décembre 4, 2021

Tigres de Guerre – David Gibbins

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Résumé :

Réduits en esclavage à la suite de la défaite de Carrhae, Lucinius et une partie de la XVe légion sont parvenus à s’enfuir. Un périple de plus de trente ans a conduit une poignée de survivants aux limites de ce qui fut l’empire d’Alexandre. Lucinius veut revoir Rome et son fils. Les autres rêvent des richesses du tombeau de Shi Huangdi. Leurs chemins se séparent et, avec eux, les deux parties du Joyau Céleste qui, réunies, donnent l’immortalité. Les guerriers-tigres sont déterminés à s’en emparer. Plus de 2 000 ans se sont écoulés, Jack Howard, archéologue, marche sur les traces de Lucinius…

Avis :

En général, l’on assimile à tort le thriller historique à son homologue ésotérique. Si les deux genres se rapprochent grandement, ils se distinguent par un élément de taille : l’historique se base sur des faits avérés, admis de tous et reconnus ; l’ésotérique joue sur des mystères ou des hypothèses. On notera aussi un rythme moins tendu dans le premier. Avec Atlantis, David Gibbins (également archéologue) se faisait remarquer avec une intrigue maîtrisée et immersive dans tous les sens du terme. Il ne jouait pas sur les rumeurs qui entouraient l’Atlantide, mais s’appuyait uniquement sur des preuves tangibles et nous offrait un roman réaliste et crédible dans la résolution de l’énigme de la célèbre cité engloutie.

Entre temps, Jack Howard, son personnage fétiche, poursuivait ses (més)aventures à la recherche de la Menora et du Suaire de Turin. Pour ce quatrième tome, l’archéologue suit les traces d’une légion romaine disparue et le Joyau Céleste, un mystérieux artefact censé rendre immortel son propriétaire. Hormis la nature des reliques perdues, le récit ne surprend pas vraiment dans sa construction. On demeure dans un style assez traditionnel avec une trame assez linéaire et similaire aux autres ouvrages de l’auteur. À savoir, une découverte plus ou moins fortuite qui entraîne nos protagonistes dans une excursion plus profonde et conséquente qu’il n’y paraît de prime abord.

Il est vrai que cette histoire (comme les précédentes) se rapproche davantage d’un roman d’aventures. En cela, si le lecteur s’attend à un livre dans la veine d’Indiana Jones, il n’en sera que plus préparé et se laissera plus facilement emporté au fil des pages. Contrairement à d’autres ouvrages où ce genre d’idées préconçues dessert la qualité générale, c’est l’inverse qui se produit dans le cas présent. Comprenez que l’œuvre de David Gibbins possède la façade et le goût d’un thriller (qui dispose également d’un attrait commercial plus marqué), mais qu’il s’adresse avant tout à des amateurs de voyages dépaysants et de découvertes fantastiques.

Le rythme est assez lent et l’on notera pas mal de longueurs dans les dialogues. Pour ceux qui connaissent Jack Howard, rien de préjudiciable à l’horizon, mais des novices (aussi bien ceux qui débutent ses aventures ou en lecture) risquent de lâcher prise au bout de quelques pages. Les chapitres sont très longs (au nombre de 20 pour 521 pages en format poche) et très denses. Inutile de dire que si vous êtes indifférent aux thèmes choisis ou impatient, vous passerez votre chemin. Chaque partie est décrite à l’extrême dans des explications parfois trop didactiques où l’on se perd en conjectures avec force et détails. Les dialogues manquent souvent de vie et s’étirent plus que de rigueurs.

Mais difficile de fustiger l’auteur à cause de son style qui ne s’en est jamais caché depuis Atlantis. Il s’agit ici plus d’un avertissement qu’un reproche afin d’avoir une idée précise de ce que propose Tigres de guerre. Le sujet reste très bien traité, la progression est réaliste (et là, on s’écarte d’Indiana Jones) et bien documentée sur les méthodes de fouilles archéologiques. On le serait à moins avec un homme de la profession à la barre ! Toutefois, les expéditions sous-marines sont présentes seulement au début du livre. Une considération étonnante étant donné qu’elles occupaient une place non négligeable auparavant.

En ce qui concerne les protagonistes, on n’a pas de grandes surprises à l’horizon. Les personnages nous sont familiers et attachants, avec un développement assez mesuré. L’on notera que David Gibbins se penche davantage sur l’aventure que sur l’intervention d’un antagoniste (qui répond à l’appel, mais reste assez discret). Ils évoluent dans un cadre varié et bien mis en valeur. Des débuts en Mer rouge, en passant par l’Inde, puis en Asie centrale sur la route de la soie, l’auteur multiplie les plaisirs avec des ambiances très différentes (jungle, désert, plaines et montagnes…) sans jamais faiblir pour les retranscrire avec justesse.

Au final, Tigres de guerre n’est pas forcément le roman le plus marquant de David Gibbins. Le sujet choisi est moins connu du grand public (ce qui peut néanmoins en attirer certains), la trame narrative se révèle assez convenue et (presque) sans surprise. Toutefois, les habitués de Jack Howard se laisseront emporter sans la moindre difficulté dans cette nouvelle aventure à la fois immersive et prenante, malgré la densité du texte et certaines longueurs. Autrement dit, il demeure un livre d’aventures (l’appellation thriller ou thriller historique le rendrait un tantinet décevant) agréable à suivre. À conseiller pour les amateurs d’archéologie qui ne sont pas effrayés par la profusion d’informations et l’aspect didactique de l’ouvrage.

Note : 14/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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