décembre 7, 2021

No Pain No Gain

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Titre Original: Pain & Gain

De : Michael Bay

Avec Mark Wahlberg, Dwayne Johnson, Ed Harris, Anthony Mackie, Tony Shalhoub

Année: 2013

Pays: Etats-Unis

Genre: Action

Résumé:

À Miami, Daniel Lugo, coach sportif, ferait n’importe quoi pour vivre le « rêve américain » et profiter, comme sa clientèle fortunée, de ce que la vie offre de meilleur : maisons de luxe, voitures de course et filles de rêve… Pour se donner toutes les chances d’y arriver, il dresse un plan simple et (presque) parfait : enlever un de ses plus riches clients et… lui voler sa vie. Il embarque avec lui deux complices, Paul Doyle et Adrian Doorbal, aussi influençables qu’ambitieux.

Le film s’inspire de l’histoire incroyable mais vraie de ces trois kidnappeurs amateurs qui, à la recherche d’une vie meilleure, se retrouvent embarqués dans une série d’actes criminels qui dégénèrent rapidement… Rien ne se déroule jamais comme prévu.

Avis:

Dans l’univers du cinéma beauf et pop-corn américain, Michael Bay s’imposait comme le messie de toute une génération d’amateurs de divertissement pyrotechnique. Il faut dire que depuis son premier film, Rock, le type n’a jamais pu s’empêcher de mettre une explosion à tout bout de champs. Néanmoins, quand on s’intéresse un petit peu à sa filmographie, on se rend compte que le monsieur a quand même fait des films intéressants, comme The Island en 2004 et qu’il a sombré petit à petit dans une facilité qui permettait de faire une débauche d’effets spéciaux et d’explosions. Le pire étant bien entendu la saga Transformers, car même si elle reste divertissante, elle est vraiment conne comme un manche. Binaire, stupide et dans une caricature de l’être humain avec des personnages insupportables, on peut dire que seuls les effets spéciaux et le dynamisme sauvent la saga d’un vide abyssal. Et c’est alors qu’en 2013, le réalisateur sort un film surprenant, tiré d’un fait divers et qui est réellement intelligent ! Oui, le mot est lâché, Michael Bay a fait un film intelligent, fun et jouissif. Alors est-ce volontaire ou non, la réponse reste un mystère. Mais le film est diablement efficace ! Retour sur un film complètement fou.

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On est là pour guérir les incontinentals, ceux qui pissent partout !

No Pain No Gain raconte donc un fait divers qui s’est réellement passé dans les années 90 et plus précisément entre 1994 et 1995 dans le comté de Dade. Daniel Lugo est un professeur de musculation dans une salle de sport. Un peu blasé et shooté aux stéroïdes, il ne pense qu’à l’apparence et au pognon. Il entraine alors Victor Kershaw, un riche connard. Avec deux acolytes, ils décident alors de le séquestrer, le torturer pour le forcer à signer des papiers donnant tout son argent, puis essayer de le tuer.  Mais le plus gros problème, c’est que les trois bonhommes sont complètement idiots et qu’une fois que l’argent vient à manquer, ils décident de remettre le couvert et tout foire. Ce qui est le plus fou dans ce métrage, c’est que malgré les passages improbables, tout le film est tiré d’un fait divers, du début à la fin. C’est d’ailleurs le seul film que je vois où le réalisateur est obligé de mettre au milieu du film un texte justifiant que le film est toujours tiré de faits réels ! Bien évidemment, certains passages ont dû être romancés, comme certaines discussions, mais tout cela reste vraiment hallucinant. On se demande d’ailleurs comment ces trois gars ont pu réussir leur premier coup sans se faire chopper avant. L’histoire est donc vraiment folle et prenante.

Bien entendu, quand on lit cela, on se demande où et l’intelligence dans le scénario. Le propos du film dénonce clairement le culte de l’apparence. On voit des personnages crétins, détestables et qui ne pense qu’à trois choses : l’apparence, l’argent et le sexe. Ce dernier est tout de même un peu en retrait, montrant l’importance asexuée des deux premiers thèmes. Le personnage de Daniel Lugo aime les femmes, mais il préfère les donner à son ami, pour se consacrer  son bateau et à sa luxure. Dans le film, tout le monde est bodybuildé, lisse et cela dénote avec l’inspecteur ou les personnes qui ne sont pas dans ce monde. Michael Bay dénonce aussi la naïveté du système américain et des américains eux-mêmes, comme lors de la scène du voisinage, où tous les mecs veulent faire le bouche à bouche à le belle blonde. Mais le pire dans tout ça, c’est que Bay propose quelque chose d’assez fin dans son message, laissant le spectateur se faire une idée du métrage. D’ailleurs, les imbéciles y verront un simple divertissement alors que ceux qui vont creuser un peu le film y trouveront une critique acide du système américain.

La réalisation de Bay est très innovante et il prend des risques. De ce fait, le film n’est jamais ennuyeux. On voit bien évidemment des ralentis ou encore des caméras qui tournent autour des acteurs lorsqu’ils ne font rien, mais tout cela s’imbrique parfaitement dans la critique du culte de la beauté, essayant à chaque de rendre chaque plan beau avec un certain sens de l’esthétisme et de la vacuité. Néanmoins quelques trouvailles sont sublimes, notamment lors de la scène avec le producteur de films pornos, où la caméra tourne entre deux salles, se faufilant dans des interstices ou encore lors de l’introduction quand Daniel Lugo fait ses pompes contre un mur à l’envers. Le film est réellement innovant et propose une image qui correspond au film et à son propos. Certes, ce n’est pas toujours très drôle, mais on s’attache vraiment à ses bras cassés et certaines scènes cocasses valent leur pesant de cacahuètes. Franchement, pour du Michael Bay, c’est très surprenant et il n’y a qu’une seule et unique explosion dans tout le métrage.

Enfin, d’un point de vue du casting, c’est plutôt bon. Mark Wahlberg joue très bien son rôle et on le sent vraiment très investi. Mais le meilleur c’est vraiment Dwayne Johnson, qui joue le plus gros débile accro à la cocaïne et qui est vraiment habité dans son personnage complètement imbécile et pourtant attachant. Anthony Mackie est un peu plus effacé dans le métrage n’étant pas une grande tête d’affiche. Par contre, on applaudira encore une fois la prestation de Tony Shalhoub (Monk) qui est hilarant et vraiment détestable. Il excelle dans ce rôle, de telle façon que l’on va le détester et prendre en affection les trois brigands. Enfin, Ed Harris est brillant, illuminant de tout son charisme le métrage. Bref, c’est vraiment très bon.

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C’est ma nouvelle poupée gonflable !

Au final, No Pain No Gain est une véritable réussite autant sur le plan du scénario que sur le plan de la réalisation. Nerveux, intelligent et innovant, Michael Bay propose surement son film le plus subtil avec une histoire complètement dingue. Alors il est vrai que le réalisateur ne l’a peut-être pas fait exprès, mais cela serait étonnant tant tout est brillant là-dedans. Bref, un film à voir sans modération.

Note : 17/20

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Par AqME

IscarioteNote de Iscariote: 15/20 Une histoire tellement folle qu’ils sont obligé de rappeler qu’elle est vraie au milieu du film.

ServalNote de Serval: 15/20 Délirant, trash, irrévérencieux, intelligent, beau et maîtrisé, des acteurs excellent dont The Rock formidable (sans conteste le meilleur film de Michael Bay).

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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