janvier 27, 2022

Iron Man 2

De : Jon Favreau

Avec Robert Downey Jr., Gwyneth Paltrow, Don Cheadle, Scarlett Johansson, Mickey Rourke

Année : 2010

Pays : Etats-Unis

Genre : Super-Héros

Résumé :

Le monde sait désormais que l’inventeur milliardaire Tony Stark et le super-héros Iron Man ne font qu’un. Malgré la pression du gouvernement, de la presse et du public pour qu’il partage sa technologie avec l’armée, Tony n’est pas disposé à divulguer les secrets de son armure, redoutant que l’information atterrisse dans de mauvaises mains. Avec Pepper Potts et James « Rhodey » Rhodes à ses côtés, Tony va forger de nouvelles alliances et affronter de nouvelles forces toutes-puissantes…

Avis :

C’est en 2008 que Marvel débute ce que l’on appellera plus tard le MCU. Afin de s’attirer un public avide de super-héros, c’est Iron Man qui va ouvrir le bal, avec un étonnant Robert Downey Jr. qui a subi une belle métamorphose physique. Dès lors, le succès est au rendez-vous, le film ayant fait un carton au box-office (585 millions de recette pour un budget de 140 millions environ). Accompagné de L’Incroyable Hulk de Louis Leterrier, mais aussi de Captain America – First Avenger de Joe Johnston, il n’en fallait pas plus pour lancer une machine de destruction massive, qui allait nous proposer plusieurs films de super-héros par an. C’est donc en toute logique qu’un deuxième épisode des aventures d’Iron Man sort sur les écrans, avec la même équipe aux manettes, et un changement majeur, War Machine, qui est joué par Don Cheadle et non plus Terrence Howard.

Des choses à raconter ?

Faire une suite pour des questions financières, on sait ce que cela peut donner. Un produit aseptisé, qui n’a pas de raisons d’être, si ce n’est d’attirer le chaland dans les alles obscures. De ce fait, même si on aurait tendance à faire confiance à la même équipe qui a réalisé le bon premier opus, on reste frileux sur les intentions de ce métrage. Car si le premier pouvait se voir comme un pamphlet contre la fabrication d’armes et une critique à charge de l’Amérique qui nourrit les terroristes, que pouvait bien nous raconter Tony Stark dans son armure flambant neuve ? Et c’est rapidement que l’on va voir que cette suite n’a pas grand-chose dans le ventre, et va ressasser inlassablement le même thème, la vente d’armes c’est mal, exploiter les hommes, c’est mal, et que finalement, Stark continue de fabriquer ses propres ennemis.

Ainsi donc, alors que Tony Stark a avoué au monde entier qu’il était Iron Man et qu’il se la raconte dans une exposition qu’il a orchestrée, il se fait sauvagement attaquer par un illustre inconnu qui manie le fouet électrique comme personne. Cet homme, Whiplash, veut se venger de Stark le père en tuant le fils, car son père a été abandonné par l’industrie, il y a quelques années de cela. Rapidement arrêté, Whiplash va se faire délivrer par un vendeur d’armes concurrent de Stark, pour qu’il construise des robots de guerre, afin de faire la nique à tout le monde. Bien évidemment, les choses ne vont pas dérouler comme prévu. Menace venue du passé, trahison, manipulation et guéguerre d’égos, voilà le programme de cette suite qui ne va pas tenir toutes ses promesses.

Poudre aux yeux

La première chose qui frappe avec ce scénario, c’est la construction complètement anémique du grand méchant. Ou plutôt des deux grands méchants. Dès le départ, pendant le générique, on nous balance une présentation bâclée de Whiplash. On y voit un russe qui enterre son père, et qui décide d’utiliser la technologie de Stark pour se faire une armure. IL fonce alors à Monaco pour tenter de tuer Tony Stark, alors en pleine course automobile. Arrêté, ce méchant va se faire embaucher par un vendeur d’armes pédant et pénible, et il va laisser ce bon vieux Stark tranquille. Son évolution n’a aucun intérêt, puisqu’à aucun moment il ne devient attachant ou véritablement détestable. Pire, il devient anecdotique quand il construit ses robots dans son hangar. La menace n’est donc qu’une poudre aux yeux. Et il en va de même pour le deuxième « méchant », Justin Hammer.

Voulant jouer une fois de plus la carte du vendeur d’armes méchant, Iron Man 2 s’engonce dans un discours que l’on a déjà entendu plusieurs fois et qui ne réinvente rien. Ici, on nous place un petit roquet qui ne sert à rien, qui est ridicule et qui se prend même une mandale par une femme. Le personnage est inexistant, pénible, et même le génial Sam Rockwell semble avoir du mal à lui donner du corps. Et dire que c’est Al Pacino qui devait tenir le rôle au départ… Par-delà le côté anti-arme, Iron Man a la chance de s’illustrer par quelques personnages plus intéressants, et d’intégrer en son sein Black Widow. Son passage sera une petite bouffée d’air frais, ajoutant un semblant d’espionnage à l’ensemble. Elle permettra aussi de faire le lien avec les autres films du MCU, même si ça reste minime.

Cœur creux

Enfin, si on outrepasse le ventre mou en son milieu, son méchant en carton et sa redite sur son fond pseudo militaire, Iron Man 2 a au moins le mérite d’approfondir un peu Tony Stark. L’homme possède une faiblesse, son cœur, et il est ici mis en avant par deux choses, sa maladie et Pepper. La relation entre les deux personnages évolue dans le bon sens et permet d’ajouter une pointe de romance, ce qui manquait un petit peu dans le premier opus. Mais surtout, on va voir que notre héros n’est pas infaillible, avec son sang qui s’empoissonne. Une course contre la montre pour survivre, qui va s’accélérer lorsqu’il devra faire un choix entre lui ou « l’humanité ». C’est dans ces moments que le héros devient intéressant, touchant, démontrant que sous la couche de métal, il y a un homme tout ce qu’il y a de plus normal.

Au final, Iron Man 2 reste tout de même une déception. Si l’introduction se veut percutante, le film va vite glisser dans un faux rythme bavard qui n’apporte rien au moulin. Oubliant complètement de créer un méchant digne de ce nom, Jon Favreau et ses scénaristes n’ont pas su installer un fond convaincant pour raconter une autre histoire que celle autour des armes ou de l’entreprise Stark. On reste dans les rouages du premier, mais avec un grain de sable qui vient bloquer la machine. Ce grain de sable, c’est la raison de cette suite, faite uniquement pour l’argent, qui n’approfondit jamais la mythologie du super-héros. Dommage.

Note : 11/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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