juin 22, 2021

The OA Saison 1

D’Après une Idée de : Zal Batmanglij et Brit Marling

Avec Brit Marling, Emory Cohen, Jason Isaacs, Scott Wilson

Pays : Etats-Unis

Nombre d’Episodes : 8

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Prairie Johnson, une jeune aveugle, réapparaît brusquement sept ans après avoir disparu de chez elle. A son retour, et alors qu’elle a recouvré la vue, elle s’identifie comme étant l’Ange Originel. Qu’a-t-il bien pu lui arriver ? C’est ce que vont tâcher de découvrir son entourage, la science et même le FBI.

Avis :

Réalisateur américain d’origine iranienne, cela fait plus d’une dizaine d’années que Zal Batmanglij navigue discrètement dans le paysage du cinéma américain. Après un court-métrage au milieu des années 2000, court-métrage déjà en collaboration avec Brit Marling, le duo arrive à convaincre, et passe au long-métrage, lui derrière la caméra, elle à l’écriture et surtout devant la caméra. S’ensuit alors « Sound of My Voice« , qui demeure encore inédit chez nous et « The East », film sorti en 2013, abordant les sectes et leur emprise. Ce second film fut moins confidentiel et permet au duo de se faire plus remarquer.

Alors que Zal Batmanglij aurait pu revenir sur le grand écran, il travaille depuis quelques années avec Marling sur le scénario d’une série, « The OA« . Arrivant à convaincre Netflix, le duo arrivera à construire une première saison et autant dire qu’après le visionnage de ces huit premiers épisodes d’une heure, Batmanglij et Marling viennent d’offrir une série absolument magique. Une série incroyable, qui a une très belle tendance à rendre accro. Abordant beaucoup de genres, très riche dans son intrigue et ses personnages, cette première saison de « The OA » est tout simplement une bombe !

Cela fait plus de sept ans que Prairie Johnson, une jeune fille comme une autre, a disparu. Un matin, elle réapparaît brusquement, étant arrivée à s’enfuir de là où elle était retenue captive. Où était-elle ? Que s’est-il passé au cours de ces sept très longues années ? Et surtout, comment la jeune fille a-t-elle retrouvé la vue ? Autant de questions auxquelles Prairie n’est pas prête à répondre. Ou alors, elle y est prête, mais qu’à certaines personnes, qu’elle choisira elle-même.

Jouissant d’une très belle réputation, je m’embarque donc dans l’aventure « The OA« , et je dois bien avouer que cette première saison tient de très loin toutes ses promesses. Véritable bijou d’écriture, de mise en scène, d’intrigue et d’émotion, Zal Batmanglij et Brit Marling livrent là une première saison d’une richesse et d’une densité assez folle.

Tenant une intrigue passionnante, dès les premiers instants, « The OA » captive et ce qui est magique, c’est que la série ne va faire que renforcer son côté captivant, au fur et à mesure que la série développe et dévoile sa trame et son mystère. Très riche, à travers ces huit épisodes, « The OA » va tout d’abord commencer comme un drame familial aux allures de polar, avec cette jeune fille kidnappée, qui après sept années retrouve la liberté. Difficile de réapprendre à vivre normalement, regards, médias, confiance, et interrogations font partie d’un quotidien abîmé. Puis petit à petit, la série mute. L’intrigue regroupe des personnages et commence alors le récit d’une captivité. Dès lors, « The OA » se transforme, devenant à la fois un parcours initiatique, une série de science-fiction posant des réflexions métaphysiques sur l’existence et la vie après la mort, ou une belle histoire d’amour et d’amitié.

« The OA » conjugue à la perfection intrigue et suspens, récit de survie, esprit d’équipe, chronique sociale à travers les portraits, tous plus passionnants les uns que les autres de ceux qui écoutent. Ce récit, aussi tristement incroyable qu’il peut être magique, a plus d’un sens. Imprévisibles, Batmanglij et Marling nous placent à la hauteur de tous ces personnages qui découvrent avec émotions le parcours, le calvaire et le courage de cette jeune femme. On espère, on accorde notre confiance, on se laisse entraîner, et surtout, on est tenu avec passion au moindre détail qui pourrait aider ces personnages captifs à réussir leur quête. Parfois difficile à comprendre, tant la réflexion sur l’au-delà et les voyages mortifères peuvent être sujet à interprétation, il n’en demeure pas moins que sur l’ensemble de ces huit épisodes, « The OA » pose un développement « logique », qui nous entraînera vers un final incroyable, aussi bien de mise en scène, de sens, que d’émotions. Si l’on a pu se sentir parfois perdu, tout était prévu et posé, voire même dévoilé avec énormément de subtilité. Batmanglij et Marling savaient exactement où ils voulaient nous entraîner et ils y ont parfaitement réussi, au point qu’on aurait aimé que la saison se prolonge encore et encore.

« The OA« , en plus d’avoir une belle intrigue, est aussi une série qui propose des personnages très riches et qui vont être tous, à leur manière, intéressants. Derrière la construction du personnage de Prairie, derrière son histoire, la série présente et développe « son auditoire ». Ainsi, on découvrira ces personnages que tout sépare et que l’histoire de Prairie rassemble. On suivra leurs doutes, et comment le récit de la jeune femme influe sur la vie, véhiculant avec lui son lot de réflexions sur son existence, sa liberté ou son bien-être ou son mal-être. Bref, cette écriture est incroyable. Puis ces personnages sont tous très bien campés, tenus par une pléiade d’acteurs fabuleux. Brit Marling survole l’ensemble du casting, mais il faut toutefois noter un Jason Issacs parfait, et même très étrangement touchant, en kidnappeur d’étudiant des EMI. Du côté des captifs, on retiendra un Emory Cohen particulièrement touchant en jeune père, capturé et enfermé. Quant à ceux qui écoutent et presque vivent le récit de Prairie, assurément Patrick Gibson et Phyllis Smith sont les personnages les plus intéressants, et même bouleversants.

Du côté de la mise en scène, « The OA« , c’est du caviar. Zal Batmanglij offre une série esthétiquement magnifique. Une série qui passe par bien des genres, drame, comédie, science-fiction, thriller, au fil des épisodes et surtout de l’évolution du récit de Prairie. Zal Batmanglij construit un récit très humain qui tiendra en permanence l’émotion. « The OA » se fait touchante en permanence, même dans ses moments les plus tendus. Sachant parfaitement comment réaliser et raconter cette histoire, Zal Batmanglij instaure un très bon rythme à l’ensemble, ce qui fait que jamais la série ne s’essouffle. Le showrunner et réalisateur impose toujours quelque chose d’intéressant, de prenant et de piquant. Puis, il y a cette BO envoûtante et apaisante qui enveloppe toute la série.

Bref, cette première saison de « The OA » est une pépite, qui surprendra par son récit, ses réflexions et ses idées. Originale, humaine et toute en émotion, « The OA » impose huit premiers épisodes qui sont un bouleversant récit. Un récit dont on veut la suite immédiatement et ça tombe bien, comme on a du retard, la saison deux est déjà disponible.

Note : 17/20

Par Cinéted

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