un énorme film catastrophe qui suit le quotidien de sauveteurs marins, ou plutôt devrait-on dire, de saveurs de l’extrême, car il n’y a rien de simple dans les missions que vont enchaîner cette petite équipe.

Effets spéciaux à gogo, envie de faire de la catastrophe sur de la catastrophe, lorgnant et conjuguant du Michael Bay et du Roland Emmerich, Dante Lam avait l’envie de faire un gros film, et de ce côté-là, on peut dire que le metteur en scène a réussi son coup, mais alors à quel prix, car pour le reste, « The Rescue » sonne comme une mauvaise blague. Un film proche du nanar de luxe. Faut voir le bon côté des choses, Dante Lam, involontairement, nous offre de quoi nous marrer, mais malheureusement, la rigolade ne dure qu’un temps, tant « The Rescue » finit par être épuisant.

Gao Qian est le chef d’une équipe de sauveteurs chinois. Père d’un enfant et veuf, le jeune homme s’emploie à être le meilleur possible dans son métier. Son but, sauver le plus de vies possibles et ça, au péril de sa propre vie. Alors qu’il s’est rendu sur une opération difficile, après l’intervention, le pilote de l’hélicoptère qui a échoué démissionne. Le nouveau pilote qui le remplace se nomme Fang Yuling. C’est une femme, et elle, ce qui l’importe, c’est de veiller sur son équipe. Si la rencontre entre les deux se passe pour le mieux malgré des points de vue différents, Fang va très vite découvrir que sur le terrain, la situation va être tout autre…

Niveau spectaculaire, on peut aisément dire que le metteur en scène chinois a sorti tout ce qu’il avait en stock, et au-delà de ça, il ne perd pas de temps, ouvrant son film avec un sauveteur sur une plateforme pétrolière en feu, pour le moins spectaculaire. Une scène d’ouverture d’un bon quart d’heure, qui n’arrête pas, enchaîne les rebondissements à très grande vitesse. Franchement, je ne savais pas que c’était possible d’enchaîner autant de catastrophes et de complications en si peu de temps. Mais voilà, très vite, on va se rendre compte que ce qui fait la force de ce film est aussi son principal défaut, car « The Rescue » est un film qui enchaîne les catastrophes qui se veulent spectaculaires, sans prendre le temps d’approfondir ses personnages.

Ainsi, au menu des deux heures et vingt minutes que dure ce film, Dante Lam aura réussi à nous offrir une plateforme pétrolière en feu, une panne d’hélicoptère, un éboulement de montagne suivi d’un sauvetage un crash aérien, et un pétrolier en feu… Le réalisateur enchaîne encore et encore de manière presque hallucinante et comme je le disais, il ne prend pas ou peu de pauses pour explorer ses personnages. Et quand il le fait, on reste très dubitatif, car ces derniers sont très plats et terriblement téléphonés, un peu comme s’ils étaient des archétypiques servant de ficelles scénaristiques. Ainsi, à travers eux, le film ne réserve aucune surprise, et l’on voit déjà tout arriver. Et quand le film ose s’aventurer autre part, notamment avec le fils du héros, cette ficelle s’avère être l’apothéose de l’incohérence, au point qu’on ne comprend carrément pas ce que cette sous-intrigue vient faire ici, surtout en petit bonus, Dante Lam ne conclut rien de ce côté, se fichant finalement de cette histoire ô combien dramatique pourtant.

Du côté du scénario, ce n’est donc pas ça du tout, mais « The Rescue » va plus loin encore, puisque comme je le disais, on a à faire ici à un nanar de luxe, et ça, on le voit d’emblée dans la mise en scène de Dante Lam. Une mise en scène qui se veut spectaculaire, qui veut nous en mettre plein la tronche, appuyant d’ailleurs toutes ses scènes d’action et catastrophe avec une BO dantesque. Or, malheureusement, à la place d’être un bon mélange de sérieux et de fun, le réalisateur se prend totalement au jeu du premier degré et ça ne passe pas. Outre les fonds verts et l’avalanche d’effets spéciaux assez dégueulasses (malgré de bonnes idées), ce qui va tristement nous faire sourire et plus encore, c’est la façon dont le réalisateur stylise et « héroïse » ses scènes. Cheap à mort, à peine croyable, doté de ralentis qui sont absolument magiques, doté de plans apocalyptiques grossissant ce qui se veut être émouvant, « The Rescue » ose tout, et ça ne fonctionne pas. Au lieu de nous emporter dans son action, on finit par attendre la prochaine scène histoire de se marrer entre potes.

Puis ce qui nous fait sourire aussi, c’est l’énergie de ces acteurs, qui y croient à 3000 %, enfin, je dis ça, mais quand ces derniers ne sont pas recréés en effets spéciaux. Le film leur demande tellement qu’il est presque impossible pour ces acteurs de jouer les scènes folles que Dante Lam avait en tête.

Bref, « The Rescue » se pose comme une belle déception. Si, dans un sens, il m’a offert le spectacle que j’étais venu chercher, dans un autre sens, ledit spectacle demeure assez lamentable. Il y avait de l’idée, il y avait de l’envie, de bonnes intentions et un sujet intéressant, Dante Lam voulait mettre en scène le combat, l’engagement et le courage des sauveteurs, mais rien n’y aura fait, et j’aurais passé ces deux heures vingt hallucinantes à sourire et me moquer de « The Rescue« .

Note : 08/20

Par Cinéted

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