novembre 29, 2021

Player

D’Après une Idée de : John Rogers

Avec Philip Winchester, Charity Wakefield, Wesley Snipes, Damon Gupton

Pays : Etats-Unis

Nombre d’Episodes : 9

Genre : Policier

Résumé :

A Las Vegas, Alex Kane, un ancien sniper devenu agent de sécurité réputé qui vient de perdre sa femme, est plongé au cœur d’une mystérieuse conspiration. Il fait partie du Jeu, qui consiste à compléter une série d’actions héroïques où il doit sauver la vie d’innocents. De riches anonymes parient sur lui. Il est le pion…

Avis :

Sans un concept accrocheur, les séries d’action ont particulièrement du mal à s’imposer face à pléthore de productions télévisuelles policières. Les showrunners se sont, entre autres, essayés à des adaptations de films avec plus ou moins de réussite. En ce sens, Le Transporteur proposait un ersatz dénué d’originalité et de subtilité, sans doute à l’aune de son pendant cinématographique. Avec The Player, on s’insinue dans un traitement similaire où la poudre et les muscles prévalent sur l’exercice cérébral.

Le pitch initial évoque une organisation secrète qui use de moyens de surveillance omnipotents pour prendre des paris clandestins, mettant en jeu la vie des intervenants. Il ne s’agit pas ici de considérer cet angle d’approche sous le prisme du sensationnalisme. Ce qui aurait pu, soit dit en passant, donner lieu à une dénonciation du pouvoir des médias ou même sur le concept de la télé-réalité. Malgré les technologies à l’œuvre, le scénario de The Player n’a rien d’aussi complexe ou fouillé à proposer au spectateur. La présente série se contente d’histoires minimalistes, simples prétextes à une débauche de fusillades et combats dans les rues de Las Vegas.

En cela, The Player ne s’embarrasse guère de retournements alambiqués ou d’intrigues secondaires. Les tenants et les aboutissants sont établis sans ambiguïté aucune, et ce, qu’il s’agisse du fil rouge ou du récit de chaque épisode. Dans une mouvance chère aux années 1990, le concept demeure binaire et manichéen au possible. La caractérisation ressasse des poncifs éculés et des figures dominantes à la limite du caricatural. Si les protagonistes ne sont guère déplaisants, ils évoluent sans vraiment remettre en cause leur mode de pensée ou leurs motivations. Il y a bien quelques fausses pistes maladroitement intégrées çà et là, mais rien qui ne soit en mesure de flouer le spectateur.

De même, le concept de départ s’étiole bien vite. La faute à des objectifs redondants. En somme, les paris avancés pour mener telles actions ou investigations se cantonnent à stopper les criminels avant qu’ils ne récidivent. Là encore, on dénote quelques variantes, mais les enjeux restent globalement semblables d’un épisode à l’autre. Quant aux lieux où se déroulent les « parties », on a droit aux artères de Las Vegas, sans une appropriation particulière. Des casinos aux grands axes de circulation, sans oublier les bâtiments en friche, le cadre est l’objet de fusillades ou d’affrontements au corps-à-corps. S’il n’y a rien de dramatique, le travail est ronflant.

Ce n’est pas un ratage à proprement parler, mais l’ensemble demeure beaucoup trop lisse et prévisible pour convaincre et, surtout, maintenir l’intérêt du spectateur sur le long terme. Il y a bien la présence de Wesley Snipes pour rehausser le tout dans son rôle de « chef de table ». Cependant, la série s’essouffle bien vite et joue de grosses ficelles narratives pour développer son propos sur un faux suspense qui n’est pas de circonstances. Malgré le côté surréaliste des confrontations, exposant une dangerosité extrême et permanente, la tonalité générale reste ancrée dans un premier degré qui rend l’initiative invraisemblable.

Au final, The Player est une série d’action standard et moyenne. Ne dépassant jamais le stade d’un divertissement bourrin, l’incursion ne retient guère l’attention. La faute à des personnages guère travaillés, une scénarisation poussive et un concept mal exploité. De prime abord, on aurait pu s’attendre à une itération à mi-chemin entre Le Transporteur et Person of Interest. Force est de reconnaître que l’on se retrouve avec une production basique et sans la moindre finesse. En soi, ce dernier point n’est pas handicapant. Il est juste dommage de constater une telle paresse narrative. Malheureusement, il n’est guère étonnant que la série fût avortée au bout de seulement 9 épisodes et ne dispose même pas d’une conclusion potable.

Note : 10/20

Par Dante

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.