novembre 30, 2021

Zarafa

De : Rémi Bezançon et Jean-Christophe Lie

Avec les Voix Originales de Mac Renaudin, Simon Abkarian, François-Xavier Demaison, Vernon Dobtcheff

Année : 2012

Pays : France

Genre : Animation

Résumé :

Sous un baobab, un vieil homme raconte aux enfants qui l’entourent, une histoire : celle de l’amitié indéfectible entre Maki, un enfant de 10 ans, et Zarafa, une girafe orpheline, cadeau du Pacha d’Egypte au Roi de France Charles X.
Hassan, prince du désert, est chargé par le Pacha de conduire Zarafa jusqu’en France mais Maki, bien décidé à tout faire pour contrarier cette mission et ramener la girafe sur sa terre natale, va les suivre au péril de sa vie.
Au cours de ce long périple qui les mènera du Soudan à Paris, en passant par Alexandrie, Marseille et les Alpes enneigées, ils vont vivre mille péripéties et croiser la route de l’aéronaute Malaterre, des étranges vaches Mounh et Sounh et de la pirate Bouboulina…

Avis :

Rémi Bezançon est un réalisateur français qui a fait une très jolie entrée dans le monde du cinéma au cours des années 2000. Après une série de courts-métrages, Rémi Bezançon livre un premier film en 2005, « Ma vie en l’air« , qui se pose comme une bonne petite comédie. Par la suite, il fait un retour magnifique avec « Le premier jour du reste de ta vie« , qui se pose encore aujourd’hui comme son meilleur film. Afin de confirmer, Rémi Bezançon passe haut la main le cap difficile du troisième, passant cette fois-ci du côté du drame avec « Un heureux évènement« .

Après trois films et trois genres différents, presque six mois après « Un heureux évènement« , le metteur en scène était de retour et il revenait là où on ne l’attendait pas, puisque cette fois-ci, il s’allie au réalisateur Jean-Christophe Lie pour se lancer dans un film d’animation, « Zarafa » ou le destin d’un petit garçon, Maki, dix ans, qui est prêt à tout pour tenir une promesse. Joli, esthétique, et un brin étonnant, « Zarafa » est une belle petite surprise, qui ravira les plus petits comme les plus grands.

Maki est un petit garçon de dix ans qui a été capturé par un esclavagiste. Une nuit, Maki arrive à s’enfuir et à se cacher dans un baobab. Au matin, le petit garçon fait la connaissance d’un girafon et sa mère. Très vite, Maki se lie d’amitié avec le girafon, mais l’esclavagiste va le retrouver. Maki sera alors sauvé par Hassan, un homme qui était venu dans la savane chercher une girafe à offrir au Roi de France.

Étonnant dans ce qu’il raconte, « Zarafa » est un film qui, au travers de l’amitié qui unit un petit garçon et une girafe, va s’aventurer à nous raconter une grande histoire dans bien des sens. Une grande histoire dans le sens de l’aventure, car en à peine une heure vingt de film, il va s’en passer des choses, des rebondissements et des émotions. Et une grande histoire, car sous ses airs de petit film pour enfants, il va nous raconter une petite partie de « la grande histoire de la France, et même du monde », abordant les thèmes de l’esclavage, le siège d’Alexandrie par les turcs, l’arrivée de la première girafe en France ou encore l’arrogance du Roi de France, des sujets qui sont aussi intéressants que finalement peu commun dans un film pour enfants.

Ayant débuté l’écriture de son film en 2001, Rémi Bezançon a pris le temps de bien construire son récit, y injectant autant de faits réels, d’histoire, que de conte et de magie et d’émotion. En plus de cette belle histoire, « Zarafa » est aussi un film qui tient des personnages touchants. Des personnages qu’on adore suivre dans ces aventures parfois graves, parfois improbables, parfois drôles et parfois même tout ça à la fois. On notera aussi que « Zarafa » n’hésite pas à montrer sans fausse note la violence, et la perte injuste de certains amis, ce qui entre guillemets fait du bien, à l’heure où beaucoup de films ont une tendance à beaucoup éviter la mort, et lisser les choses. Ce n’est pas le choix de Rémi Bezançon, et c’est aussi pour ça que l’histoire de « Zarafa » est forte et intéressante, car à travers ça, le réalisateur en profite pour aborder beaucoup d’autres thèmes.

« Zarafa« , c’est aussi un moment agréable à regarder. Alors qu’on peine à trouver des films d’animation autre qu’en 3D, Rémi Bezançon, qui s’est allié à Jean-Christophe Lie, a fait le choix de la 2D et si son film est très simple, ça ne l’empêchera pas d’avoir un charme fou, et ce retour aux sources de notre enfance, pour nous adulte, fait encore un bien fou. Les graphismes sont beaux, les couleurs superbement choisies, et l’animation est belle, fluide et envoûtante. Bezançon et Lie ont apporté un soin particulier pour soigner les différentes ambiances et tous les décors du film, ainsi que l’animation de leurs personnages, qui sont tous attachants.

D’ailleurs, quand on en vient aux personnages, comme toujours, Rémi Bezançon a soigné son casting et pour accompagner « Zarafa« , Bezançon et Lie ont choisi Simon Abkarian, François-Xavier Demaison, Roger Dumas, Thierry Frémont, Déborah François, ou encore la grande et très regrettée Ronit Elkabetz. Puis il y a le petit Max Renaudin qui donne sa voix au petit Maki et le gamin est très doué.

Pour son quatrième film, Rémi Bezançon continue sur sa très belle lignée et livre là un bon petit conte, qui enthousiasme autant qu’il arrive à être intéressant et touchant. En prenant l’histoire de la première girafe qui arrivera à Paris en 1828, Rémi Bezançon nous entraîne dans une aventure qui part du Soudan, pour aller à Alexandrie, tout en faisant un tour du côté de Marseille, des Alpes, de Lyon et bien sûr de la capitale. Et finalement, après cette séance de cinéma, le seul petit regret que je peux avoir, c’est que les deux réalisateurs ne nous aient pas raconté le voyage retour, mais qui sait, peut-être aurons-nous la suite un jour…

Note : 14/20

Par Cinéted

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.