novembre 28, 2021

La Grosse Magouille

Titre Original : Used Cars

De : Robert Zemeckis

Avec Kurt Russell, Jack Warden, Gerrit Graham, Frank McRae

Année : 1980

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie

Résumé :

Après le décès du propriétaire d’un magasin de voitures, l’un des employés reprend les clés de la boutique pour ne pas qu’elle tombe entre les mains de sinistres individus.

Avis :

Au début des années 80, Robert Zemeckis, vingt-neuf ans, est un tout jeune cinéaste qui vient de taper dans l’œil de Steve Spielberg avec son court-métrage « de fin d’étude ». Dès lors, Spielberg produit son premier film, le très sympathique et surtout hystérique « Crazy Day« . Le film sera un échec commercial, mais rencontrera une belle relation avec les critiques. Avant de réaliser son deuxième film, qui sera toujours produit par Spielberg, Robert Zemeckis, en compagnie de Bob Gale, va écrire le scénario de « 1941« , comédie assez méconnue de Steven Spielberg, sur une possible invasion des Japonais à Hollywood pendant la Seconde Guerre mondiale.

Pour son deuxième film, qu’il va tourner en vingt-huit jours avec de petits moyens, cette comédie loufoque, en roue libre totale, a de quoi amuser, même si quarante ans après sa sortie, on ne peut nier qu’elle ait pris un sacré coup de vieux. Partant dans tous les sens, riche en idées de mise en scène, riche dans son scénario qui ne cesse de partir à droite et à gauche, « La grosse magouille » est le genre de petit film made in 80’s dont l’ambiance respire la liberté de création. Et même si tout n’est pas merveilleux, même si ça manque de subtilité et de cohérence, sur l’ensemble, on passe un moment agréable. Oubliable, surtout dans la filmographie de Zemeckis ou de Kurt Russell, il n’empêche que pour la curiosité, ce petit film mérite bien qu’on s’y arrête une fois.

Deux frères se détestent profondément. Tout deux tiennent un magasin de voitures d’occasion et ils travaillent l’un en face de l’autre. Quand un frère fait assassiner l’autre pour récupérer son affaire, l’un des employés qui a des ambitions politiques va alors tout faire pour que le parc automobile ne tombe pas dans les mains de ce sinistre individu.

Après avoir fait revivre la Beatlemania, Robert Zemeckis continue sur sa lancée et présente une nouvelle comédie, « La grosse magouille« . Pour ce deuxième film, Robert Zemeckis a sorti bien des arguments et surtout, il a voulu offrir un film plus dense et plus fou en termes de mise en scène. Il en résulte alors un film aussi maladroit que délirant. Un film qui part dans tous les sens, qui a du mal à se maîtriser, mais derrière ça, « La grosse magouille » est un film qui déborde d’énergie. Ici, on sent bien que le metteur en scène n’a qu’un but, nous amuser le plus possible et si tout ne fonctionne pas parfaitement, sur l’ensemble, on passe un moment de cinéma agréablement divertissant.

Écrit par Robert Zemeckis et Bob Gale (avec qui il avait déjà collaboré sur Crazy Day), le défaut principal de cette « … grosse magouille« , c’est son écriture. Certes, il y a beaucoup de générosité et l’envie de livrer une intrigue qui ne s’arrête jamais et c’est peut-être là le problème, « La grosse magouille » en fait trop. C’est un film qui offre trop et parfois, on a bien du mal à s’y retrouver. Comédie parfois cartoonesque, enquête, coup en douce, rivalité, courses poursuites, magouilles politiques, explosions, délires, cupidité, et au-dessus de ça, toute une galerie de personnages hauts en couleurs, qui soutiennent l’idée de cartoon. Avec ses excès, « La grosse magouille » n’est pas toujours juste, le film a des gags qui tombent à plat, et d’autres qui sont démesurés, mais sur son long, il y a aussi quelque chose de très enjoué qui se dégage de ce cinéma. On sent que Zemeckis s’éclate avec son délire de vendeurs qui se tirent dans les pattes et malgré des incohérences, une surdose, ou encore ambiance générale qui a pris un sacré coup de vieux, on ne peut s’empêcher d’avoir de l’affection pour ce délire en roue libre.

Un délire qui est aussi très généreux dans sa mise en scène. D’ailleurs, c’est peut-être de ce côté-là que le film est le plus sympathique. Malgré une montagne de défauts, malgré un surplus qui peut frôler l’hystérie générale, « La grosse magouille » est truffé d’idées de mise en scène, de mouvements de caméra qui dynamisent l’ensemble, de petits trucages et de cascades un peu folles. Bref, Robert Zemeckis, dans un sens, fait n’importe quoi et dans un autre sens, son film est si généreux et si amusant dans ses débordements que finalement, avec une certaine mesure, on s’amuse, et le moment est plutôt chouette.

Puis, ce qui fait aussi l’affection que l’on peut avoir envers ce film, c’est bien entendu ce casting. Certes, ils ne sont pas tous bons, avec une tendance à trop en faire, mais l’un dans l’autre, on y trouve notre compte et c’est plaisant au final de voir tous ces comédiens, ces gueules de cinéma pour beaucoup, s’éclater. Ainsi, au générique, en plus de Kurt Russell qui tient la tête d’affiche, on trouvera avec plaisir des gags comme Frank McRae (« Last Action Hero« ), Jack Warden (« Douze hommes en colère« ), Michael McKean (« Better Call Saul « ), Gerrit Graham (« Star Trek« ), Al Lewis (« Les monstres« ) ou encore la belle Deborah Harmon.

Moins prenant, tripant et tordant que « Crazy Day« , son premier film, cette « … grosse magouille » demeure, entre défauts et qualités, un petit divertissement qui fait sourire. Le film a pris une claque, et certes, il sera vite oublié, mais sur l’instant, on s’amuse et au-delà de ça, il y a une telle envie de cinéma, une telle énergie, qu’on se laisse très facilement attendrir par l’ensemble et on lui pardonne ses débordements et ses excès. À voir pour la récréation d’un soir et pour la curiosité d’un Zemeckis méconnu.

Note : 11/20

Par Cinéted

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