novembre 30, 2022

Artemis Fowl

De : Kenneth Branagh

Avec Ferdia Shaw, Lara McDonnell, Colin Farrell, Judi Dench

Année : 2020

Pays : Etats-Unis

Genre : Fantastique

Résumé :

Descendant d’une longue lignée de criminels, le jeune et richissime Artemis Fowl – 12 ans et déjà doté d’une intelligence hors du commun – s’apprête à livrer un éprouvant combat contre le Peuple des Fées, des créatures puissantes et mystérieuses qui vivent dans un monde souterrain et qui pourraient bien être à l’origine de la disparition de son père 2 ans plus tôt. Pour mener sa lutte à bien, il devra faire appel à toute sa force et à son ingéniosité diabolique, quitte à prendre en otage le capitaine Holly Short – une elfe réputée pour sa bravoure – et l’échanger contre une rançon en or. Pour le nain gaffeur et kleptomane Mulch Diggums – qui va tout tenter pour venir en aide à Holly – et la commandante Root, chef du F.A.R.F.A.DET (Forces Armées de Régulation et Fées Aériennes de DETection, le département de reconnaissance de la police des fées), la partie s’annonce plus que serrée…

Avis :

Initiée en 2001 sous la plume d’Eoin Colfer et composée de huit tomes, la saga Artemis Fowl fait partie de ces grands pans de la littérature jeunesse ayant fait découvrir la lecture à de nombreuses têtes blondes. S’appuyant sur deux thématiques fortes, un James Bond en culotte courte et un folklore irlandais peuplé de fées et autres gobelins, la saga littéraire s’est vendue à des millions d’exemplaires à travers le monde et il était donc logique de retrouver cela en film. Prévu depuis près de vingt ans, passant de scénaristes à scénariste et enchainant les réalisateurs sur le projet, le film va pouvoir se faire en 2018 via la caméra de Kenneth Branagh. Devant sortir en 2019 au cinéma, le film va alors être repoussé une nouvelle fois à cause du rachat de la Fox par Disney, qui va vouloir y apporter des changements et offrir un autre montage. Reculé au cinéma en 2020, la crise du coronavirus aura eu raison du film qui devra se contenter d’une sortie sur la plateforme de streaming Disney+. Est-ce un mal pour un bien ? Même pas, puisque de toute manière, le film est une boucherie de tous les instants, montrant l’incapacité de Branagh à raconter des histoires fantastiques de jeunesse et de s’affranchir des studios qui ont charcuté le film dans tous les sens.

Le scénario est tout simplement indigent. On a vraiment la sensation que les scénaristes sont partis du principe que tout le monde connait l’histoire d’Artemis Fowl. On nous présente brièvement un jeune garçon surdoué et très imbu de sa personne, qui souhaite retrouver son père, un marchand et collectionneur d’arts qui a disparu, laissant sous-entendre qu’il a volé un précieux objet. Rapidement, on nous présente ensuite le monde des fées. Un endroit au centre de la Terre où pullulent fées, gobelins, elfes et autres créatures mythologiques comme le centaure et tout ce petit vit dans le secret absolu. Artemis va alors se rendre compte que son père s’est fait enlever par une sorcière qui veut récupérer un artefact surpuissant et le peuple des fées pense qu’Artemis a volé cet artefact. Un combat autour du manoir des Fowl s’annonce alors. Et c’est tout ce qu’est le film, un long siège où des types déguisés en combinaisons vertes vont affronter un garçon surdoué qui détient des pièges et un garde du corps relativement costaud. Le scénario ne raconte rien d’autre et c’est entre un ennui gêné et une incompréhension folle que l’on va naviguer dans ce gloubiboulga indigeste. Le problème avec ce film, c’est que l’on ne comprend rien. On ne sait pas ce qui se passe, tout va très vite, les présentations des mondes comme les personnages et très rapidement, on se rend compte qu’on n’en a rien à foutre de tout ce bordel, aussi bien dans l’histoire que pour les personnages.

Puisque tout va très vite, il va être très compliqué de se sentir concerné par l’histoire, les enjeux et les personnages. Plusieurs fois remanié, il faut se dire que ce que l’on a sous les yeux est peut-être ce qu’il y avait de moins pire. Et c’est grave. Artemis Fowl est un gamin prétentieux, détestable, que l’on a envie de baffer tout au long de l’histoire. Ferdia Shaw qui prête ses traits au garçon est imbuvable de suffisance et demeure aussi expressif qu’une meule de comté. A ses côtés, on comptera sur quelques personnages importants, comme son homme de main qui est rompu aux arts martiaux mais qui se fait latter en quelques minutes, la nièce de l’homme de main, que l’on nous présente comme une grande combattante et qui finalement est très peu utilisée, voire même oubliée dans certaines scènes, comme la «mort » de son oncle, ou encore le nain géant kleptomane qui fait des trous avec sa bouche et qui ressort ce qu’il ingurgite par… le cul. Un peu finesse voyons ! Tous ces personnages sont présentés à vitesse grand V afin qu’on les utilise rapidement pour des situations précises et par la suite, ils deviennent inutiles. Kenneth Branagh ne sait d’ailleurs pas qu’en faire, les oubliant parfois dans le plan ou le récit. Reste alors la petite fée qui va aider Artemis dans la recherche de son paternel et qui est assez sympathique, notamment parce qu’elle a un enjeu narratif, celui de blanchir le nom de son père. Chose que l’on résoudra en deux secondes parce qu’on s’en branle pas mal. On se demande encore ce qu’est allée foutre Judi Dench dans cette galère, costumée en fée verte ridicule.

Et tout cela, c’était sans compter sur la réalisation sans âme de Kenneth Branagh. On le sait, le réalisateur britannique est en perte de vitesse en ce moment, et son ton baroque et romantique manque cruellement. Après des échecs cuisants comme Thor ou Le Crime de l’Orient Express, le cinéaste se plombe avec Artemis Fowl où il ne sait pas quoi faire du trésor qu’il a entre les mains. On nous balance des plans dégueulasses en CGI moisis pour présenter le monde des fées à la manière d’un Space Opéra avant de basculer dans une gaudriole cynique où les créatures évoluent dans un monde déjà-vu. Quand il faut faire des plans plus intimistes, Kenneth Branagh va toujours tenter d’y mettre du mouvement, comme s’il fallait à tout prix que son film s’embraye sur de nouvelles choses. C’est fatiguant et surtout très impersonnel. Et puis il n’y a aucune ambiance qui se dégage du film. C’est plat, sans money shot et pour couronner le tout, la narration appuie tous les faits et gestes pour bien nous faire comprendre que l’on est bête. Cette voix off est insupportable, voire même incohérente sur la fin puisqu’elle raconte des faits qu’elle n’a pas pu voir…

Au final, Artemis Fowl est une énorme purge qui a évité de justesse la sortie dans les salles obscures et c’est tant mieux. Immense ratage dans tous les sens du terme, le film se noie dans son monde trop grandiloquent pour son réalisateur qui n’arrive pas à filmer l’action et à mettre en place des enjeux importants. Plantage pour Disney avec ce film qui annonce en plus une suite, qui ne viendra certainement jamais vu les notes pourries que le film se paye un peu partout sur le net. De sales notes méritées pour un film incompréhensible qui a plusieurs années de retard…

Note : 05/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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