juin 22, 2021

Le Colocataire

Titre Original : Un Rubio

De : Marco Berger

Avec Gaston Re, Alfonso Baron, Malena Irusta, Ailin Salas

Année : 2020

Pays : Argentine

Genre : Drame, Romance

Résumé :

Juan doit vite trouver un colocataire après le départ de son frère. C’est finalement Gabriel, son collègue charmant et taciturne, qui emménage. Ce qui débute comme un arrangement innocent se transforme rapidement en attraction naissante, puis en passion…

Avis :

Marco Berger est un réalisateur argentin qui n’est pas vraiment connu du grand public. Pourtant, malgré cela, il a réussi au fil des années à s’imposer comme un réalisateur culte au sein notamment de la communauté homosexuelle. Il faut dire que depuis son premier long, « Plan B » sorti en 2010, Marco Berger a su nous offrir de jolies romances teintées d’érotisme et d’émotion. Avec des films comme « Absent » ou encore « Hawaï« , le réalisateur a su nous captiver et nous toucher, si bien qu’aujourd’hui, on attend toujours avec beaucoup de curiosité un nouveau film de l’argentin.

Quatre ans après le sulfureux et décevant « Taekwondo« , Marco Berger nous revient donc avec une nouvelle romance, et deux nouveaux portraits, et si son film tient de très jolis moments, il faut dire qu’il demeure une déception. Long, très long, trop long, « Le colocataire » a bien du mal à nous captiver avec ses personnages sans émotion. Des personnages étouffés qui ne parlent pas, et qui s’enferment dans leur mal-être. On se retrouve alors à attendre de retrouver la beauté d’ »Absent« , mais rien n’y fait, malgré de jolies scènes, « Le colocataire » traîne en longueur, et ce n’est malheureusement pas le sublime final qui changera l’ennui qu’on a ressenti. Dommage, vraiment dommage.

Juan a une chambre de libre dans son appartement. Une chambre qu’il a proposée à Gabriel, jeune papa célibataire et collègue de boulot. Gabriel est taciturne et ne parle pas beaucoup, Juan lui est plus « vivant », et surtout, il a du mal à mettre un terme à une relation avec une ex, qui de temps à autre débarque sans prévenir. Les deux hommes, que beaucoup de choses opposent, vont apprendre à se connaître et ce qui a démarré comme une simple colocation, va finalement se transformer en une relation compliquée.

« Le colocataire« , nouveau film donc de Marco Berger, est un film duquel on ressort assez embêté, tant on ressent bien les attentions de son réalisateur, tant plus encore, il a en son sein de très belles scènes, de très beaux moments et il traite de sujets qui sont aussi importants que beaux.

« Le colocataire« , c’est l’histoire de deux hommes qui vont se rencontrer et s’aimer à l’abri des regards. Pratiquement filmé comme un huis clos, puisque l’on sort que très rarement de leur appartement, « Le colocataire« , c’est la naissance d’un désir, c’est des regards qui ne trompent pas, c’est un chamboulement pour ces deux hommes qui refoulent et ont refoulé leur attirance. Avec ce film, comme souvent il l’a fait par le passé, Marco Berger parle du désir et d’acceptation de soi. La relation que le cinéaste met en scène est particulière et bien souvent elle est abîmée par la vie d’un de ces personnages qui ne sait comment réagir à son désir et gérer ce qui lui arrive, entre ce colocataire auquel il ne peut résister et cette ex qui ne cesse de revenir et à laquelle il ne sait résister. Le scénario développe aussi d’autres sujets et l’on sera touché par tout ce qui est fait autour du personnage de Gabriel et la relation qu’il entretient avec sa fille. D’ailleurs, le film se conclura de manière magnifique, qui peut même prétendre à être l’une des plus belles scènes que Marco Berger ait pu mettre en scène.

Comme toujours chez Marco Berger, on sera captivé par la façon que peut avoir le réalisateur à filmer l’intimité de ses personnages, ou encore la façon qu’il a de filmer les corps et le regard. Marco Berger, c’est un cinéma simple, qui cherche le plus souvent à s’approcher au plus près de l’humain et de ses émotions, de ce qui le chamboule et encore une fois, il le fait ici avec énormément de talent. Puis en plus de ça, il a devant sa caméra Gaston Re et Alfonso Barón, deux comédiens qui sont hypnotiques.

Mais voilà, derrière les très beaux moments, derrière la sensualité, derrière le désarroi de ses personnages, derrière la beauté de leur regard, derrière les sujets intéressants que traite le réalisateur, Marco Berger n’arrive pas pour autant à nous captiver avec ce « … colocataire« . « Le colocataire« , c’est un film qui a une très grosse tendance à traîner en longueur, on a l’impression que le cinéaste étire au maximum toutes ses scènes, ce qui donne un film très, très long. De plus, on ajoutera à cela que le scénario, tout comme la mise en scène, a tendance à se répéter racontant toujours la même chose, ce qui a tendance à donner quelque chose de monotone, et ça abîme son film. Même les bonnes idées, comme ces scènes superbes de bus où les deux personnages, au gré des mouvements, laisseront presque penser qu’ils vont s’embrasser, à force de répétition, finissent par lasser. Puis au-delà de ces répétitions, on regrettera que le film soit si étouffé au niveau de ses émotions. Si les comédiens demeurent bons, ils ont aussi du mal à vraiment nous toucher, car Marco Berger fait le choix de longs plans fixes où bien souvent ces personnages ne font que se regarder en silence, attendant que l’autre fasse le premier pas. Là encore, l’idée, l’espace d’une scène ou deux, est intéressante, mais sur tout un film, l’idée se répète, mais surtout elle finit par apporter bien trop de longueur.

Le dernier-né de Marco Berger est donc une jolie déception. Car oui, si le film dans son ensemble est long, plat et donc ennuyant, il m’en demeure pas moins que, au milieu de tout cela, l’espace de quelques instants, l’espace d’une intimité filmée avec beaucoup de pudeur, l’espace d’un sourire, d’un regard, d’un désir, ou encore d’un final merveilleux, « Le colocataire » est beau et même touchant, on aurait simplement aimé que ces petits moments s’étirent sur tout le film.

Note : 10/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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