avril 15, 2021

She’s the One – Petits Mensonges entre Frères

De : Edward Burns

Avec Jennifer Aniston, Edward Burns, Cameron Diaz, Michael McGlone

Année : 1996

Pays : Etats-Unis

Genre : Romance

Résumé :

Mickey et Francis Fitzpatrick tentent chacun à leur manière de vivre sans entraves selon le principe que leur a inculqué leur père : « Vous devez faire ce qui vous rend d’abord heureux ». Ils vont apprendre à leurs dépens que c’était un mauvais conseil, car leur géniteur avait omis de leur parler des ravages de l’amour.

Avis :

Acteur américain plutôt connu qui s’est illustré dans pas mal de petits films indépendants comme dans de plus grosses productions, Edward Burns est aussi un réalisateur, et c’est d’ailleurs en mélangeant ces deux métiers que Burns a fait son entrée dans le cinéma en réalisant et donc en jouant dans « Les frères McMullen » en 1995.

Trouvant un petit succès avec ce premier essai, Edward Burns ne se repose pas sur ses lauriers et enchaîne de suite avec un deuxième film et c’est ainsi qu’un peu plus d’un an après « Les frères McMullen« , Burns est de retour sur les écrans de cinéma avec une autre histoire de frangins.

Se voulant être une comédie, « She’s the one » s’avère surtout être un film vieillot, qui a bien du mal à nous embarquer dans son histoire pourtant très simple. Long, bavard, tournant en rond, si « Les frères McMullen » avait son petit charme, ce deuxième film pour Edward Burns se pose comme une belle déception.

Mickey et Franny, deux frères, ont toujours été en compétition. Franny est marié à Rennée et il gagne très bien sa vie, mais ce sublime décor n’est qu’une façade, car Franny s’ennuie dans son couple et trompe Rennée avec l’incendiaire Heather qui n’est autre que l’ex fiancée de Mickey.

De son côté, Mickey est chauffeur de taxi et gagne modestement sa vie. Mickey est un homme romantique, cherchant le grand amour et d’ailleurs, ce dernier, il va le trouver complètement par hasard, quand Hope grimpe dans son taxi. C’est le coup de foudre et moins de vingt-quatre heures après leur rencontre, ils sont mariés. Cet événement va alors piquer encore un peu plus la rivalité entre les deux frères.

Sur le papier, « She’s the one … » réunissait quelques petits ingrédients qui faisaient que même si l’on n’imaginait pas trouver l’une des meilleurs comédies US des années 90, le film avait toutefois des arguments solides pour qu’on passe un petit moment amusant. La vie de couple, les amours, de petites réflexions sur le temps qui passe, New York évidemment, et puis ce casting, qui est composé de jeunes acteurs et actrices, surtout actrices, qui sont tous devenus cultes aujourd’hui, Jennifer Aniston, Cameron Diaz, Amanda Peet, Leslie Mann… Rien que ça… Bref, mais voilà, ça, c’était sur le papier, car une fois plongé dans le film, « She’s the one … » va très vite se révéler très ennuyant, très plat, très daté et surtout il véhicule des réflexions qui se voulaient peut-être fun à l’époque, mais qui aujourd’hui ont bien du mal à passer (beaucoup de ce qui est dit autour de la gente féminine frise carrément la misogynie, au point qu’on en écarquille les yeux sur certaines répliques, aucun droit au passé, une femme ne peut vivre sans un mari, et évidemment, il est hors de question qu’elle ait des envies sexuelles… Bref).

Toujours écrit par Edward Burns, « She’s the one … », c’est une histoire vue et revue. Edward Burns s’attarde sur le couple, et un peu comme l’esprit qu’il peut y avoir avec ces deux frangins, il les met en compétition. L’un des couples est bien établi et le temps l’a bien égratigné. L’autre est sur la ligne de départ, avec une rencontre rêvée et toute une vie à construire. Si l’idée est amusante, très vite, cette histoire tourne en rond. Edward Burns utilise toujours la même mécanique scénaristique sur tout son film, ce qui fait que celui-ci ne nous réservera aucune surprise, tant une fois qu’on a saisi le schéma qu’emprunte le scénariste,  tout son film en devient prévisible. Du coup « She’s the one … » est on ne peut plus plat et l’on s’ennuie ferme devant cette petite heure et demie qui en devient interminable. Certes, il y aura bien quelques instants qui nous feront sourire, ou d’autres un peu plus touchants, notamment tout ce qui tourne autour du père (incarné par l’extraordinaire John Mahoney) dans les derniers moments du film, mais au final, ce qui nous piquera le plus, ce qui nous tiendra en éveil, ce seront les aberrations que peuvent tenir certains des personnages sur les femmes. Comme je le disais, si ça pouvait passer il y a vingt-cinq ans de cela, aujourd’hui, c’est bien plus compliqué.

Du côté de la réalisation, si le film reste plat et sans surprise, il faut toutefois lui laisser qu’Edward Burns, comme toujours, filme très joliment New York et s’aventure hors des sentiers battus. Loin des cartes postales, on retrouve la pâte de Edward Burns et de ce côté-là, son film est un petit plaisir à regarder, avec ses rues, ses balades en taxi dans Central Park, ses bars, ou encore ses parties de pêche dans le New Jersey.

Enfin, autre petit plaisir que peut réserver le film, c’est bien sûr son casting, qui s’avère plutôt bon à l’exception de Mike McGlone qui surjoue en permanence. Ainsi, en dehors de lui, on trouvera un Edward Burns en romantique parfait, une pétillante et surtout très délaissée sexuellement parlant, Jennifer Aniston. Une Cameron Diaz en blonde incendiaire. Et comme je le disais ,un très bon John Mahoney.

« She’s the one, petits mensonges entre frères » se pose donc comme une belle déception. Quelques petits moments parsemés ici et là rehausseront le niveau, mais dans ce film déjà vu et revu, on s’ennuie ferme, et malgré tous les rebondissements (et les réflexions qui ont tendance à nous piquer), on attend surtout qu’il s’y passe quelque chose et qu’enfin Edward Burns nous entraîne dans sa petite comédie. Mais bon, rien n’y aura fait et c’est vraiment dommage. Heureusement que le réalisateur, comédien et scénariste s’est rattrapé depuis.

Note : 07/20

Par Cinéted

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