septembre 28, 2022

Marraine ou Presque

Titre Original : Godmothered

De : Sharon Maguire

Avec Isla Fisher, Jillian Bell, Santiago Cabrera, Mary Elizabeth Ellis

Année : 2020

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie, Fantastique

Résumé :

Eleanor est une apprentie bonne fée en proie au doute. Constatant que son métier n’a plus trop d’avenir, elle cherche coûte que coûte le moyen de prouver au monde qu’il a toujours besoin de magie. En découvrant la lettre égarée de Mackenzie – une préado angoissée – l’espoir renaît. Partant à sa recherche, Eleanor découvre que celle-ci a bien grandi et qu’elle est désormais une mère célibataire de 40 ans, journaliste au sein d’une chaîne d’information de Boston. Veuve depuis plusieurs années, Mackenzie a abandonné ses illusions et tout espoir de connaître une vie aussi heureuse que celle décrite dans les contes. Bien décidée à transformer l’existence de sa protégée, Eleanor va tout mettre en œuvre pour lui prouver le contraire… Quitte à provoquer les pires catastrophes ou quiproquos !

Avis :

Il est d’avis commun de dire que la plateforme de streaming Disney+ ne propose pas assez de contenus nouveaux. Outre les films Pixar ou Marvel que l’on a déjà vu des milliers de fois (pour les plus courageux en ce qui concerne Marvel), il est vrai que l’on n’a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Quelques films Touchstone, des séries à destination des plus jeunes, on ne peut pas dire que Disney+ soit attrayant en ce moment (mais depuis les annonces, on sent que Mickey fait des efforts). Pourtant, on peut noter quelques nouveaux films qui ne font pas grand bruit, à l’image de Marraine ou Presque, pourtant porté par la belle Isla Fisher. Et quand on jette un œil sur le métrage en question, on comprend vite pourquoi cela n’a pas fait les beaux jours de la plateforme… Gnangnan au possible, mou, pas forcément bien filmé, on est loin, très loin, des meilleures productions estampillées Disney.

1. Marraine la gourdasse

Pour la petite histoire, on va suivre Eleanor, une fée marraine qui s’inquiète du sort de son monde magique, car plus personne ne croit aux fées. Elle déloge alors une lettre d’une petite fille qui demande à avoir une fée. Le problème, c’est que cette jeune fille est maintenant une adulte, avec un sale boulot et deux filles qu’elle laisse souvent à sa sœur. La venue d’Eleanor va bousculer les codes de cette vie routinière, notamment car cette fée, ingénue, découvre un monde qui lui est inconnu. Dès le début, on sait à quoi on va s’attendre. La découverte d’un monde nouveau, une femme au bord de la crise de nerfs, quelques critiques de société, et des enfants qui souhaitent le meilleur pour leur maman. Bref, quand on se lance dans ce film, on n’aura aucune surprise et le tout suit des rails sans jamais sortir du chemin. Et c’est un peu triste de voir cela.

En effet, Marraine ou Presque est un film qui ne sort jamais du chemin qu’il s’impose, à savoir une comédie familiale où tout est attendu. Jusqu’au déroulement point par point qui débute avec un monde magique qui part à vau l’eau, une jeune femme qui veut bousculer les codes pour sauver son monde, la découverte de notre vie, les mésaventures qui se veulent drôles, puis les engueulades pour par la suite se rabibocher. Bref, le film ne surprendra jamais et suscitera de l’ennui. Un ennui poli, certes, car la dose de magie fonctionne avec la période des fêtes, mais le scénario est trop attendu et reste bien trop maigre. Maigre dans ses critiques, maigre dans ses personnages et maigre dans sa mise en scène qui, tout comme son écriture, restera plate et sans moment très intéressant. D’ailleurs, on perdra une bonne partie de magie avec cette réalisation de Sharon Maguire (Le Journal de Bridget Jones) qui semble peu inspirée par le projet.

2. La Bien-pensance à la guimauve

Dans son fond, le film ne chamboulera pas les codes du septième art. En effet, on se retrouve face à un film qui, comme d’habitude, critique notre société, le culte de l’image, des médias qui veulent à tout prix faire de l’audimat, mais sans jamais rentrer dans le fond du problème. Ici, au lieu de résoudre les problèmes, on préfère, sur la fin, les éviter et les fuir. Marraine ou Presque va donc s’amuser à pointer du doigt les chaînes d’informations qui veulent faire du buzz avec des news inutiles, mais ne va jamais montrer comment les détruire et les empêcher de faire cela. Le film montre aussi qu’être une working girl célibataire, ce n’est pas la joie. Ici, la maman délaisse ses filles pour son boulot, dans lequel elle ne s’épanouit pas. On joue constamment sur notre fibre sensible avec l’histoire du mari décédé, mais cela reste une astuce pour jouer avec nos sentiments et on se sent un peu pris en otage. Et de ce fait, rien ne semble vraiment naturel, et on restera en dehors du film.

Et cet aspect lisse, on le retrouve dans la mise en scène (que l’on a déjà évoqué auparavant), mais aussi dans les personnages et le casting. Eleanor est une fée pénible et gourde qui ne fait que des bêtises et qui, malgré sa bonne humeur, alourdit le film et surtout l’humour global de l’ensemble. On reste de marbre devant ses découvertes et sa bonhommie. Jillian Bell surjoue constamment et plombe le métrage. A ses côtés, Isla Fisher est presque touchante dans le rôle de la maman débordée. Malheureusement, son personnage est écrit à la truelle et son évolution est bien trop rapide. D’autant plus qu’elle semble ne pas voir le potentiel magique de sa protectrice alors qu’il se passe des choses impressionnantes. Il en va de même pour les personnages secondaires, factices et sans réel intérêt, voire même gênants, comme ce partenaire de boulot amoureux mais maladroit jusqu’au final. Ou encore ce patron de chaîne télévisée insupportable, à qui il n’arrivera rien…

Au final, Marraine ou Presque est un mauvais film de chez Disney. Il semble même logique que ce film n’ait pas connu l’espoir de sortir en salle tant il semble éventé dès l’évocation de son projet. Lisse et sans surprise, le film de Sharon Maguire ne vaut franchement pas le coup de s’épancher dessus tant il ne surprend pas et rentre dans des codes qui ont des années de retard. Vouloir changer l’image de la femme dans les contes de fées est une chose, mais autant le faire avec talent, car là, rien ne marque les esprits…

Note : 06/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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