novembre 29, 2021

Far Cry 4

Résumé :

Le joueur se place dans la peau d’Ajay, originaire d’une région himalayenne, Kyrat. Lors de son retour sur ses terres natales, Ajay se retrouve au cœur d’une rébellion contre le dictateur Pagan Min, rébellion à laquelle il prend part.

Avis :

En marge de Battlefield et Call of Duty, la saga Far Cry constitue l’une des valeurs sûres des FPS. Au fil des jeux, Ubisoft conserve les fondamentaux du genre et de sa série tout en renouvelant le cadre et le contexte. De plus, les titres se sont progressivement orientés vers le domaine de l’open-world. En cela, l’évolution de la franchise est beaucoup plus évidente que celle de ses concurrents directs. Par la même, Far Cry ne se focalise pas sur les modes multijoueurs en bâclant la campagne. La franchise constitue également une expérience solo qualitative qui, avec ce quatrième opus, se situe au cœur de l’Himalaya, dans la province fictive du Kyrat.

Un peu de géographie et de géopolitique

Pour mieux se distinguer d’autres blockbusters vidéoludiques, Far Cry s’est très vite immiscé dans un contexte librement inspiré de la réalité. Avec Far Cry 2, on se situait dans une région fictive d’Afrique noire minée par la guerre civile. Pour Far Cry 3, il s’agissait de contraster l’atmosphère paradisiaque des îles du Pacifique avec l’irruption de pirates. Il s’en dégage un sentiment d’oppression du peuple qui, au fil des années, est devenu l’un des éléments identitaires de la saga.

Aussi, Far Cry 4 ne déroge pas à la règle. Bien au contraire, la mise en place développe la situation politique locale au Kyrat. En dépit du caractère fictif de l’intrigue, il est aisé de faire le parallèle avec le Tibet et ses « relations » avec la Chine. Au demeurant, le jeu fourmille de détails évocateurs pour dépeindre la tyrannie ambiante, ne serait-ce qu’à travers des spots radios, des affiches de propagande ou les fréquentes échauffourées entre l’armée et les rebelles.

Une lutte manichéenne du pouvoir prévisible

Si le contexte s’avère soigner et particulièrement immersif, l’intrigue exploite des standards relativement prévisibles. Les tenants et les enjeux s’assimilent rapidement, tandis qu’il est aisé de différencier les intervenants à travers leur rôle respectif et leurs motivations. Antagoniste haut en couleur, le dictateur Pagan Min joue la carte de l’excentricité. En dépit de ses caprices et de sa cruauté, il n’y a pas le décalage tant escompté entre son comportement extraverti et ses actes. Les bases sont présentes, mais il aurait été appréciable d’exacerber le clivage sur ce point.

Dans une optique similaire, la dualité entre les différentes factions est évidente et ne souffre que de rares remises en question. On peut néanmoins évoquer une exception avec les méthodes dont est menée la rébellion. Selon les préférences du joueur, il est possible d’opter pour une approche frontale et sans subtilité où tous les moyens sont bons pour renverser le régime actuel. D’un autre côté, le combat peut se faire avec un certain sens de l’honneur et une volonté de préserver les traditions. Pour orienter la narration, il convient alors de privilégier les missions de Sabal ou d’Amita, les deux figures de proue de la rébellion.

L’art de diluer la mise en scène dans une narration linéaire

Si la campagne solo s’étend sur la durée, on dénote également une mise en scène sans grande fulgurance. Les cut-scenes font généralement office de présentations ou d’explications, le tout en conservant la vue subjective pour ne pas marquer de rupture avec les séquences de jeux. Quant au découpage de l’histoire en actes, le procédé tient davantage à des contraintes structurelles qu’à une montée en tension progressive due à un renversement latent du rapport de force entre les deux camps.

En cela, on retrouve l’un des principaux écueils des titres qui s’immiscent dans l’open-world. En raison de ses ambitions et d’une aventure de longue haleine, la qualité de la narration se dilue dans des intermèdes guère percutants ; quand bien même ils demeurent essentiels à la bonne compréhension des évènements. Certes, l’intérêt de ce type de jeu ne se situe pas principalement dans ces éléments, mais ils permettent de donner corps à une vision crédible d’un univers fantasmé.

Kyrat : une région vivante à découvrir sur terre, comme dans les airs

Au sortir de ces considérations, Far Cry 4 profite néanmoins d’une direction artistique de premier ordre. Entre les vallées verdoyantes et les reliefs escarpés des montagnes, le cadre himalayen du Kyrat est parfaitement retranscrit. Cela vaut pour l’évocation des coutumes ou encore la reconstitution d’une architecture typique. De villages traditionnels en découvertes de temples nichés dans les falaises rocheuses, sans oublier les excursions dans les plus hauts sommets enneigés, la variété des panoramas est au rendez-vous. Le titre propose plusieurs possibilités d’évolution avec des chemins abrupts, des détours à travers la flore environnante ou des raccourcis par les airs.

Pour ce faire, le joueur dispose de nombreux moyens de transport. Il peut s’agir d’un quad, d’un 4×4 ou, plus exotique, d’un deltaplane, d’un ULM et d’un aéroglisseur. Quel que soit le véhicule concerné, les commandes sont simples à maîtriser. Pour le pilotage, comme pour la conduite, le gameplay arcade assure un contrôle et des manœuvres faciles à appréhender. Leur usage est indispensable afin de parcourir une carte vaste aux paysages variés et aux secteurs plus ou moins hostiles à quelques digressions touristiques.

Quand le FPS fait sa loi et déploie un arsenal impressionnant…

Avec un environnement d’une telle verticalité, le gameplay de Far Cry 4 s’adapte et propose de sensibles améliorations par rapport à ses prédécesseurs. On songe à la possibilité de tirer tout en conduisant. Une fonction de pilote automatique est également disponible afin d’éviter toute sortie de route malencontreuse lors d’un affrontement au volant d’un véhicule. Très pratique, notamment quand on pourchasse des convois de l’armée de Pagan. Les séquences d’escalade sont aussi de la partie. Là encore, le grappin demeure simple à maîtriser et permet d’accéder à des raccourcis ou des zones isolées.

En ce qui concerne les combats, le jeu s’inscrit dans les standards actuels. Les déplacements sont fluides avec la possibilité de réaliser une glissade pour atteindre un abri sous le feu ennemi. La visée et le temps de chargement présentent des particularités selon l’arme sélectionnée. À ce titre, l’arsenal est particulièrement fourni en armes de poing, fusils d’assaut et autres catégories à la portée plus ou moins létale. Le joueur peut composer sa propre combinaison pour aborder une mission comme il l’entend.

Entre infiltration et attaque frontale : des missions qui s’adaptent à deux styles de jeu

En règle générale, la quête principale et les missions secondaires autorisent plusieurs approches. L’observation du terrain est une constante à respecter pour mieux appréhender chaque lieu occupé par l’ennemi. Par ailleurs, le jeu permet de privilégier des assauts frontaux, sans subtilité aucune, ou d’opter pour les techniques d’infiltration. Certes, l’intelligence artificielle n’est pas exceptionnelle. Cependant, les exécutions, les armes de lancer et les points d’accès tout-en-verticalité constituent autant de moyens de prendre l’ennemi par surprise. Une méthode essentielle pour attaquer les forteresses.

Pour ce qui est de la teneur des missions, Far Cry 4 offre une variété bienvenue. Bien que les enjeux demeurent similaires, le changement de cadre et l’évolution des objectifs permettent d’appréhender l’aventure sous de nombreux angles. Cela vaut aussi bien pour la défense d’un temple bouddhiste, la destruction de champs de pavots, la poursuite initiale après un accident de la route ou encore ces excursions en haute montagne. Mention spéciale aux incursions à Shangri-La qui ajoutent une tonalité spirituelle, voire surnaturelle, dans la découverte de la cité mythique.

Une multitude d’activités et de quêtes pour découvrir Kyrat sous toutes les coutures

Dans ces conditions, Far Cry 4 se montre particulièrement généreux. Le titre d’Ubisoft tranche radicalement avec la moyenne communément admise du genre. Et c’est ce qui demeure l’une des grandes forces de la franchise : soigner autant le solo que le multijoueur. La campagne principale nécessite entre 10 et 15 heures. La durée de vie se double aisément pour remplir les missions secondaires. Quant à découvrir tous les secrets du Kyrat, on lorgne du côté de 60 à 70 heures de jeu. Cela sans compter les nombreuses possibilités d’amélioration de son inventaire.

L’arsenal, déjà conséquent, dispose d’éléments de personnalisation. Les capacités de stockage peuvent aussi être revues à la hausse, même si pour cela, il est nécessaire de se mettre en chasse et d’occire la faune locale. On peut également rechercher les coffres, dénicher des objets de valeur, effectuer des courses chronométrées, libérer des otages ou encadrer des escortes, pour ne citer que quelques exemples. Chacun peut donc choisir son niveau d’implication, tout comme avoir la possibilité de découvrir la campagne en mode coopératif, sous réserve d’une connexion internet.

En conclusion…

De par le dépaysement qu’il propose et son approche en open-world, Far Cry 4 s’avance comme un FPS des plus recommandables. Certes, l’histoire et la réalisation demeurent basiques. Les fulgurances initiales cèdent rapidement la place à un rythme linéaire dans l’évolution des évènements et des personnages. Même si les méthodes pour renverser le pouvoir divergent d’un intervenant à l’autre, l’ensemble reste foncièrement manichéen et, par conséquent, prévisible dans la finalité des aboutissants.

Pour autant, le titre d’Ubisoft se distingue par un cadre somptueux où l’immersion est au rendez-vous. Cela tient autant à la variété des missions, la multitude d’activités proposées ou encore à la conduite de différents engins pour parcourir une carte à la superficie conséquente. Les développeurs consentent un effort évident pour diversifier le gameplay, ainsi que les approches. Entre infiltration ou attaques frontales, l’étendue des choix permet au joueur de se forger sa propre aventure pour explorer Kyrat à sa convenance ; l’espace d’une dizaine d’heures de jeu et plus si affinités…

Note : 15/20

Par Dante

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