mai 12, 2021

Boudicca – Jean-Laurent Del Socorro

Auteur : Jean-Laurent Del Socorro

Editeur : ActuSF

Genre : Historique, Légendes

Résumé :

Angleterre, an I. Après la Gaule, l’Empire romain entend se rendre maître de l’île de Bretagne. Pourtant la révolte gronde parmi les Celtes, avec à leur tête Boudicca, la chef du clan icène. Qui est cette reine qui va raser Londres et faire trembler l’empire des aigles jusqu’à Rome ?
À la fois amante, mère et guerrière mais avant tout femme libre au destin tragique, Boudicca est la biographie historique et onirique de celle qui incarne aujourd’hui encore la révolte.

Avis :

Pas n’importe quelle femme

Boudicca… Un nom synonyme de liberté, de puissance, de courage mais aussi de défaite. Une figure souillée, malaimée ou adorée. Une femme forte qui a su défaire les romains, qui s’est élevée la peur au ventre et la colère dans les entrailles. Une celte courageuse dépeinte avec majesté par Jean-Laurent Del Socorro dans cet ouvrage magnifique ; toute la splendeur du personnage et l’espoir que sa vie dégage transparaît à merveille dans ces lignes.

Il est dur de s’arrêter dans son élan même si l’on connaît la fin tragique de la reine des Icènes ; le caractère pugnace et rebelle de la jeune femme attire irrémédiablement et nous enchaîne. Boudicca invite à la découverte d’un passé tourmenté et d’un rêve permanent, celui qui nous porte chaque jour : celui de la vie. Page après page, la lumière enveloppe nos sens, déjà fascinés par cette énergie folle et palpable, cette femme à la fois mystérieuse et accessible.

Du style et de la sincérité

Les phrases sans artifice coulent avec fluidité, les mots s’enchaînent avec maîtrise et simplicité. La lecture enchante par sa prose qualitative mais aussi par les émotions multiples que les personnages partagent. Nos cœurs chavirent, au rythme des combats de Boudicca, de ses apprentissages et de ses entêtements.

Dans ce roman, elle nous apparaît telle qu’elle aurait pu être, avec ses nombreux défauts et ses innombrables qualités. Loin de la perfection, loin du monstre, elle nous ressemble. Ses émotions prennent souvent le dessus, alors que Rome cherche à assouvir tous les peuples celtes. Sa hargne guerrière nous plaît ; un volcan en éruption que savent calmer ses proches, et notamment certains philosophes érudits aux échanges empreints de secret, de sagesse et de charme. Des dialogues envoûtants qui nous bercent pour mieux nous plonger dans cette époque lointaine, qui calment notre ardeur, celle-là même que l’héroïne apprend à contrôler.

La plume de Jean-Laurent Del Socorro dépeint une guerrière irréductible, farouche, à l’œil perçant et au cœur battant. Sa sensibilité nous livre une Boudicca vulnérable, fragilisée par des conflits à la résolution que l’on sait tristement vaine, et animée par un besoin vital de liberté. Sa complexité nous touche, tout comme son esprit affûté qui se soumet pour mieux se relever.

Un passé plus vivant que jamais

Aussi passionnante, l’Histoire d’alors s’invite avec ses lois souveraines, ses armées impitoyables et un Empire ô combien redoutable et redouté. A côté de rangs bien ordonnés, de citoyenneté sournoise et de droits de la femme douteux, les romains montrent toute leur ingéniosité et savante politique, animées de rituels religieux variés, menés par un Jupiter peu clément. De l’autre côté, les celtes et leurs druides nous rattachent à la nature environnante, aux légendes vieilles comme le monde, à la Terre et ses besoins sacrés. Deux idéologies, deux familles, deux alliés, deux ennemis.

Dans ce roman, l’Histoire s’offre à nous sans ambages. L’auteur maîtrise son sujet sans nous abreuver de vocabulaires imbuvables ou de passages ennuyeux. L’Histoire prend vie, aussi bien celle de l’Empire que celle de tous les clans celtes. La magie qui entoure les druides nous happe, tout comme la puissance de l’aigle dévastateur. Les descriptions succinctes et vivaces, les explications dynamiques et les actions épiques embrasent nos cœurs avides d’abandon.

Deux réalités s’opposent, deux modes de vie fusionnent : Rome envahit tout et se lie aux autochtones, souvent ravis de pouvoir commercer sans craindre l’autorité terrifiante d’un Dieu vivant, qui trône paisiblement allongé sur un siège, quitte à mettre de côté leurs propres divinités. La paix au prix de sacrifices, la paix contre la liberté. La paix vaut-elle cela ? Le roman malmène nos cœurs en présentant plusieurs générations : les enfants de Boudicca naissent sous le joug romain, alors que leur mère a subi l’annexion de son peuple. Une fois de plus, rien n’est jamais simple, ni tout blanc ni tout noir.

De la légende

Dans cette version à la couverture incroyable, ActuSF nous offre une fin nouvelle, qui ravira les fans de légendes. Alors que le récit ne s’aventurait pas en terrains féeriques, préférant s’ancrer dans une réalité bien assez trouble et magique, l’un des textes ajoutés donne à s’évader davantage, à rejoindre des mythes que l’on connaît bien, éprouvés par maintes refontes, imagées par une table ronde et une épée de feu.

Boudicca est un roman qui vaut le détour, tant à cause de son héroïne historique fabuleuse, que du talent de l’auteur. Leur magie combinée nous promet un avenir meilleur, encore faut-il que nous nous battions pour lui.

Note : 20/20

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Par Lildrille

Lildrille

Passionnée d’imaginaire et d’évasion depuis longtemps, écrire et lire sont mes activités favorites. Dans un monde souvent sombre, m'évader et fournir du rêve sont mes objectifs. Suivez-moi en tant qu'auteure ici : https://www.facebook.com/ChloeGarciaAuteure. Et en tant que chroniqueuse aussi là : https://simplement.pro/u/Lildrille.

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