novembre 28, 2021

Dr Harrow Saison 1

D’Après une Idée de : Leigh McGrath et Stephen M. Irwin

Avec Ioan Gruffudd, Mirrah Foulkes, Remy Hii, Robyn Malcolm

Pays : Australie

Nombre d’Episodes : 10

Genre : Policier

Résumé :

Le docteur Daniel Harrow, pathologiste, voit sa vie de famille, sa brillante carrière et sa vie menacés, et doit rassembler toutes ses forces pour taire un crime plutôt que de le résoudre.

Avis :

Au fil des saisons, les séries policières sont si nombreuses qu’il est souvent difficile de retirer le bon grain de l’ivraie. Sur la base d’un panel de protagonistes plus ou moins anticonformistes, les enjeux présentent des similarités évidentes. Si la police scientifique est désormais incontournable dans le domaine, la médecine légale l’est tout autant. Le concept initial n’a pas manqué d’inspirer d’autres productions télévisuelles semblables, comme Preuve à l’appui ou Affaires non classées. En parallèle de l’incursion austère et dépressive de Coroner, Dr Harrow constitue une nouvelle initiative susceptible de toucher un plus large public.

Réalisée en Australie, la présente série ne se distingue pas forcément par son exotisme ; dans tous les sens du terme. D’un point de vue géographique, on reste majoritairement ancré dans les grandes villes qui rappellent leur pendant américain de la côte californienne. Sur le plan formel, il est vrai que l’intrigue ne possède rien de révolutionnaire ni de foncièrement original. La structure narrative s’axe sur des enquêtes épisodiques, menées par un fil rouge qui se présente sous la forme d’une affaire de disparition. Celle-ci demeure intéressante à appréhender puisqu’elle remet en cause les valeurs morales et professionnelles du protagoniste.

Construite sous forme d’une énigme criminelle, la ligne directrice parsème à intervalles réguliers les révélations et les découvertes qui découlent des investigations. Cela influe sur le caractère ambivalent du principal intéressé, ainsi que sur le rapport entre les personnages. On devine un écheveau plus complexe que dépeint dans l’introduction du pilote. Afin d’éviter tout essoufflement, les éléments perturbateurs et les méthodes d’investigation empruntent des pistes de réflexion judicieuses. Contrairement à des productions similaires, cet aspect de la série occupe une réelle importance, s’apparentant au liant pour rapprocher les différents épisodes.

En ce qui concerne les autres enquêtes, elles demeurent bien menées, mais se révèlent inégales dans leur intérêt et leur construction. Le Blues du crocodile interpelle par l’incongruité de l’affaire, tandis qu’Intouchable suggère une certaine frustration, eu égard à ce sentiment d’inachevé. On consent aussi un effort sur les supports et les techniques d’investigation, mais certains éléments surviennent de manière inopinée et fortuite. Ce qui rend parfois les résolutions abruptes et faciles au regard des moyens déployés pour se rapprocher des criminels. La complexité apparente débouche alors sur un détail anodin qui constitue à lui seul la clef des enquêtes et, le plus souvent, ne nécessite aucune compétence particulière pour le découvrir.

Il est vrai que la série fait de nombreuses concessions avec un traitement réaliste. Ce n’est pas la rigueur ni les connaissances mises à contribution qui sont en cause, mais plutôt des problèmes de juridictions ou des largesses entre les différents services. Certes, cela fait écho à l’anticonformisme du docteur Harrow. On a toutefois l’impression que l’homme est accaparé par le travail de terrain et non par l’étude des corps en salle d’autopsie ou des analyses en laboratoire. La série n’aurait toutefois pas la même orientation ni la même ambiance. Son traitement aurait néanmoins gagné à davantage équilibrer les aspects techniques et pratiques dans la palette de talents du personnage principal.

Au final, Dr Harrow est une série policière honnête, à défaut d’être foncièrement originale. Si le caractère atypique du protagoniste est correctement développé, il commence à devenir une redite pour se démarquer de productions concurrentes. On distingue aussi un intérêt fluctuant entre une ligne directrice qui lorgne vers Dexter et des enquêtes indépendantes moins complexes dans leurs aboutissants et leur progression respective. Si l’on occulte ses facilités narratives et quelques itérations humoristiques pas forcément de circonstances, il en ressort une incursion appréciable pour les amateurs du genre.

Note : 14/20

Par Dante

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