mai 17, 2021

Demons

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Titre Original: Dèmoni

De : Lamberto Bava

Avec Urbano Barberini, Natasha Hovey, Fiore Argento, Paola Cozzo

Année : 1985

Pays : Italie

Genre : Horreur

Résumé:

Invités à l’avant-première d’un film d’horreur, des spectateurs sont contaminés par des effluves maléfiques.

Avis:

C’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures confitures, voilà un proverbe qui, malheureusement, est souvent vrai dans le cinéma actuel et cela dans tous les genres confondus. Prenons les films d’horreur, puisque c’est ce qui nous intéresse, mais on peut prendre des exemples dans un grand nombre de genres. Les meilleurs films et les plus terrifiants, hormis quelques fulgurances actuelles, sont bien des films datant des années 70 ou 80. J’en veux pour preuve avec l’exorciste, les vendredi 13, les Freddy, j’en passe et des meilleurs. Durant les années 80, le cinéma italien était au sommet de son art. Il faut dire que le Giallo provient de ce pays et qu’un grand nombre de réalisateurs de film d’épouvante viennent de cette contrée (Dario Argento, Mario Bava, Lucio Fulci, Michele Soavi…). Malgré le succès et les très bons films de cette époque et de ce pays, que vaut Demons de Lamberto Bava? Ce film fait-il partie des références dans le cinéma italien des années 80?

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Effet spécial de l’époque, tu te mets toute la boîte à prout dans la bouche et tu laisses dégouliner

Le scénario du film tient sur la bande noire magnétique des tickets de tramway. Il faut dire que c’est plus que simpliste et que ce n’est pas grâce à l’histoire que l’on sera perdu. A moins d’être un débile profond. Un homme masqué distribue dans une ville des tickets d’invitation pour l’inauguration d’un cinéma. Pour l’ouverture, le cinéma propose un film d’horreur avec des démons. Mais bien vite, les démons vont envahir la salle de cinéma pour boulotter de la chair fraîche avec un petit peu de pop-corn. En gros, il s’agit d’un survival basique dans un milieu confiné, avec de plus en plus de démons, puisque chaque blessure transformera chaque être humain en un démon vorace et bavant du liquide verdâtre. Mais il faut tout de même rajouter quelque chose de plus important par-dessus ce scénario peu inspiré, c’est que les personnages de l’histoire ne sont pas attachants et que la dimension dramatique, ou notre attachement par rapport aux autres personnages ne sera pas mis à contribution.

Si le pitch et le scénario complet vous fait penser à quelque chose de déjà vu, vous avez raison! Effectivement, on peut difficilement trouver une quelconque nouveauté dans cette histoire. Les démons ne sont en fait que des zombies, plus violents, surement moins amateur de cervelles, mais tout aussi contagieux et sanguinaires. Du coup, on se surprend à revoir des images du film Zombies de Romero, tout en le transposant dans un cinéma au lieu d’un supermarché. Si l’ambiance du début reste sympathique et assez inquiétante avec une ville qui ne donne pas envie, les passages dans le cinéma ne sont que des courses-poursuites avec quelques effets gores plutôt bien fichus pour l’époque. Néanmoins, il faut reconnaître que le design de certains démons fait froid dans le dos et que pour une fois, on reconnait vraiment des créatures du mal et sadiques.

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Kowabunga!!!

Mais avec tout ça, comment se débrouillent les comédiens malgré la faiblesse scénaristique? Et bien ce n’est pas terrible. Il faut dire que tous les clichés sont réunis dans la salle de cinéma. On a l’aveugle et sa femme qui en profite pour le tromper, les deux jeunes hommes héroïques qui s’entichent des deux héroïnes, le black ressemblant à un maquereau entouré de deux gonzesses ressemblant à des putes, le vieux grincheux, les peureux, et je dois en oublier. De ce fait, et à partir du moment où l’on est dans la caricature, il est difficile de ne pas surjouer et de ne pas proposer une palette d’émotion un poil trop ringarde. En plus, on aura droit à tous les soucis déjà vus dans moult films de genre, comme le meilleur ami qu’il faut tuer car il se transforme, la copine qui tombe dans les vapes au plus mauvais moment, le choix de se sacrifier pour sauver celui ou celle que l’on aime. Bref, beaucoup d’héroïsme, ce qui ne donne pas une bonne idée du réalisme.

Par contre, ce qui sauve le film, outre sa fin drôle et inattendue, ce sont les effets gores et pour le coup et l’époque, c’est vachement bien fait! Et en plus, on en a pour notre argent. Déjà, les transformation en démon sont assez atroces et s’attaquent à des points sensibles qui font souvent très mal. En gros, on voit les ongles des victimes s’ouvrir en deux pour laisser pousser des griffes, puis les dents se déchaussent et tombent pour laisser pousser des crocs dans une cascade rubiconde de sang. Mais en plus de cela, les démons deviennent très violents et adorent scalper, griffer, égorger, mordre une foultitude de spectateurs crétins essayer de barricader le cinéma avec les strapontins. L’empalement forcé de la fin est vraiment génial. Par contre, on n’évitera pas les scènes nanardesques comme le passage où le héros enfourche une moto cross et va décapiter du démon en grand coup de katana, ou encore lorsqu’un hélicoptère, visiblement posté sur le toit, tombe dans une salle adjacente à la salle de cinéma. Tout cela fait très improbable et semble très malvenu.

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Putain vite, il faut être au premier rang, je veux moi aussi voir Titanic en 3D, en plus, j’ai pris mes propres lunettes!

Au final, Démons n’est pas forcément un mauvais film, loin de là, mais il n’est pas non plus un chef d’œuvre du genre et Lamberto Bava tire un peu trop sur des ficelle bien connues dans le domaine du film de zombie. Il est d’ailleurs dommage que seule l’apparence différencie les démons des zombies et que ceux présents dans le film ne soient pas un peu plus bavards, avec un humour grivois et noir. Bref, un film sympathique avec des passages bien fendards tellement ils sont improbables et du gore bien fun pour un film de 1985 (putain, j’avais un an!).

Note: 13/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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