mai 11, 2021

Carnage chez les Puppets

Titre Original : The Happytime Murders

De : Brian Henson

Avec Melissa McCarthy, Elizabeth Banks, Maya Rudolph, Leslie David Baker

Année : 2018

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie

Résumé :

Dans les bas-fonds de Los Angeles, humains et marionnettes – les puppets – vivent ensemble.
Deux détectives, un humain et une marionnette, sont obligés de faire équipe bien malgré eux pour découvrir qui assassine les anciens acteurs du « Happy Time Gang », une émission de marionnettes très populaire.

Avis :

Les poupées au cinéma, ce n’est pas une histoire nouvelle. Avant l’arrivée du numérique, il fallait bien se débrouiller pour créer des créatures fantastiques et les animer. Et bien avant les animatronics, qui peuvent se voir comme des poupées mécanisées, il fallait trouver des animateurs de génie pour créer des bestiaires dingues. Et le roi en la matière était Jim Henson. Créateur du Muppet Show, toujours existant aujourd’hui, on lui doit aussi deux films majeurs pour les marionnettistes, Dark Crystal et Labyrinthe. La vie étant ce qu’elle est, il meurt relativement jeune, et son fils, Brian, prend alors le relais familial, poursuit les films avec les marionnettes du Muppet, puis il se décide en 2018 à faire un film plus adulte, une comédie policière vulgaire mélangeant les poupées avec les humains. Carnage chez les Puppets déboule alors et si on peut féliciter l’idée, le résultat reste très bancal.

Sus aux poupées

Dès le départ du film, on nous pose un univers assez intéressant. Un monde dans lequel marionnettes et humains vivent ensemble, se mélangent, mais dans une tension permanente, les poupées étant mal traitées, moquées et parfois utilisées à des fins pas très catholiques. C’est dans ce contexte que l’on va suivre une poupée détective privé qui va devoir mener une enquête sur une série de meurtre qui a pour point commun un vieux show télévisé. Ayant des antécédents avec une enquêtrice un peu particulière, le détective va devoir faire équipe avec elle lorsque son frère se fait assassiner par des chiens. Mélange de buddy movie et de policier à tendance comédie, Carnage chez les Puppets ne fait absolument pas dans la finesse, que ce soit pour son intrigue ou pour son univers présenté.

Dès le début, on se rend compte que les humains sont pour la plupart des salauds et les poupées sont mal traitées et vivent dans la misère. Sauf quand elles appartiennent à une émission télévisée qui a du succès. Le constat est néanmoins sans appel, il y a de la discrimination et les poupées sont toujours reléguées à des emplois mal vus. Le carnage commence d’ailleurs dans un sex shop où une pieuvre branle une vache et où un lapin est accro au porno avec des carottes. Derrière ces atours un peu politiques et qui peuvent se retranscrire dans le monde réel (oui, le racisme est bien présent), on reste tout de même dans du graveleux et du vulgaire pour pas grand-chose. En effet, hormis créer des situations gênantes qui se veulent drôles, le film n’arrive jamais à ménager son côté gras pour offrir des moments plus finauds.

Poupées grasses

Le problème de l’intrigue policière, c’est qu’on la grille très rapidement. En effet, on va vite se rendre compte que l’énigme tourne principalement autour d’une personne et que la résolution intervient à cause d’un élément passé. Carnage chez les Puppets ne cherche pas à se faire compliqué et c’est dommage, car on aurait pu avoir une vraie intrigue malgré la vulgarité de l’ensemble. Une vulgarité qui manque d’équilibre, qui reste toujours sur la même tonalité, même lors de la résolution complète de l’enquête. Car oui, c’est grâce à la couleur des poils pubiens que le mystère est levé. Brian Henson s’est carrément lâché lors de ce métrage, délaissant la féérie de son père pour sombrer dans un film crado et sans vraiment de panache. On sent que le film se traine aussi, ayant un mal fou à tenir son suspens sur la durée, préférant dès lors fournir des moments gênants.

Comme cette scène dans un bakchich avec une Melissa McCarthy défoncée. Encore une fois, on sombre dans un délire glauque, où les poupées sont des toxicos avérés, ne respectant aucune règle. Néanmoins, on trouvera tout de même quelques idées assez drôles au sein de ce marasme. Par exemple, le cadavre de poupée retrouvé dans l’eau qui doit être essoré pour rentrer dans un sac mortuaire. Ou encore le fait que certains humains peuvent avoir des organes de poupées, leur conférant une certaine résistance à une drogue dure et accro au sucre. On aura aussi une vague fulgurance sur le féminisme, mais cela n’aboutira à rien de concret. Mais s’il y a une chose qui reste assez intéressante, c’est la technique du film. Mélange d’acteurs dans des costumes et de poupées animées par des types habillés en vert, Carnage chez les Puppets entretient parfaitement son illusion et l’ensemble tient la route.

Acteurs en peluche

Le plus marrant dans tout ça, c’est que finalement les acteurs sont plus mauvais que les poupées. On aura plus d’empathie pour ce pauvre détective privé aux méthodes expéditives que pour cette policière vulgaire et pénible. Melissa McCarthy est en train de se construire une filmographie blindée de mauvais films et quand on regarde son jeu, on comprend pourquoi. Elle semble incapable de jouer un aspect dramatique ou de donner de la profondeur à son personnage. Elle est en perpétuel surjeu. De plus, les autres acteurs sont clairement secondaires. Elizabeth Banks est sous-exploitée, et même oubliée sur la fin du film. Quant aux autres, on n’aura droit à des subalternes qui balancent deux/trois répliques et c’est tout. Ceci étant, même les autres poupées ont des rôles assez insignifiants, n’ayant d’impact que le temps de quelques secondes.

Au final, Carnage chez les Puppets est un film raté. Ce n’est pas complètement mauvais, mais ça reste totalement anecdotique et le film se plombe à cause de deux choses, son intrigue basique et sa vulgarité crasse. L’idée de départ de placer les poupées et les humains dans un même univers était très intéressante, mais Brian Henson n’en fait absolument rien, dans le simple espoir de créer un film politiquement incorrect, à l’image des Thunderbirds. Mais rien ne marche vraiment et on reste sur le bas-côté, attendant que le film tente de prendre de l’ampleur, ce qu’il ne fera jamais…

Note : 08/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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