décembre 8, 2022

Skip The Use – Can Be Late

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Avis :

Le rock français est-il mort ? C’est la question que l’on peut se poser lorsque l’on voit le peu de groupes qui se démarquent de la masse bienséante de la pop culture musicale et qui essayent vainement d’insérer des relents rock à leur musique. Oui, c’est bien de toi que je parle BB Brunes, toi qui fait croire que ta musique est rock alors qu’elle n’est que pop et fait défaut aux vrais groupes de rock, ceux qui ne cherchent pas la groupie à baiser à chaque titre. Parce que depuis les années 90 et  l’avènement de groupes comme Noir Désir, le rock français prend de moins en moins de risques et s’avère en constante désuétude si ce n’est sur une scène underground ou dans des recoins inimaginables de l’internet. Alors bien évidemment, j’occulte Téléphone pour réellement me concentrer sur les années 90, 2000 et maintenant. Même certaines émissions qui essayaient de mettre en avant ces groupes de rock ont disparu (Taratata), c’est dire la peur des grands manitous de la distribution musicale. Et après, on s’étonne que le marché du disque d’effondre. Bande de tocards, propose de la diversité, du neuf, de l’énergie, pas de la merde pop mâchée, remâchée et rejetée.

Enfin, Skip the Use est un groupe de nordiste qui propose un son rock voire punk et qui s’est formé en 2008. Le groupe sort un premier album coproduit et cela leur permet de faire quelques tournées et les premières parties de Trust ainsi que Rage Against the Machine. Bien évidemment, cela leur permet d’avoir une certaine notoriété, notamment à l’étranger ou grâce à des prestations scéniques énergiques. En 2011, le groupe sort un EP et la reconnaissance est bien présente avec des nominations aux victoires de la musique. En 2012 sort Can Be Late, le deuxième album du groupe, avec pas moins de 18 titres et  à la clé, une victoire aux Victoires de la Musique dans la catégorie meilleur album rock. Alors qu’est-ce qu’il y a de si intéressant là-dedans ?

La première chose qui fait plaisir, c’est que le skeud est généreux avec pas moins de 18 titres à se mettre sous la dent. Il ne reste plus qu’à espérer que cela soit bon. Et ce sera vraiment le cas. Le groupe va chercher des racines un peu partout dans le rock, autant ancien que récent, allant du punk au hard en passant par de la funk et propose un album complet et relativement plaisant.

Le premier titre, People in the Shadow annonce la couleur avec un rythme très hard rock, toutes guitares dehors et avec un refrain qui envoie le pâté, entrant en tête dès la deuxième écoute. C’est puissant, énergique et ça fait un bien fout d’entendre ça, bien loin de la complaisance des radios. D’autres titres iront vers un hard rock bien senti comme Enemy et son refrain ultra énergique et sa batterie scandant un rythme effréné ou encore P.I.L et son sifflement entêtant. Mais le groupe ne s’arrête pas à un son hard rock classique et revient très souvent vers un son punk dont il maîtrise chaque note comme on peut l’entendre dans Living in Soho ou encore St Mark’s Place. Les guitares sont rapides, avec des riffs sévèrement burnés et très intéressants. Mais les meilleurs morceaux viendront des titres plus rock, faisant écho à des choses des années 70. On citera facilement Darkness Paradise, résolument le meilleur morceau de l’album avec une intro lente et un refrain surpuissant tout en guitare. Mais on peut aussi citer Can Be Late ou Bastard Song qui sont d’excellents titres.

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Mais fort de son savoir-faire, le groupe propose aussi des titres plus calmes. Ainsi, Antislavery fait directement penser à un morceau de fun, avec une ligne de basse omniprésente et une petite guitare rapide. Mais le groupe s’est surtout fait connaître pour ses morceaux avec des chorales. Ainsi, Ghost est le hit du groupe dont l’enregistrement avec une chorale à Taratata a fait beaucoup d’émules. Bien évidemment, ces titres sont bien plus pop et ne sont présents que pour assurer au groupe une certaine visibilité, mais aussi une crédibilité, en montrant qu’ils peuvent faire autre chose que du rock énergique, voire hyperactif. On retrouve dans le même genre Do It Again qui sera un autre succès ou encore Cup of Coffee mais avec des chœurs plus adultes.

Néanmoins, le skeud n’est pas parfait puisqu’il peut paraître assez redondant. Certains titres semblent se ressembler à cause d’un rythme rapide et les différentes versions de Cup of Coffee deviennent vite pénibles. Certains titres sont plus faiblards que d’autres car moins marquants comme Mirror ou Give Me Your Life.

Au final, Can Be Late, le deuxième album de Skip The Use est un bon cru et redore le blason du rock français qui était bien en berne ces derniers temps. Energique, rapide, positif, technique, le groupe montre tout son talent mais aussi toute sa diversité en présentant de titres variés allant voir dans d’autres styles. Bref, c’est du bon !

  1. People in the Shadow
  2. Can Be Late
  3. Ghost
  4. Antislavery
  5. The Face
  6. Do It Again
  7. P.I.L
  8. Fallin’
  9. Give Me Your Life
  10. Darkness Paradise
  11. Enemy
  12. Cup of Coffee
  13. Mirror
  14. Bastard Song
  15. Cup of Coffe Radio Edit
  16. Living in Soho
  17. St Mark’s Place
  18. Song 2

Note : 15/20

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=-rblfEWp-0c[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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