novembre 30, 2021

Black Box

De : Emmanuel Osei-Kuffour Jr.

Avec Mamoudou Athie, Phylicia Rashad, Amanda Christine, Tosi Morohunfola

Année : 2020

Pays : Etats-Unis

Genre : Thriller, Horreur

Résumé :

Mamoudou Athie joue un père veuf atteint de trous de mémoire suite à un accident. Pour en guérir, il s’engage à suivre un traitement unique : grâce à un dispositif de réalité virtuelle, il est transporté dans son subconscient. Cette sorte d’hypnose 2.0 va l’obliger à combattre ses démons mais aussi à découvrir de lourds secrets.

Avis :

Durant le mois de d’Octobre 2020, la plateforme de streaming Prime Video avait eu une petite idée pour fêter Halloween avant l’heure. Proposer quelques petits films produits par Blumhouse et les mettre en exclusivité sur le service de VOD. Dès lors, les fans d’horreur abonnés furent aux anges, mais les retombées ne furent pas forcément bonnes. Lorgnant plus du côté du petit thriller que de l’horreur pure, parmi les sorties, peu ont fait du bruit et c’est dans l’indifférence quasi complète que ces films (au nombre de six) sont sortis. Parmi ces titres, Black Box faisait office de petite curiosité. Sorte de mélange entre du Jordan Peele et un épisode de Black Mirror, le film d’Emmanuel Osei-Kuffour attisait la curiosité, autant que la méfiance. Surfer sur une vague de succès n’est pas toujours le truc le plus intelligent à faire. Qu’en est-il vraiment ?

Hypnose 2.0

Le film propose de suivre Nolan, un jeune père qui a eu un accident de voiture coûtant la vie à sa femme et à sa mémoire. Nolan suit plusieurs thérapies pour retrouver les gestes du quotidien, mais il galère. Il ne se reconnait même plus lui-même. Il est alors présenté à une nouvelle scientifique qui travaille sur une machine d’hypnose capable de lui faire trouver la mémoire. Sauf qu’au fil des séances, Nolan renoue avec un passé qui lui semble étranger et le cauchemar n’est pas près de s’arrêter. Personnage en perdition, drame familial avec une petite fille qui essaye d’aider son père, scientifique étrange et technologie de pointe, voilà un cocktail qui aurait pu trouver sa place dans la série britannique Black Mirror. Sauf qu’avec Black Box, c’est étiré sur plus d’une heure et demi et le résultat reste en demi-teinte.

Le quotidien de ce père est plutôt bien retranscrit et tout le début du film s’évertue à montrer un monde cruel dans lequel il n’arrive pas à évoluer. Son boulot le rejette après son accident, sa fille commence à être agacée par certains oublis, et même son meilleur ami se lasse un petit peu des errements de son camarade. Cette plongée en enfer démontre toutes les difficultés que peuvent rencontrer les amnésiques dans leur quotidien, et le monde ne leur fait pas de cadeau. Dès lors, une solution semble se présenter avec une nouvelle technique d’hypnose, la Black Box, un casque virtuel qui permet de revivre des moments de son passé. Sauf que le casque en question va mettre Nolan encore plus en désordre psychologique, ne se reconnaissant pas dans ces moments du passé. Violence envers sa femme, bébé qui pleure, créature énigmatique, tout vient bousculer son quotidien.

Pas de thé

Bien évidemment, face à un tel film, on pense à Black Mirror, mais pas que. En effet, derrière ses atours de petit techno-thriller à tendance horrifique, on peut aussi y voir les références aux films de Jordan Peele. Le fait que le film ne soit qu’avec des acteurs noirs y est certainement pour quelque chose, mais l’ajout de l’horreur dans le quotidien n’y est pas pour rien non plus. Nolan commence à perdre pied lorsqu’il commence ses séances d’hypnose, et on pense irrémédiablement à Get Out. Pas de tasse de thé cette fois-ci, ni un pamphlet contre le racisme, mais un élément psychologique qui vient troubler la vie d’un patient. Un homme en perte de repères, en quête de soi, et qui va se faire piéger par une personne dominante. Une personne qui fait les choses de façon intéressée, ici, non pas pour briller, mais pour faire revenir quelqu’un d’autre.

Le film prend une autre dimension lors de sa seconde moitié. La thématique sur la quête de soi, de son passé, change pour laisser place à ce que l’on pourrait appeler la seconde chance. Le film dérive gentiment vers de la science-fiction de bas étage pour livrer une réflexion sur le fait que l’on ne change pas. Quelqu’un de mauvais, de jaloux, restera cette mauvaise personne, même s’il revient à la vie. Le film piétine alors pour montrer cela, avec de gros sabots, histoire de bien assoir son point de vue. Le film, qui se voulait assez intelligent dans son démarrage, se fait lourd et surtout très rapide. La tension n’a pas le temps de s’installer et on se retrouve dans un autre métrage qui n’appuie pas assez son horreur pour présenter un nouveau personnage et ses dérives violentes.

Contorsion

Black Box devient alors un film vide, qui va trop vite vers son dénouement, sans créer un fond plus percutant et intéressant. D’ailleurs, c’est l’un des principaux reproches que l’on peut faire au film, celui de ne jamais aller au bout des choses, que ce soit dans la présentation des personnages aux évènements qui bercent une vie tumultueuse et tragique. La partie thriller est expédié manu militari. Le côté drame souffre d’un montage trop rapide et saccadé. Et la partie horreur, lorsque ce pauvre Nolan se retrouve dans ses souvenirs, manque de percussion et d’éléments qui prennent aux tripes. Cela est dû en partie à cause de deux choix. Celui d’une ambiance délétère pas assez poussée. Et celui d’une unique créature qui se contorsionne mais dont les apparitions ne sont pas assez travaillées pour susciter de l’intérêt et de l’angoisse.

Au final, Black Box résonne un peu comme un coup d’épée dans l’eau. Hormis citer ses références, le film peine à convaincre, la faute à des personnages pas forcément empathiques, une histoire qui ne va pas au bout de son concept et un twist qui se perd au bout de vingt minutes. C’est dommage, on sent qu’il y a de l’idée, les acteurs sont bons et avec un peu plus d’application, le film aurait pu être une bonne surprise. Mais en l’état, on sent une grande timidité dans l’horreur et un frein pour ne pas rebuter le grand public. Dommage, avec un peu plus de corones, on n’aurait pas fait la fine bouche.

Note : 10/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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