octobre 25, 2021

Skyfire

De : Simon West

Avec Jason Isaacs, Hannah Quinlivan, Xueqi Wang, Shawn Dou

Année : 2021

Pays : Chine

Genre : Aventure, Action

Résumé :

Sur l’île paradisiaque de Tianhuo dans le Pacifique, la fête bat son plein quand le volcan situé sur L’Anneau de Feu se réveille brutalement. Une jeune scientifique doit convaincre le propriétaire du site touristique de faire évacuer la zone tandis que la terre gronde et que chaque instant les rapproche d’une inévitable catastrophe…

Avis :

Réalisateur britannique qui a commencé sur la BBC, Simon West s’est surtout fait connaître quand il est passé de l’autre côté de l’Atlantique pour réaliser son premier long-métrage, le culte « Les ailes de l’enfer« . Depuis son premier film, West s’est installé à Hollywood et il a fait une carrière plus qu’honorable, « Le Déshonneur d’Elisabeth Campbell« , « Lara Croft : Tomb Raider« , « Expendables 2 : Unité spéciale  » ou encore « Joker » avec Jason Statham.

Habitué à l’idée « d’abandonner le cinéma » pendant quelques années pour passer à la télévision, Nous n’avions plus de nouvelles de Simon West depuis 2017 et « Gun Shy » qui voyait Antonio Banderas aborder le look le plus tripant de sa carrière. Après quatre ans d’absence, on retrouve le metteur en scène anglais là où on ne l’attendait pas. Un peu comme Renny Harlin, Simon West déserte les plateaux hollywoodiens et il vient poser sa caméra en Chine, pour un blockbuster des plus déconcertants. Un blockbuster crétin et con au possible, ce qui est dommage, car Simon West, très loin derrière toutes les bêtises et les incohérences qu’enchaîne son scénario, tenait une idée pas si mauvaise que ça. Malheureusement, ou heureusement, « Skyfire » enchaîne les improbabilités, les facilités et les clichés. Bref, ce n’est pas encore avec ce film qu’on retrouvera le divertissement terrible que Simon West savait offrir.

Dans le Pacifique, sur l’île de Tianhuo, Jack Harris a eu l’idée de créer un complexe touristique sur le flan d’un volcan très actif. Ledit volcan était entré en éruption particulièrement vite, voilà vingt ans de cela. C’est là que Meng Li, alors enfant, avait perdu sa mère, une géologue. Aujourd’hui, Meng Li travaille comme géologue pour Mr Harris, et alors que les touristes, amateurs de sensations fortes, se savent en sécurité, Meng Li rassemble des faits et des éléments qui prouvent que le volcan va de nouveau entrer en éruption, mais ça, Mr Harris ne veut pas en entendre parler…

Bon, on ne va pas se mentir, malgré Simon West, qui est un cinéaste que j’affectionne, je savais très bien où je mettais les yeux et le cerveau en me lançant dans cette bêtise qu’est « Skyfire« . Ce soir-là, j’avais envie d’un blockbuster neuf, crétin, et qui saurait offrir quelques moments de badasserie, et même s’il faut bien dire que le film tire dans l’improbable et dans le très moyen côté visuel, il a su aussi offrir dans un sens ce que j’étais venu chercher. Après, malgré ça, « Skyfire » reste un film qui se pose comme une déception, car même s’il est généreux et con au possible, il reste aussi un film très convenu, sans surprise, ni fun, et plus largement qui tire plus sur le navet qu’autre chose.

Le principal souci de « Skyfire« , c’est qu’il se prend bien trop au sérieux. Simon West a réalisé un film qui est très premier degré et l’on a bien du mal à croire à cette histoire et ces personnages. D’ailleurs, il y a bien trop de personnages dans ce film. Simon West nous propose de suivre à la fois une fille qui s’apprête à se réconcilier avec son père, un petit couple d’amoureux qui est en train de se construire, le gérant du parc, sa femme, et une petite fille… Le film passe sans cesse d’une histoire à l’autre et ça fait beaucoup de chose à traiter en très peu de temps. Mais bon, revenons sur cette histoire qui enchaîne à vitesse grand V les rebondissements, tous plus improbables les uns que les autres. Le menu sera chargé, entre une évacuation de cratère, une descente infernale, une course-poursuite avec de la lave, ou encore des petites virées sous-marines, et bien entendu, comme je le disais plus haut, des réconciliations, l’amour, encore et toujours l’amour, et des prises de conscience de sa vanité. Oui, le menu est très chargé, et il est dommage que tout ceci soit abordé de manière très expéditive et surtout sur un ton sérieux. Certes, il a bien quelques moments qui vont nous amuser, mais cet amusement vient plus du fait que tout est très premier degré que vraiment une idée de fun pour nous éclater.

On notera aussi que « Skyfire » enchaîne les improbabilités et les incohérences, au point que parfois le film n’a pas de sens. On ne comprend pas vraiment les décisions de tels ou tels personnages et l’on s’amusera aussi de cette idée presque vicieuse du volcan lui-même, qui laisse l’impression que ce dernier en a toujours après nos personnages. Dans le genre facilité scénaristique, pour offrir de la mésaventure, « Skyfire » est un petit champion.

Après, au milieu de cette bêtise qui ne tient pas vraiment la route, il y a une idée de départ qui est très intéressante et qui aurait pu offrir un film très intéressant, si elle avait été mieux abordée. Cette idée, c’est de construire un hôtel et parc sur le flan d’un volcan en activité. L’idée étant d’aborder une société qui cherche toujours de l’expérience, du spectaculaire, et quelque chose de hors normes à raconter. Cette idée est vaguement abordée, tout comme l’idée de s’en mettre plein les poches sur la bêtise d’une société qui cherche toujours plus de sensations fortes, mais c’est tellement en surface et bouclé en trois scènes que finalement, on a plus la sensation qu’elle existe comme prétexte à faire ce film et c’est vraiment dommage, car plus que cette relation père fille que le film sur-appuie et qu’on a déjà vu tant de fois, c’est là que « Skyfire » aurait pu être le plus intéressant.

L’autre déception du film, c’est du côté visuel qui franchement est très loin d’être terrible. Simon West a les moyens et le résultat est terriblement cheap. La qualité des effets spéciaux est très discutable, et l’on oubliera l’idée de dantesque, de démesure ou d’épique. Si on pourra le féliciter de créer des images lisibles qui nous laissent profiter de ce qui se passe à l’écran, a contrario, les couleurs sont tellement saturées, et l’ensemble sent tellement le fond vert, qu’on a bien du mal à être pris dans cette histoire sans remarquer tel ou tel défaut (qu’on ajoute à telle ou telle crétinerie).

Enfin, quand on fait un tour du côté des comédiens, on ne peut pas dire non plus que ce soit incroyable. Sans être mauvais, ils sont tous loin d’être transcendants et pour caricaturer une idée, on pourrait dire qu’ils font ni plus ni moins le job. Reste toutefois qu’il faut mentionner Xueqi Wang qui, s’il tient un rôle assez cliché et facile, sur la fin, arrive à tomber dans le badass qu’on était venu chercher et c’est assez terrible.

Cette virée chinoise pour Simon West n’est donc pas incroyable. Certes, « Skyfire » se laisse regarder, certes le rythme est là et l’on ne s’ennuie pas un instant, mais franchement, malgré le divertissement, la générosité de l’action, ce film catastrophe reste sans surprise, déjà vu, crétin, assez pauvre et au final bien trop premier degré pour être vraiment emballant.

Note : 9,5/20

Par Cinéted

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