novembre 30, 2021

Le Trésor du Petit Nicolas – Sempé Tillant

De : Julien Rappeneau

Avec Ilan Debrabant, Jean-Paul Rouve, Audrey Lamy, Pierre Arditi

Année : 2021

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Dans le monde paisible du Petit Nicolas, il y a Papa, Maman, l’école, mais surtout, sa bande de copains. Ils s’appellent Les Invincibles, mais ils sont avant tout inséparables. Du moins le pensent-ils. Car quand Papa reçoit une promotion et annonce que la famille doit déménager dans le sud de la France, le petit monde de Nicolas s’effondre.

Comment imaginer la vie sans ses meilleurs amis ? Sans les croissants d’Alceste, les lunettes d’Agnan, les bêtises de Clotaire, loin de leur cher terrain vague ? Aidé par ses copains, Nicolas se met en quête d’un mystérieux trésor qui pourrait lui permettre d’empêcher ce terrible déménagement.

Avis :

Fils du réalisateur Jean-Paul Rappeneau, Julien Rappeneau a tout d’abord connu une bien jolie carrière en tant que scénariste, collaborant sur des films d’Eric Lartigau, Olivier Marchant, Régis Wargnier, Jérôme Salle, Florian Emilio Siri, et bien sûr, sur les derniers films de son père. En 2015, Julien Rappeaneau décide d’ouvrir une nouvelle porte, celle de la réalisation, et livre un premier film qui se pose comme un petit bijou d’humour et de sensibilité. Ce premier film, c’est « Rosalie Blum« , film tenu par une excellente Noémie Lvovsky. Avec un si joli film en ouverture de carrière, Julien Rappeneau était attendu au tournant et il n’a pas réussi le dit tournant, car son deuxième film, « Fourmi« , avait grandement déçu.

Deux ans après cette déception, Julien Rappeneau fait son retour dans les salles et cette fois-ci, il s’attèle à faire revivre « Le petit Nicolas« . Julien Rappeneau succède donc à Laurent Tirard qui a déjà mis en boite deux aventures du « … petit Nicolas« . Voulant autre chose, pour ce troisième opus sur le personnage créé par Goscinny et Sempé, Julien Rappeneau a tout revu et livre un film assez partagé. Un film plein de défauts et de maladresses, mais malgré ça, il livre aussi un film qui se fait attachant et arrive même à livrer un final aussi magnifique qu’étonnant. Si ce troisième « … petit Nicolas » ne sera pas le meilleur, il rattrape toutefois le précédent film du metteur en scène.

Nicolas partage sa vie entre l’école et ses jeux avec sa bande de copains, les invincibles. Si sa vie est paisible, elle va se trouver chamboulée lorsque son père se voit offrir une promotion et devenir directeur d’une entreprise que son patron vient de racheter. Ainsi, pour cela, la famille doit déménager dans le sud de la France, ce qui veut dire pour Nicolas qu’il doit quitter sa bande de copains. Pour le petit garçon, son monde s’écroule, et il ne sait comment faire pour empêcher ce déménagement. Comme la vie fait bien les choses, Nicolas va entendre parler d’un trésor viking qui serait enterré dans la région. Si Nicolas trouve le trésor, alors ses parents auront beaucoup d’argent et ils ne déménageront plus, et c’est ainsi qu’avec les Invincibles, Nicolas se lance à la recherche de ce trésor.

Pour remettre dans le contexte, je dois bien avouer que j’apprécie assez les deux films de Laurent Tirard, car même s’ils ne sont pas de grands moments de cinéma, Laurent Tirard avait livrer d’honnêtes divertissements, qui avaient réussi à créer un bel attachement avec ses personnages, ainsi qu’un univers sympathique.

Pour ce troisième opus des aventures du « … petit Nicolas« , ce nouveau film, qui intervient sept ans après le dernier film de Laurent Tirard, véhiculait avec lui pas mal de craintes. Si le précédent film du réalisateur avait laissé un goût très salé en bouche, c’était surtout l’idée de changer les parents du petit écolier qui avait bien du mal à passer sur le papier. Il faut dire que Kad Merad et Valérie Lemercier avaient réussi à créer quelque chose, et on avait bien du mal à voir Jean-Paul Rouve et Audrey Lamy dans les rôles. Rouve et Lamy n’arrivent pas à égaler Merad et Lemercier, offrant des personnages auxquels on s’attache assez peu, et qui au-delà de ça, laisse une impression de forcer sur le trait.

Pour autant, malgré ce petit point négatif, le reste du film de Julien Rappeneau arrive à bâtir son petit chemin, et entre des défauts qui vont être parfois pesants (un humour parfois lourd (la scène de présentation du nouveau directeur, au secours !) et qui tombe à plat, une facilité dans l’intrigue autour des parents et du déménagement, et parfois un sentiment de tourner en rond pour aller jusqu’à la fin) et ses qualités, ce « … trésor du petit Nicolas » arrive finalement à nous amuser, nous divertir et même nous toucher avec, comme je le disais, un final des plus superbes, qui en plus de ça, est assez étonnant pour un film comme « Le petit Nicolas« .

Plus que ses côtés négatifs, on préféra retenir les points positifs du film de Julien Rappeneau, et ce « … trésor du petit Nicolas » en tient plus d’un. Si tout ce qui tourne autour des adultes reste assez mitigé, tout ce qui tourne autour des gamins est très amusant et bien ficelé. L’idée de partir à la recherche de ce trésor, vu à travers les yeux et les réflexions des enfants, apporte un côté touchant à l’histoire et l’on peut même dire que cette chasse au trésor, qui sera peuplée de petites embûches et de belles découvertes, a de quoi nous amuser et nous tenir jusqu’à la fin. Puis, si cette chasse aux trésors fonctionne bien aussi, c’est grâce à ces personnages très attachants, tenus par une bande de gamins convaincants et adorables. Bien sûr, parmi tous les gamins, le jeune Ilan Debrabant, dans la peau du célèbre écolier, tient une très grande partie du film sur ses petites épaules. Le jeune garçon est plein de malice, de vie, et il compose un petit Nicolas très attachant.

Parmi les seconds rôles à retenir chez les adultes, il y a Grégory Gadebois (qui est décidément partout en ce moment) qui campe à merveille Le Bouillon. À noter aussi Noémie Lvovsky, Philippe Uchan, Lise Lametrie, ou encore Pierre Arditi qui s’en sortent très bien. On restera plus partagé sur Jean-Pierre Darroussin et Adeline D’Hermy, qui sont respectivement le directeur de l’école et la gentille maîtresse.

Si du côté de la mise en scène, le film de Julien Rappeneau a quelques baisses de régime et des lourdeurs dans son humour. S’il a aussi des problèmes pour faire exister vraiment certaines de ses intrigues (dans le sens où quand il y revient, on se rend compte qu’on les avait déjà oubliées, le coup des sifflets volés par exemple), « Le trésor du petit Nicolas » tient une bonne ambiance et de jolies scènes pleines de regards d’enfants où bêtises, bravoure et amitié sont les maîtres mots. Puis comme je le disais, il y a ce final, qui en étonnera plus d’un.

Se rattrapant de son film précédent, pour son troisième métrage, Julien Rappeneau livre là un petit divertissement qui, lorsque l’on conjugue ses défauts, ses maladresses, ses changements compliqués et ceux réussis, ses qualités et son petit charme, le réalisateur arrive à livrer un petit film somme tout sympathique. Sûrement pas l’essentiel de la semaine (qui restera « Illusions perdues » de Xavier Giannoli), mais face à d’autres comédies françaises sorties ou à venir cette année, ce « … trésor du petit Nicolas » reste un honnête divertissement, qui s’inscrit dans la lignée des films de Laurent Tirard.

Note : 12/20

Par Cinéted

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