septembre 27, 2022

Amsterdamned

MERES ET FILLES_Argu

De : Dick Maas

Avec Huub Stapel, Monique Van de Ven, Serge-Henri Valcke, Tanneke Hartzuiker

Année : 1988

Pays : Pays-Bas

Genre : Thriller

Résumé :

Le corps d’une jeune femme est retrouvé dans un des canaux d’Amsterdam. Elle a été victime d’un crime affreux. Erik Visser est chargé de l’enquête quand d’autres crimes de même nature sont commis.

Avis :

La Hollande n’est pas que l’autre pays du fromage. Comme tout pays qui se respecte, l’industrie du cinéma est présente et certains réalisateurs essayent de se faire un nom, dans leur propre pays mais aussi à l’international. Dick Maas est un cas un peu particulier. En effet, dès son premier film il rencontre un gros succès. L’Ascenseur, film d’horreur mettant en scène un ascenseur devenu cinglé gagne le grand prix du festival d’Avoriaz (Gérardmer maintenant) et propulse le cinéaste néerlandais sur le devant de la scène. C’est alors qu’après une comédie passée inaperçue, il sort Amsterdamned, un thriller malin qui emprunte à plusieurs genres dont l’horreur et le giallo. Le film connait d’ailleurs un petit succès. C’est alors que le bonhomme disparait pendant presque 10 ans pour revenir vers un cinéma hollywoodien avec des films plus conventionnels comme Issue de Secours ou L’Ascenseur Niveau 2. Mais que s’est-il passé durant ces dix ans ? La réponse est assez simple, on n’en sait rien et on s’en fout. Le réalisateur est assez timide en ce moment, n’ayant proposé que Saint en 2010, un mélange d’horreur et d’humour assez moyen. Amsterdamned est-il le dernier coup d’éclat du cinéaste ?

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Attraction à Amsterdam, la gymnaste dans les bateaux.

L’histoire d’Amsterdamned et relativement simple. Le film débute avec le meurtre violent d’une prostituée où le seul témoin et une clocharde. Le corps est retrouvé le lendemain, pendant mollement au bout d’une corde. Le commissaire Visser est mis sur l’enquête. Les meurtres se succèdent, et le seul point commun reste les canaux. La pression commence à monter et le maire veut des résultats. Visser va alors mettre les bouchées doubles pour coincer ce monstre qui sévit sous les eaux. Rien de bien compliqué dans tout ça, on est dans un pur thriller avec une enquête qui sera rondement menée. Ben entendu, le film tient grâce au mystère entourant le tueur. Comme dans tout giallo, on se doute que le meurtrier est dans l’entourage du commissaire et on essaye de deviner de qui il s’agit, rendant le film presque interactif.

Si le scénario demeure classique, la réalisation est vraiment intéressante. Dick Maas propose des plans innovants, s’inspirant surement du cinéma américain mais aussi et surtout du cinéma italien. Parmi les inspirations, on pourrait citer Dario Argento à l’époque de ses Giallos (Les Frissons de l’Angoisse, Le Chat à Neuf Queues…), et le néerlandais propose une ambiance humide du plus bel effet. Certains moments sont vraiment stressants, comme lorsque les deux enfants se rendent dans le repaire du tueur, où le reflet de l’eau et la lumière bleue ajoutent une chape lourde au-dessus de leur tête. La scène lorsque le bateau coule est aussi un exemple du genre. Ainsi, grâce à un scénario simple mais prenant et une réalisation soignée, le film prend une dimension intéressante et accroche le spectateur.

L’autre point important et réussi concerne les personnages. En premier lieu, on peut s’intéresser au commissaire Visser. Interprété par Huub Stapel, la mascotte de Dick Maas, le personnage est très intéressant car il est mystérieux et attachant à la fois. Plutôt beau gosse, on s’attache rapidement à lui grâce à sa situation, célibataire avec une adolescente à la maison, mais aussi sa façon de draguer. Il demeure très charismatique et campe un héros parfait. A ses côtés, Monique Van de Ven tient la route en sculpturale blonde et fait partie de ses personnages que l’on aime bien dès le départ. Les personnages secondaires ne sont pas en reste et tous tirent leur épingle du jeu, du spécialiste de plongée fort sympathique à l’acolyte maigre et à lunettes qui est plutôt drôle. Bref, malgré un casting essentiellement hollandais, les acteurs sont bons et le film fonctionne grâce aux personnages plutôt bien brossés.

Enfin, si le film est franchement bien, c’est grâce aux situations et à la résolution de l’enquête. Le film ne connait aucun temps mort. On avance très vite, il y a à chaque fois quelque chose à repérer, à prendre ou à suivre. On ne s’ennuie pas un seul instant. De plus, certaines scènes sont franchement intéressantes, comme la poursuite en hors-bord dans les canaux d’Amsterdam ou la bagarre sous-marine. Maintenant, et malgré des meurtres, le film n’est pas du tout gore. Bien au contraire, on ne verra quasiment aucune goutte de sang. Si un homme se fait décapiter, on restera sur du subjectif. Il y a aussi une séquence de folie qui fait directement écho au film de Wes Craven, Les Griffes de la Nuit, mais avec un couteau. Cette est vraiment très bien foutue même si on sent vraiment la référence. Enfin, le tueur en lui-même est assez mystérieux et son costume fonctionne plutôt bien, le rendant vraiment énigmatique. La résolution arrive un peu vite mais on aura un twist final assez plaisant.

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Ce masque provient d’un moule de poupée gonflable non ?

Au final, Amsterdamned est un thriller vraiment efficace et rondement mené. Empruntant à divers genres comme le giallo pour son meurtrier secret mais aussi à l’horreur avec certaines séquences flippantes et au policier, le métrage se suit avec un certain plaisir et n’a pas beaucoup vieilli. Il montre aussi que Dick Maas n’est pas un manchot et qu’il peut instaurer une ambiance certaine dans ses films. Bref, un film que l’on peut conseiller.

Note : 16/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=mLBDEHe_AjY[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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