janvier 19, 2021

Marty

De : Delbert Mann

Avec Ernest Borgnine, Betsy Blair, Esther Minciotti, Augusta Ciolli

Année : 1955

Pays : Etats-Unis

Genre : Romance

Résumé :

Marty, un jeune homme solitaire, est à la recherche du grand amour.

Avis :

Réalisateur américain, Delbert Mann, c’est presque cinquante ans de cinéma. Il débute à la fin des années 40 et il livrera son dernier téléfilm en 1994. Delbert Mann, c’est des films comme « Un pyjama pour deux« , « Tables séparées » ou encore « Désir sous les ormes« . Si au début de sa carrière, on le retrouve à la télévision, pour son premier film de cinéma, Delbert Mann va frapper fort, puisqu’il va remporter une Palme d’Or et les Oscar plus que convoités du meilleur film et meilleur réalisateur… Rien que ça. De plus, il inscrira ce premier film comme un classique du cinéma américain.

Ce premier film, c’est « Marty » et dire que le film va tenir toutes les promesses qu’il fait depuis plus de soixante ans est un euphémisme. Bouffée d’air frais, rayon de soleil, vecteur de bonne humeur, « Marty » est un bijou incroyable. C’est un film magnifique, drôle, touchant et tellement juste. Pour son premier film, qui est l’adaptation d’un téléfilm que Delbert Mann avait produit deux ans plus tôt, le réalisateur américain livre-là une ode à la tolérance qui est emportée par un immense Ernest Borgnine, qui reçut pour l’occasion un Oscar du meilleur acteur amplement mérité. Coup de cœur, coup d’amour, « Marty« , soixante-cinq ans après sa sortie, n’a absolument rien perdu de sa superbe.

Marty est un bon boucher. Marty a trente-quatre ans et c’est le benjamin d’une fratrie de six frères et sœurs. Marty habite toujours chez sa mère et il n’est pas marié, ce qui est une honte. Marty est un homme ordinaire, qui a tendance même à se trouver laid. Marty a bien essayé de draguer les filles, il rêve d’ailleurs d’une histoire d’amour, mais rien n’y fait et aujourd’hui, Marty a renoncé. Marty sera alors un vieux garçon, c’est comme ça. La mère de Marty ne désespère pas et elle le pousse à sortir et ce soir-là, alors qu’il pensait passer une soirée de rejet et de chagrin, Marty va faire une rencontre…

Il y a des films dont la réputation n’est plus à faire, et « Marty » fait partie de ceux-là. Classique du cinéma américain, le premier long-métrage de Delbert Mann traverse les décennies avec une aisance et une aura assez folle et à l’heure où je le découvre, « Marty » vient tout simplement de me mettre une claque remplie d’amour. Une claque comme j’adorerais en prendre plus souvent.

Merveilleux, d’une tendresse folle, addictif, drôle et en même temps si touchant, « Marty » est un bijou fabuleux qui m’a fait du bien, beaucoup de bien.

« Marty« , quand on y regarde comme ça, est un film assez banal sur le papier. Un fils à maman cherche l’amour même s’il n’y croit plus vraiment. Rien d’incroyable et pourtant, avec ce pitch banal, Delbert Mann livre-là sûrement l’un des films les plus justes et romantiques en son genre.

Ce qui est superbe avec « Marty« , c’est la finesse de son écriture. C’est la justesse avec laquelle le réalisateur aborde les sentiments de son personnage. À travers cette histoire très simple, Delbert Mann arrive à en tirer quelque chose de très fort et très beau. « Marty » bouleverse parce qu’il est simple, et cette simplicité est sa plus grande force. « Marty« , c’est monsieur et madame tout le monde, chacun peut s’y reconnaître et s’y attacher. À travers ces personnages et cette rencontre, « Marty » est un film qui parle aussi bien de l’amour que de la confiance en soi ou encore du regard des autres, et même son propre regard. Le regard qu’on pose sur soi mais aussi le regard qu’on pose sur les autres. Qui est laid, qui est beau, quels sont les codes, les conditions à remplir dans une case, dans celle des branchés, celle des populaires ? « Marty » aborde cette vision avec tellement de vérité que l’ensemble en est bouleversant. Très simple, voire même évident, le scénario de « Marty » est pourtant passionnant et jusqu’à la fin, jusqu’à son dernier plan, ces dernières répliques, Delbert Mann et Ernest Borgnine nous tiennent passionné et ému, avec l’envie folle de voir son personnage s’accepter, vivre enfin l’amour.

Ce qui est passionnant avec « Marty« , c’est aussi et surtout son acteur principal qui est absolument fabuleux dans la peau de ce personnage. Ernest Borgnine est la tendresse même. Marty, c’est un personnage qu’on adore dès qu’il apparaît, tant Ernest Borgnine est lumineux. On adore le voir douter, on est touché par sa maladresse ou encore l’image qu’il se renvoie à lui-même. Il est beau dans ce rôle, il nous offre une nouvelle facette de lui et plus largement, l’acteur nous fait du bien, car tant de sincérité et de simplicité touche au plus profond. Puis il n’y a pas que lui qui fait des merveilles ici, et l’on sera aussi beaucoup touché par Betsy Blair, qui incarne une vieille fille qui est dans le même état que Marty. Leur rencontre est vraiment hors du temps et se pose comme l’un des morceaux de cinéma les plus romantiques qu’on ait vus. Enfin, il ne faut pas oublier Esther Minciotti et Augusta Ciolli qui, dans le rôle de la mère de Marty pour l’une et la tante de Marty pour l’autre, sont presque à mourir de rire, tant l’une est incohérente et l’autre est une vraie langue de vipère, dont la solitude est touchante.

Romantique à souhait, naviguant entre la comédie et la comédie dramatique, ce premier film signé Delbert Mann a un charme dingue. Entre simplicité et vérité, « Marty » nous fait tout simplement fondre d’amour et bien plus que de se poser comme un classique incontournable des années 50 et du cinéma américain, « Marty » se pose comme un chef-d’œuvre intemporel qui soixante-cinq ans après sa sortie parle toujours aussi bien des sentiments amoureux, du regard des autres, de son propre regard, du paraître et de l’amour tout simplement.

Note : 20/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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