janvier 28, 2022

La Recrue

Titre Original : The Recruit

De : Roger Donaldson

Avec Al Pacino, Colin Farrell, Bridget Moynahan, Gabriel Macht

Année: 2003

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller, Espionnage

Résumé :

James Clayton, un jeune homme intelligent et rusé, est recruté par Walter Burke, vétéran de la CIA, pour faire partie des services secrets américains. Mais avant de devenir un membre opérationnel, il doit survivre à The Farm, le lieu secret d’entraînement de la CIA.
James s’impose rapidement comme l’un des meilleurs éléments de sa promotion et tombe amoureux de Layla, une autre élève. Alors qu’il s’interroge sur sa situation actuelle, Burke lui demande d’accomplir une mission à haut risque, à savoir démasquer une taupe à l’intérieur de l’Agence. Il va alors vite se rendre compte que les devises de la CIA sont plus que vraies : « Ne fais confiance en personne » et « La réalité n’est jamais celle que l’on croit ». James aura rapidement l’occasion d’expérimenter toutes les autres lois d’une profession à part…  

Avis :

Roger Donaldson est un réalisateur solide, qui depuis plus de quarante ans maintenant, livre de petits films qui sont plus la plupart de bons divertissements. Ses années 90 ont été dans ce sens-là, avec des films comme « Sables mortels« , « La mutante« , « Guet-apens » ou encore son culte « Le pic de Dante« . À l’horizon des années 2000, le metteur en scène se lance dans ce qui restera peut-être son projet le plus ambitieux, le politique « Treize jours« . Si le film reçoit de belles critiques, il demeurera un échec commercial, ce qui est bien dommage, car cette reconstitution de la crise de Cuba en 1962 vaut clairement son coup d’œil.

Trois ans après cet échec, et remplaçant James Foley aux commandes, Roger Donaldson revient au thriller avec « La recrue« , un petit film d’espionnage assez sympathique qui, même si l’on voit bien des événements arriver, a le mérite d’être efficace. C’est ce qui fait quelque peu la magie de Roger Donaldson, cinéaste capable de tenir entre ses mains un scénario sommes toutes très classique et d’en faire un joli produit, qui certes ne restera pas dans les annales du cinéma, mais qui sur l’instant arrive à prendre son spectateur et lui offrir le divertissement qu’il était venu chercher.

James Clayton, la vingtaine, est un jeune homme intelligent. Ce jeune va taper dans l’œil de Walter Burke, un vétéran de la CIA, qui est aujourd’hui recruteur, instructeur et formateur. Burke convainc James de passer les tests, chose que le jeune homme réussit sans l’ombre d’un souci. Dès lors, il est envoyé à La Ferme, endroit où il va commencer sa formation pour devenir agent secret de la CIA.

Quatorzième film pour Roger Donaldson, « La recrue » est un film qui, sur le papier, a bien des arguments pour lui, entre l’idée de film d’espionnage dans le milieu des formations de futurs agents pour la CIA, son casting, on ne peut plus alléchant, Al Pacino, Colin Farrell, Bridget Moynahan et bien entendu Roger Donaldson qui se trouve derrière la caméra. C’est pourquoi il est assez étonnant de trouver un film ultra classique à l’écran. « La recrue » est un film qui ressemble à beaucoup d’autres et hormis son casting, il n’a pas vraiment d’éléments qui le font sortir du lot.

Ce qui apporte ce sentiment, c’est tout d’abord ce scénario que tient Roger Donaldson. Malgré des incohérences, ou plutôt des invraisemblances, tant cette histoire est grosse et alambiquée, « La recrue » est un film qui tient le coup. Certes, il ne faut pas sortir de Saint-Cyr pour en comprendre son fil rouge, ce qui aura tendance à tuer les éléments de surprise qui se voulaient imprévisibles, alors que pas du tout. Il y a peut-être aussi le fait que l’on commence à être habitué au genre et comme Roger Donaldson fait dans l’ultra basique, il est facile d’en dénouer le mensonge. Bref, quoi qu’il en soit, malgré son côté prévisible, malgré ses invraisemblances, « La recrue » demeure un film efficace qui arrive à créer sans mal un certain suspens ou du moins une certaine tension. Et c’est là que la « magie » de Roger Donaldson opère, le réalisateur arrivant à nous prendre, nous tenir, et même nous divertir avec du déjà-vu.

Pour cela, pour cet effet gagnant, il faut alors chercher dans la mise en scène de Roger Donaldson. Là encore, son film est basique, mais le bon artisan qu’est Donaldson fait que tout s’enchaîne sans temps mort. Roger Donaldson injecte assez d’intrigue pour nous tenir, pour piquer notre intérêt et finalement, on se laisse prendre au jeu des mensonges, des vérités et des manipulations. Le film tient même quelques scènes qui ont de bonnes idées. Des scènes qui sont faciles, mais qui tiennent la route et renchérissent l’idée de manipulation qu’on trouve dans un film d’espionnage (la scène du bar, l’enlèvement, quelques scènes pendant la mission ou encore l’un des éléments du final). Bref, tout ceci fait que si c’est simple et déjà vu, ça reste aussi intéressant dans un sens et prenant au final.

Si les personnages manquent de profondeur, malgré des tentatives, ils restent cependant attachants et l’on se plaît à les suivre, car ils sont bien campés par leurs comédiens. Al Pacino en vieux de la vieille en fait certes un peu trop, mais il reste bon. Puis on adore Pacino, même quand il en fait trop. Colin Farrell et Bridget Moynahan sont intéressants en se lançant dans un petit remake de « Mr & Mrs Smith« , jouant la carte de la manipulation et du mensonge.

Du coup, « La recrue » n’est pas un grand Roger Donaldson, tout comme il n’est pas un grand film d’espionnage, mais malgré son côté déjà vu, malgré un fil rouge assez évident, il n’en reste pas moins un honnête et même solide divertissement. Bref, comme je le disais plus haut, Roger Donaldson est capable de rendre un bon produit avec du classique.

Note : 11/20

Par Cinéted

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