novembre 30, 2021

Le Collectionneur de Dettes

Titre Original : The Debt Collector

De : Jesse V. Johnson

Avec Scott Adkins, Louis Mandylor, Michael Paré, Tony Todd

Année : 2018

Pays : Etats-Unis

Genre : Action

Résumé :

Un prof d’arts martiaux sur la paille vend ses services à un truand. Avec un vieux voyou, il va passer le week-end à collecter des dettes à coup de beigne.

Avis :

Scénariste, réalisateur et acteur à ses heures perdues, Jesse V. Johnson ne brille pas grâce à sa renommée. Et pourtant, il est quand même le metteur en scène de pas moins de quinze films, se spécialisant dans l’action pure et dure. Néanmoins, malgré son quasi anonymat, il a trouvé un acolyte de poids, Scott Adkins. Parmi les acteurs physiques et qui prônent le retour des Action Heroes, Scott Adkins se pose comme un excellent candidat qui n’a toujours pas trouvé le véritable rôle pour que sa carrière décolle vraiment. Dison, qu’il n’a pas encore la renommée d’un Van Damme, Stallone ou encore Schwarzenegger. Avec Le Collecteur de Dettes, Scott Adkins et Jesse V. Johnson signent leur cinquième collaboration et l’un des films les plus réputés de leur carrière. Disponible sur Netflix, le film raconte comment un professeur d’arts martiaux sur la paille trouve un job comme collecteur de dettes pour un mafieux au grand cœur. Promesse de castagne et de quelques pointes d’humour, on restera de marbre devant ce buddy movie un peu feignant.

1. Longue balade en voiture

L’introduction du film promet de belles scènes de castagne. En effet, dès le départ, le film pose le contexte, un dojo qui risque fort de mettre la clé sous la porte, un dojo rival souhaite le racheter, une grosse bagarre à trois contre un et une proposition de job à la clé. Ce job consiste à travailler pour un mafieux de la ville afin de récolter des dettes qu’on lui doit. French va alors faire la connaissance de Sue, un homme qui fait ce métier depuis des années et qui doit apprendre à French de bien faire son nouveau métier. Allant de rencontre en rencontre, la dernière mission va s’avérer perturbante, notamment car elle concerne un père de famille célibataire victime d’un complot et la jalousie d’une femme. Et le film de n’être finalement, qu’une succession de rencontres, de quelques bagarres et d’une longue balade en voiture où les deux personnages vont discuter de tout et de rien afin de donner un peu d’épaisseur aux protagonistes. Cependant, malgré des débuts prometteurs, le film va mettre du temps à se mettre en place pour finalement ne jamais vraiment décoller.

Le principal problème du film, c’est qu’il est très redondant et prend parfois du temps pour des bêtises qui ne font pas avancer le scénario. On rentre dans le vif du sujet assez rapidement, avec une première dette qui se solde par une baston et une course-poursuite, mais très rapidement, on va vite se rendre compte que le film tourne à vide. Tels des VRP de la baston, on va suivre ces deux types se battre et obtenir une dernière dette qui va les sortir de leur routine et poser des cas de conscience. Ce cas va d’ailleurs faire un rappel sur toutes les discussions entre les deux personnages, essayant vainement de donner du volume à une intrigue qui se traîne en longueur. Mais cela ne marche pas vraiment, car cette dernière quête arrive trop tardivement et l’intrigue qui tourne autour ne tient pas la route. Tout comme le final, qui se veut grandiloquent mais qui n’est pas percutant et qui manque de nerf et de vivacité. Une vivacité qui sera d’ailleurs étonnement absente de tout le métrage.

2. Les poings de la discorde

Scott Adkins qui fait des cambrioles, qui casse des gueules et qui fait étalage de tout son talent physique, c’est tout ce que l’on demandait à un tel film. Mais ce ne sera pas le cas… En effet, Le Collecteur de Dettes est un mélange entre le buddy movie, le film de bagarre de rue et la comédie. De ce fait, les bastons seront nombreuses, mais ne seront guère impressionnantes. On retrouve constamment le même schéma, comme pour le scénario. Une maison, un gros gaillard pour Adkins, et Sue va s’amuser à faire parler l’autre ou à se taper sa femme. Cette structure va vite s’avérait lénifiante et on va sentir l’ennui monter progressivement. D’autant plus que les scènes d’action ne sont pas folles. Les chorégraphies sont très plates, hormis pour la première, et on ressent une certaine fainéantise. Alors l’acteur principal se tape tous les golgoths, il va en prendre plein la tronche, mais il va s’en sortir à chaque fois. De ce fait, le film n’est pas assez percutant, pas assez varié et souffre de ce statut de petit film à petit budget estampillé Netflix.

Néanmoins, tout n’est pas noir dans cette entreprise. On peut même dire que dans les faits, Le Collecteur de Dettes est un film sympathique, et il est clairement sauvé par le duo qui fonctionne bien. Si Scott Adkins peut s’avérer touchant dans son personnage un peu trop propre et avec une conscience, c’est surtout Louis Mandylor qui lui vole la vedette. L’acteur, très peu connu, dégage une aura sympathique dès son apparition. Sorte de gros branleur amateur de femmes et de bagarre, on va vite comprendre que le type est un écorché vif et qu’il va se livrer à se petit nouveau au détour de quelques maisons et échanges de coups de poings. Et si le duo fonctionne bien, c’est parce que les deux personnages ne cherchent jamais à s’engueuler, mais plutôt à se comprendre et à s’entraider dans les différentes maisons. Bien entendu, la fin aura un impact sur la vie personnelle de Sue, qui souffre intérieurement et cache un cœur de Bisounours.

Malheureusement, tout cela sera contrebalancé par des méchants complètement à la ramasse. Et un bon méchant, c’est très important dans une histoire. Ici, on aura droit à un Michael Paré en traître qui ne sert pas à grand-chose, mais surtout un Tony Todd en sur-régime qui cabotine comme un beau diable asthmatique. Il est loin le temps du Candyman… Encore une fois, on y revient, mais le scénario manque de fond, et il n’arrive jamais à vraiment exploiter cette histoire de jalousie et de père célibataire avec une petite fille qui touche Sue. Les enjeux ne sont pas clairement établis et il manque au film un vrai sujet important, un vrai point fort pour bien ancrer ces personnages dans une intrigue solide. Là, on regarde juste deux types en voiture qui vont taper sur d’autres types avant de tomber dans un piège. C’est un peu trop léger et depuis quelques années maintenant, les films d’action essayent d’aller un peu plus loin que ça.

Au final, Le Collecteur de Dettes est un film assez décevant. S’il n’est pas foncièrement mauvais, il reste un film d’action basique, redondant et qui oublie certains pans de son scénario. On peut par exemple se poser la question de la tenue du dojo, puisque notre héros collecte des dettes toute la journée et ne s’occupe plus de son entreprise. On sent que tout cela a été écrit à la va-vite, et c’est dommage car on sent de bonnes choses, comme un duo qui fonctionne et quelques idées pas si déplaisantes. Reste à savoir sir le deuxième opus vaut le coup ou pas…

Note : 11/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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