octobre 28, 2021

Resident Evil Degeneration

Titre Original : Baiohazâdo : Dijenerêshon

De : Makoto Kamiya

Avec les Voix Originales de Paul Mercier, Alyson Court, Laura Bailey, Roger Craig Smith

Année : 2008

Pays : Japon

Genre : Animation

Résumé :

Sept ans après la destruction de Raccoon City, une attaque lancée par des zombies sème la terreur à l’aéroport de Harvardville. Les agents secrets Leon S. Kennedy et Claire Redfield arrivent sur les lieux, fins prêts à affronter les zombies déchaînés.

Avis :

Sorti en 1996 sur la première Playstation, il n’aura pas fallu trop longtemps à Resident Evil pour s’imposer comme le mètre étalon du Survival-Horror. Alors que ces lignes sont écrites, le huitième volet de la saga vient de sortir sur les dernières consoles et fait encore un carton dans les ventes. Fort de ce succès commercial qui dure depuis vingt-cinq ans maintenant, la franchise va pointer le bout de son nez au cinéma, avec une saga médiocre qui va durer six épisodes. Et si aujourd’hui on parle de rebooter la franchise au cinoche, il ne faut pas oublier que deux films d’animation sont sortis tout discrètement en DVD. Loin des grands studios d’animation, c’est au Japon que Degeneration va voir le jour en 2008, pour continuer à explorer les affres des invasions zombies. Sauf que malheureusement, c’est encore pire que les films de Paul W.S. Anderson !

Technique morte-vivante

La toute première chose qui frappe quand on se lance dans le visionnage de ce film, c’est sa technique. Même si le film date de 2008, il accuse un retard visuel assez incroyable. Non seulement c’est moche, mais surtout, on a l’impression de voir une longue cinématique d’une ancienne console de jeu. Non seulement les animations ne sont pas fluides, les personnages sont rigides, mais les décors sont d’une pauvreté accablante. C’est dingue de voir cela de nos jours, le film ressemblant plus à une malfaçon d’Europe de l’Est, comme on a pu en avoir avec Ratanouille. L’intrigue se déroulant principalement dans un aéroport, puis dans une multinationale pharmaceutique, le réalisateur n’a pas pris la peine de soigner les environnements, rendant une copie fade, laide et sans couleur. C’est quand même dingue de se dire qu’un tel film est plus laid que les jeux qui sont sortis à l’époque.

Et si les décors sont d’une pauvreté alarmante et les personnages rigides, il faut aussi noter que le film est parcouru de bugs assez pénibles. On pense notamment à des coupures aléatoires, à un montage qui n’a pas de sens et à des lèvres qui ne bougent pas alors même qu’il y a des dialogues. Comment peut-on accepter de sortir un film dans un tel état ? Et la mise en route du film aurait dû nous alerter sur la qualité globale du métrage. Les visages sont complètement ratés, Claire louchant dès le début, et Leon ne ressemble pas vraiment au Léon du jeu vidéo. Pire, son visage est raté, sans expression et il n’arrive pas à nous faire ressentir quoi que ce soit. Et on peut aussi parler des autres personnages dont l’animation est totalement ratée, à l’image de ce sénateur grassouillet.

Sans cerveau

Si l’animation est la première chose que l’on voit dans ce film, il faut aussi mentionner un scénario en carton. Le film débute alors dans un aéroport où des zombies attaquent et un avion se crashe. Dès lors, on va accuser un éco-terroriste d’avoir posé une bombe avec un nouveau virus, afin de faire accuser une multinationale pharmaceutique, déjà à l’origine d’un virus mortel. Le film veut alors démontrer que les entreprises pharmaceutiques jouent un double-jeu, injectant des virus afin de vendre des vaccins par derrière. Un lobbying qui se veut proche de la réalité, pour peu que l’on soit complotiste. Le film tente de jouer un semblant de scénario qui ne sera finalement qu’une excuse pour mettre en avant un seul gros monstre, ce bioterroriste qui s’injecte le nouveau virus pour devenir un monstre sanguinaire. Pourquoi ? Le mystère reste complet.

Dès lors, le film n’arrivera jamais à nous passionner. L’esprit Resident Evil n’est plus présent, la peur n’est pas au rendez-vous et on se retrouve avec un concentré d’action qui ne parvient jamais à nous toucher. Le film se situant ente Resident Evil 4 et 5, il était presque logique d’y voir plus d’action, mais l’ambiance quelconque et l’absence de véritables moments de survie pousse à sortir du film, qui n’a rien pour lui. La théorie du complot, le retournement de situation à la toute fin, la pseudo amourette débile, rien ne va dans ce métrage qui accumule les poncifs pour ne rien raconter au final. Il manque de profondeur, d’intelligence et de cohérence dans son récit. Il manque même de liant entre ses scènes, passant très vite de l’aéroport à l’agence pharmaceutique sans vraiment prendre le temps de poser son intrigue deux secondes.

Zombies Parade

Outre sa technique dépassée et son scénario qui ne raconte rien, Resident Evil Degeneration propose des personnages qui ne sont que l’ombre d’eux-mêmes. Leon S. Kennedy est d’une platitude incroyable. On a droit au beau gosse ténébreux qui sauve tout le monde et qui n’a aucune faille. Son background est vide et il ne transmet absolument rien. Pire avec Claire Redfield qui ne sert à rien, si ce n’est pleurnicher à tout va et se mettre en danger. On ne parlera même pas des seconds couteaux, comme ce sénateur méchant, ce pharmacien nébuleux ou encore cette mercenaire qui tombe amoureuse de Leon. Les personnages sont plats au possible, aussi lisses que les textures des graphismes. Et que dire du monstre final, d’une incompréhension sans nom et qui n’est là que pour tout détruire. Comment alors ressentir la moindre chose si tous les personnages sont mauvais et mal écrits ?

Au final, Resident Evil Degeneration est une purge infâme. Il s’agit d’un film totalement raté qui n’a absolument rien pour lui. Plus vilain que les jeux sortis à la même époque, tenant un scénario qui ne raconte rien de neuf en substance et doté de personnages qui n’ont qu’une seule fonction, on nage en plein délire marketing. On sent clairement que le film est sorti pour se faire du blé sur la franchise et non pas pour proposer autre chose. C’est quand même assez fort de faire un film d’animation encore plus mauvais que la franchise de Paul W.S. Anderson. A quelque part, c’est un exploit !

Note : 03/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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