octobre 25, 2021

Five Across the Eyes

De : Greg Swinson et Ryan Thiessen

Avec Sandra Paduch, Danielle Lilley, Mia Yi, Angela Brunda

Année : 2006

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Cinq adolescentes se perdent sur le chemin du retour d’un match de football. Alors qu’elles s’arrêtent dans un magasin isolé pour retrouver leur route, elles accidentent légèrement le phare d’un 4×4 stationné sur le parking. Effrayées par les problèmes qu’elles pourraient avoir, les jeunes filles s’enfuient à toute allure sur des routes inconnues. Alors qu’elles traversent une région surnommée « The Eyes », une lumière apparaît dans le rétroviseur. Cette lumière est le phare du véhicule endommagé, qui se lance dans une terrible série d’attaques contre les cinq jeunes filles. Ce trajet banal devient très vite une véritable bataille pour leur survie…

Avis :

Que faire avec 4000 dollars ? Telle est la question qu’on dut se poser les deux réalisateurs de ce film. Car en effet, c’est le budget de Five Across the Eyes, sinistre film d’horreur américain datant de 2006, ayant fait quelques apparitions dans de sombres festivals, et arrivé chez nous directement en DVD en 2017. Film indépendant totalement fauché réalisé par deux réalisateurs qui n’ont plus rien fait depuis, Five Across the Eyes (ou Claques Sanglantes en version française, la bonne blague) est une arnaque pure et simple. Au-delà de son budget famélique et de la présence d’actrices au rabais (certainement des copines des deux réalisateurs), le film n’apporte rien au genre et prouve, une fois de plus, que faire de l’horreur n’est pas à la portée de tout le monde. Retour sur l’un des pires du monde, rien de plus, rien de moins.

Caméra embarquée

Quand on se lance dans la vision de ce « film », il faut déjà se préparer psychologiquement. Car l’inattendu, c’est que l’intégralité du film se déroule dans une voiture. Bien avant le pitch douteux du métrage, la mise en scène va nous sauter aux yeux. On va donc se retrouver dans une grande bagnole où six jeunes filles se crient dessus plus qu’autre chose, tout simplement parce que la conductrice s’est perdue. Et la caméra de ne jamais quitter l’habitacle de la bagnole, même quand l’action se déroule en extérieur. Bien évidemment, il y aura plusieurs plans, montés par un manchot, ce qui permettra de voir chaque personnage. Le problème, c’est que c’est très mal filmé, avec des placements de caméra qui n’ont aucun sens. Les gros plans sont affreux et ne font que dans le scabreux, et il ne faudra surtout pas demander de plans aériens, ce qui est totalement impossible.

En plus de ce choix de réalisation incompréhensible, la qualité du film est médiocre. Non pas dans son histoire (on va y revenir, et c’est pire), mais dans le grain de son image. C’est bien simple, on a l’impression de voir une vidéo familiale tournée dans les années 90. Vous savez, ces enregistrements d’anniversaire avec un caméscope qui marche avec une petite cassette. Petite cassette que l’on insérait dans une grande pour pouvoir regarder ça sur un magnétoscope. Même si le film date de 2006, la qualité de l’image est ignoble. A un tel point que parfois, on ne comprend pas ce qu’il se passe, la saturation prenant le pas sur l’image. Et si ce visuel granuleux peut apporter un aspect un peu artisanal craspec, ici, il ne fera qu’amplifier la médiocrité de l’ensemble.

Hystérie collective

Une médiocrité qui se ressent aussi dans l’histoire du film. Si tant est que l’on peut considérer cela comme une histoire. En effet, on va suivre ces six jeunes femmes qui brisent, sans le faire exprès, le phare d’une voiture et vont s’enfuir. Sauf que, manque de bol, c’est la voiture d’une nana psychopathe hystérique qui trimballe des cadavres dans son coffre. On va alors avoir droit à des courses-poursuites dans le noir, des cris, quelques exemples de sévices, des cris, des coups de fusil dans la forêt, des cris, etc… Et finalement, la seule chose à retenir de ce film, c’est l’hystérie collective des personnages, gentilles comme méchantes. Car globalement, au lieu de beugler, il n’y a rien. Le film est vide de sens. Il affiche des personnages féminins sans jamais aborder le féminisme. Il affiche une méchante qui est… juste méchante. Il montre des éléments de torture et de viol pour… rien, gratos. Ce scénario est une calamité tant c’est juste six nanas qui essayent de sauver leur peau face à une tarée.

Mais le plus drôle dans tout ça, c’est les interactions complètement foireuses que le film affiche. Pour se sortir de cette traque, les jeunes filles ne font que beugler à tours de bras et se faire des reproches. C’est d’une tristesse intellectuelle rare. Le film étant vide de sens, il va trouver des choses scato pour maintenir notre intérêt. Le moment le plus improbable est lorsqu’une des filles décide de se chier dans les mains et d’envoyer sa merde sur le pare-brise de la voiture arrière. Un moment hors du temps, hors de l’espace, on se demande vraiment quelle drogue ont pu prendre les deux réalisateurs. Et bien évidemment, on aura droit au vomi dans les mains, au pipi sur les vêtements et tout plein de séquences dégradantes. Alliant son image dégueulasse à des situations tout autant cradingue, le film va en plein dans le mauvais goût.

Craspec

Un mauvais goût qui s’assume jusqu’au bout avec les sévices imposés aux nanas. Tournevis et fusil à pompe dans la chatte, urine sur les vêtements, torture psychologique, bref, tout y passe. Et le côté craspec de la réalisation renforce la gêne que l’on ressent. Après, est-ce une volonté des deux réalisateurs ? Je crois plutôt à un hasard plus ou moins heureux. On aura aussi droit à un côté gore mal foutu, avec des giclures de sang improbables, et quelques séquences un peu sales. Rien de bien mirobolant, mais c’est surtout très mal venu et gratuit. Et que dire du final, long, pénible, synthétique de toute la daube que l’on nous projette sous les yeux…

Au final, Five Across the Eyes est certainement l’un des pires films jamais produits. C’est moche, c’est sans intérêt, c’est mal filmé et mal joué, avec des personnages sans aucun intérêt ni personnalité. Le pire dans tout ça, c’est que les types s’y sont mis à deux pour pondre une merde pareille. Et de se poser la question de l’existence d’un tel film en DVD, tant il tire plus vers la vidéo amateur tournée par deux sales gosses que du vrai film avec des intentions cinématographiques…

Note : 00/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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