octobre 26, 2021

119 Jours Les Survivants de l’Océan

Titre Original : Abandoned

De : John Laing

Avec Dominic Purcell, Peter Feeney, Owen Black, Greg Johnson

Année : 2015

Pays : Nouvelle-Zélande

Genre : Drame, Aventure

Résumé :

L’histoire vraie de quatre hommes, ayant vécu l’enfer durant 119 jours au beau milieu de l’océan Pacifique, après que leur trimaran, le Rose Noelle, ait chaviré au cours d’une tempête en 1989.

Avis :

Les histoires vraies extraordinaires sont du pain béni pour le cinéma et la télévision. En effet, outre le fait d’adapter des bouquins et des romans fictifs, on a rapidement vu que les histoires vraies pouvaient d’autant plus toucher car elles sont encrées dans le réel. Que ce soit des expéditions qui tournent mal, des biopics sur des destins fabuleux ou tragiques, ou encore la survie d’un homme coincé dans un milieu hostile, les histoires vraies touchent car elles sont vraiment arrivées. Et pourrait, pourquoi pas, se renouveler. Ainsi donc, le cinéma voit fleurir tous les jours des films dont les histoires s’inspirent de choses qui ont vraiment existé. Et que ce soit pour faire peur ou faire pleurer, la tagline « inspiré de faits réels » fait toujours sont petit effet. Qu’en est-il alors quand il s’agit d’un téléfilm et qu’il s’appuie sur un naufrage de 1989 ?

Une vague histoire

119 Jours les Survivants de l’Océan raconte l’histoire de quatre copains qui montent à bord du Rose-Noëlle en Australie, un trimaran, pour rallier les îles afin que l’un d’eux retrouve son amour de jeunesse. Malheureusement, durant la nuit, une énorme vague retourne le bateau et l’équipage se retrouve à devoir survivre en pleine mer, à l’intérieur d’une petite cabine un peu plus en hauteur qui n’a pas pris l’eau. Une course pour la survie se met alors en place, car la balise ne peut contacter que les avions de haut vol et là où ils se trouvent, il n’y a pas de bateau qui passe. S’appuyant sur le carnet de bord du « capitaine » du bateau, ce film (ou plutôt téléfilm) tente de raconter ce qui s’est passé à bord du trimaran et comment les quatre hommes ont réussi à survivre durant 119 jours en pleine mer.

Le scénario est relativement simple et on va assister à une sorte de survival, mais sans requin ni monstre aquatique affamé. Collant au plus près du réel, le film tient le coup grâce à une constante évolution de la survie et de la promiscuité. En effet, pour éviter l’eau, les quatre hommes se regroupent dans une petite cabine et il va falloir rapidement mettre en place une routine pour éviter tout débordement. Fort heureusement, la présence d’une scie va leur permettre de faire un trou dans la coque pour aller à l’extérieur et profiter d’un peu plus d’espace. Pour autant, l’aspect huis-clos reste étouffant et on sent que c’est ce qui va devenir le nerf de la guerre et risque fort de créer des tensions. Le scénario est simple, linéaire et surtout, il est dégraissé jusqu’à l’os, n’essayant pas de sur-représenter les personnages. C’est simple, mais relativement efficace.

Dieu est dans la place

En fait, le film est assez intelligent avec ses personnages, ne jouant jamais dans la surenchère en début de film, nous les présentant juste comme des potes qui auront des fonctions précises sur le bateau. Ainsi donc, on aura droit au cuisinier très calme, qui semble se satisfaire de peu. On aura le nerveux de la bande, celui qui vit très mal ce naufrage et qui s’énerve pour un rien. Puis il y aura le maladroit, celui qui se cogne tout le temps, qui fait tomber des choses utiles dans la mer. Et enfin, il y a le capitaine, celui qui n’a pas grand-chose sur la terre ferme et qui voit ce naufrage comme une épreuve de Dieu, pour ramener tous ces gens à l’essentiel. Et c’est finalement le personnage le plus pénible.

Non seulement il semble omnipotent à cause d’une voix off répétitive, mais en plus de ça, sa dévotion est omniprésente, à un tel point que l’on a l’impression que le film force à la croyance. Sa relation avec les autres va alors se dégrader au fur et à mesure du film, mai sil semblerait que le réalisateur veuille faire de ce naufrage un moment plutôt lumineux. En effet, les dissensions ne durent jamais longtemps, et même quand il y a une forte dispute, celui qui est l’auteur de cette dispute arrive à se faire pardonner en trouvant une solution pour survivre plus longtemps. Ainsi, les moments de liesse prennent le pas sur les grosses galères. On sent que l’ensemble est romancé et c’est un peu dommage. Mais après tout, nous sommes face à un téléfilm, ce qui se ressent dans le ton et dans la mise en scène.

Ce qui prend l’eau

Et la mise en scène est peut-être le point faible du métrage. Si tout cela se passe en 1989, il manque un grain à l’image et un certain encrage dans les années 80. On a l’impression que le film se déroule de nos jours, on ne verrait pas la différence. Ensuite, on tourne vite en rond au niveau des plans. L’aspect huis-clos est vite éludé pour aller à l’extérieur, mais ça manque de diversité, et de ce fait, de tension dans la survie. La fin est aussi un point négatif. Une fois les hommes sur la terre ferme, le réalisateur s’éternise pour conclure son métrage, essayant de parler du rabattage médiatique et des polémiques autour du naufrage. Car en effet, certaines personnes ont mis en doute la véracité des propos du groupe. C’est long, pas forcément intéressant et la voix-off prend le pas sur la simplicité de l’émotion.

Au final, 119 Jours les Survivants de l’Océan est un film assez étonnant. On aurait pu s’attendre à une grosse purge, avec un Dominic Purcell en roue libre, et finalement, on a droit à un film assez honnête, qui essaye de se rapprocher au mieux de la survie des quatre hommes. Cependant, entre une bigoterie trop présente, une redondance des plans et un final trop longuet, John Laing montre les limites de son budget et de ses capacités à maintenir une pression constante. Sans être un excellent film, 119 Jours les Survivants de l’Océan reste un métrage plutôt sympathique, et qui met l’accent sur un fait divers inconnu de par chez nous. Du coup, par curiosité, ça reste recommandable.

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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