juin 23, 2021

James Blunt – Moon Landing

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Avis :

Quelle musique peut-on produire quand on sort de l’armée après un traumatisme ? C’est la question que l’on peut se poser quand on regarde le parcours atypique de James Blunt. Issu d’une famille de militaires de père en fils, il ne déroge pas à la règle et monte même jusqu’au rang de capitaine. C’est en 2002, durant son séjour au Kosovo qu’il se rend compte de tout l’intérêt qu’il porte à la musique. Est-ce le chant des bombes lui rappelant les doubles pédales des batteries métal ? Est-ce le sifflement des balles qui lui ont inspiré des sonorités électro vivaces ? Non, tout porte à croire qu’il s’est focalisé sur les pleurs des enfants et des mamans pour pondre une musique fade qui essaye de faire pleurer dans les chaumières. Alors tout n’est pas mauvais dans James Blunt, c’est très larmoyant, mais comme l’a dit un pote qui reste à jamais dans mon cœur, c’est touchant quand même. Avec une voix nasillarde, des textes d’une grande tristesse et des rythmiques mélancoliques, le type s’est forgé une réputation de mièvre chantant. D’ailleurs, son hit Goodbye my Lover est le morceau le plus joué dans les enterrements en Grande-Bretagne. Moon Landing est son quatrième album et on peut se demander si le type a envie de changer de registre. La réponse est non.

Le skeud commence très mal. En effet, le chanteur introduit l’album avec la chanson la plus lénifiante qui soit. Face the Sun est l’exemple typique du morceau qui veut toucher un certain public en faisant dans le larmoyant et le gnangnan. Du piano, une voix faiblarde, une batterie discrète, et puis au bout de deux minutes, le choc, des guitares électriques saturées (mais pas trop) dans des riffs classiques pour faire monter les larmes aux yeux. Rien à faire, ça ne prend pas, c’est mou et pas vraiment intéressant. Et puis ça ressemble à tant de choses que l’on a déjà entendues. Et des exemples comme celui-ci, on en a à la pelle dans le skeud. Entre Miss America, Sun on Sunday, Blue on Blue et Kiss This Love Goodbye, on a de quoi vider nos glandes lacrymales. Alors bien évidemment, certaines musiques sont plus intéressantes que d’autres, car elles apportent de petites variations. Postcards possède une fin sympathique avec quelques bribes de solos de guitares électriques, mais ça reste vraiment très court, comme si le chanteur avait peur que cela ne passe pas auprès des auditeurs et surtout des auditrices. C’est quand même fou de savoir jouer d’un instrument aussi envoutant que la guitare et de ne pas proposer quelque chose de technique ou tout du moins qui change du registre déprimant. C’est presque de l’auto censure pour pouvoir plaire à la masse, qui pourtant ne détient pas le monopole du bon gout !

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Néanmoins, Moon Landing ne possède pas que des morceaux qui essayent de toucher, mais il a aussi quelques titres qui rentrent bien en tête, notamment grâce à des refrains efficaces. On peut citer The Only One, qui malgré un côté purement féminin, possède un refrain agréable. Mais cela marche aussi avec Bonfire Heart qui s’inspire de morceaux folks à la Tracy Chapman (sans en atteindre le génie) et qui tient à peu près la route grâce à un refrain intéressante et une batterie qui scande un bon rythme. Satellites essaye d’apporter de la variation dans la chanson en elle-même avec une construction classique mais qui varie dans les rythmiques. C’est facile, mais ça marche à peu près. On peut aussi citer Postcards qui essaye de partir vers de sonorités plus exotiques avec un ukulélé sans pour autant emporter celui qui écoute (pour cela, il faut écouter Moriarty). Bref, certains morceaux sauvent les meubles d’un album qui aurait pu être catastrophique. Mais il ne faut pas oublier que ces morceaux restent tout de même très simplistes et qu’ils ne sont pas non plus des tueries, notamment sur le plan technique. On reste dans quelque chose de calibré pour la radio et pour vendre un maximum.

Au final, Moon Landing, le dernier album de James Blunt n’est pas aussi mauvais que ce à quoi je m’attendais. Me préparant à quelque chose de lénifiant, de mou, de larmoyant, je suis tombé sur quelque chose de lent, certes, mais avec des titres mais cons que prévu. Alors il est vrai que ça ne vole pas haut, bien au contraire, les moments techniques sont aux abonnés absents, mais certains refrains rentrent bien en tête.

  1. Face the Sun
  2. Satellites
  3. Bonfire Heart
  4. Heart to Heart
  5. Miss America
  6. The Only One
  7. Sun on Sunday
  8. Bones
  9. Always Hate me
  10. Postcards
  11. Blue on Blue
  12. Telephone
  13. Kiss This Love Goodbye
  14. Hollywood

Note : 07/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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