juin 23, 2021

Set on End – The Dark Beyond

Avis :

Allez savoir pourquoi, mais le Metalcore est toujours assez mal vu par les puristes. Les chevelus qui estiment que le seul métal doit rester underground et se conjugue avec Heavy. Pour autant, s’il y a bien un genre qui cartonne bien et possède une vive énergie, c’est le Metalcore. Chant crié, riffs puissants et lourds, rythmique infernale, il est très étonnant de voir que ce sous-genre est autant dénigré. D’autant plus qu’on le retrouve sur tous les continents et dans tous les pays. Et aujourd’hui, on s’arrête en Nouvelle-Zélande avec Set on End. Groupe fondé durant les années 2000, il aura fallu un certain temps pour que la formation sorte de l’ombre avec un premier album. C’est onze ans après sa création, en 2016, que sort The Dark Beyond, le seul et unique album du groupe pour l’instant. Et on peut dire que ça envoie du lourd.

Le skeud s’ouvre sur The Wayfarer. Et dès le départ, on ressent une profonde violence et une grosse volonté d’en découdre. Exit le chant clair, qui sera totalement absent de l’album, on est dans l’énergie pure, dans la violence directe. Le morceau peut se voir comme un gros uppercut dans la tronche. L’entrée en matière est donc d’excellente facture. Avec Dissent, on sera dans la même énergie, dans le même moule. Et cela même si les riffs seront un peu différents et que l’on aura parfois l’impression d’être sur du Djent. Le groupe ne fait pas dans la dentelle et continue de frapper fort, sans trop se poser de question. Et on pourrait craindre un premier écueil avec cet album, la répétition. Et c’est un peu ce qu’il se passe.

En effet, on va vite se rendre compte que malgré l’efficacité des morceaux, le groupe nous sert un peu la même recette. Notamment en milieu d’album où certains titres se ressemblent et perdent en percussion. Glass Eye, Claw at the Throne ou encore Iconoclast se répètent un poil et se perdent au sein des autres titres. Même sur la fin, si Nexus et son ambiance lugubre contrebalance un peu le tout, on reste sur du Metalcore pur jus qui a du mal à se renouveler. Et Endeavour, qui clôture l’album, est intéressant, mais reste dans le même moule et manque vraiment d’originalité. Cette redondance, cette répétition, cette lassitude au bout de plusieurs écoutes, c’est un peu la malédiction de ce sous-genre, qui oublie souvent la technique et les ponts et autres breaks.

Fort heureusement, Set on End n’est pas que du Metalcore. On se surprendra à avoir des éléments Djent, parfois Thrash et quelques fois Groove. Mais là encore, il faut chercher et gratter un peu la surface pour trouver ces inférences. Cimmerian Shade fait partie de ces éléments morceaux. Débutant de façon calme en posant une ambiance éthérée, très vite les riffs vont exploser et balancer une rythmique hors-norme. On est clairement sur une inspiration Djent sur les riffs, et pourtant, on navigue en plein groove sur la rythmique. Bref, un mélange qui fait mouche et qui démontre la belle vitalité de la formation. On peut aussi citer Dark Beyond qui offre une ambiance plus macabre, tout en gardant une session virulente et puissante. Cependant, c’est dans ce morceau que le groupe s’adoucit un peu et propose de la nouveauté à se mettre dans les oreilles.

Globalement, on ne peut pas dire que The Dark Beyond est un mauvais album. Bien au contraire, il contient de bons morceaux et une énergie qui donne envie de headbanger dans tous les sens. Néanmoins, comme bon nombre de ses confrères Metalcore, Set on End se répète beaucoup et a du mal à sortir des hits qui restent longtemps en tête. Il y a une réelle lassitude qui se ressent à force d’écoute. Et pourtant, cela n’est pas dû à des morceaux courts et rapides, mais plutôt à une structure de compo qui se répète trop souvent pour vraiment nous marquer.

Au final, The Dark Beyond est donc un album prometteur pour le groupe. Car il ne faut pas oublier que c’est le premier effort des néo-zélandais. Et pour un premier album, c’est très efficace. Bien évidemment, on ne peut renier la redondance de l’ensemble, mais on ne peut aussi effacer l’envie du groupe d’en découdre et de proposer un effort rageur et plein de bonnes intentions.

01. The Wayfarer

02. Dissent

03. Cimmerian Shade

04. Glass Eye

05. Claw at the Throne

06. Iconoclast

07. Dark Beyond

08. Sanctuary

09. Nexus

10. Endeavour

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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