décembre 5, 2020

Passe-Passe

De : Tonie Marshall

Avec Nathalie Baye, Edouard Baer, Guy Marchand, Mélanie Bernier

Année : 2008

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Une sortie d’autoroute manquée et voilà Darry Marzouki, prestidigitateur au chômage, croisant la route d’Irène Montier Duval, une belle bourgeoise, le sac Hermès rempli de billets de banque. Par amour, elle a servi d’intermédiaire dans une vente d’armes entre un ministre français et la Corée. L’affaire s’est ébruitée. Le ministre veut lui faire porter le chapeau. En fuite, elle propose à Darry de le payer pour qu’il la conduise à Genève dans sa belle BMW.
Le hic, c’est que la BMW n’est pas à Darry. Il l’a volée sur un coup de tête à son beau-frère, petite frappe un tantinet irritable, qui promet de l’étriper s’il ne la rend pas. Ne pouvant accepter la proposition d’Irène, Darry s’invente une identité d’altermondialiste se rendant à Locarno pour un sommet. Irène, qui rêve de changer d’air, se prend au jeu.
Ils ont peu en commun. Ils passeront trois jours ensemble. Trois jours inoubliables… A leurs trousses, des Coréens, la DST, un ministre et le beau-frère… Au bout de chemin, l’amour pour l’un, la liberté pour l’autre.

Avis :

Si Tonie Marshall a commencé sa carrière en tant qu’actrice, c’est bien en tant que réalisatrice qu’elle a gagné tous les honneurs, notamment avec son deuxième film « Venus Beauté (institut) » qui en 2000 aux César avait raflé pas moins de quatre Prix, dont les prestigieux meilleur film et meilleure réalisatrice, ce qui fait, et encore à ce jour, que Tonie Marshall est la seule femme à détenir la précieuse statuette. Malheureusement, pour la suite, Tonie Marshall n’a pas vraiment retrouvé les honneurs, du moins en ce qui concerne les années 2000, puisque son « Au plus près du Paradis » fut sympathique mais oubliable et l’on ne parlera même pas de son « France Boutique« .

Après ces deux films, Tonie Marshall conclut alors ces années 2000 avec un film en demi-teinte. « Passe-passe » est un film qui sur le papier donnait très envie, notamment parce qu’on retrouve Tonie Marshall à la réalisation, mais surtout parce que la cinéaste a réuni un duo qu’on imaginait faire des merveilles, Nathalie Baye et Edouard Baer. Mais malheureusement, malgré des moments et des personnages sommes toutes sympathiques, « Passe-passe » est un film qui déçoit, notamment à cause d’une écriture complétement foutraque, dans laquelle on se perd, on s’embrouille, et finalement plus le film avance et moins l’on cerne les tenants et les aboutissants. Reste alors une Nathalie Baye impériale, qui tient tout le film sur ses épaules.

« Passe-passe » est un cas très particulier, car le film de Tonie Marshall peut être un petit cas d’école tant le scénario de celui-ci part dans tous les sens. C’est bien simple, l’intrigue que nous a écrit là la réalisatrice est bien trop éparpillée et l’on finit par ne plus y comprendre grand-chose.

« Passe-passe » est un film lourd qui multiplie les sous intrigues et à force, il finit par se perdre lui-même, ne sachant plus très bien où aller.

Partant pourtant sur une base assez simple, une femme fuit pour sa sécurité et rencontre un homme au gré du hasard, homme qui va évidemment l’aider à se sortir du mauvais pas dans lequel elle se trouve. Tonie Marshall a ajouté à cette trame un nombre presque incalculable d’intrigues et de sous intrigues.

« Passe-passe« , c’est un film qui dans son intrigue, parle de fausse identité , de vente d’armes, de ministre corrompu, de contrats secrets, de magicien au chômage, d’arnaques en tout genre, d’histoire d’amour coréenne, d’une mère atteinte d’Alzheimer, d’une amoureuse atteinte de Gilles de la Tourette. Ça parle d’un vol de voiture et d’un beau-frère tendu et tyrannique. Ça parle des désillusions de la vie, ça parle d’aller à Locarno, puis à Marseille, puis à Paris, avant d’aller à Locarno. Ce sont les services secrets français, ce sont les services secrets de Corée… Bref c’est le bordel, et il bien difficile de comprendre ce qui ce qui s’y passe, comment et pourquoi.

Après, ressortent quand même de bons moments, une énergie, des scènes drôles et des personnages attachants, mais ça reste de l’anecdotique dans le fond, et surtout, ça relève de l’ordre du sketch au final, tant le fil rouge de « Passe-passe » se complique la vie pour rien. Car oui, bien souvent, hormis présenter ces situations, ces sujets et ces personnages, le film ne fait rien avec.

Reste alors une Nathalie Baye divine en arnaqueuse arriviste dépassée par les événements. C’est Nathalie Baye qui porte « Passe-passe » et nous fait finalement apprécier, dans les limites du possible, le film de Tonie Marshall. L’actrice s’en donne à cœur joie, et ça se sent à tout instant. On notera toutefois un casting monstrueux pour incarner tous les rôles divers et variés qui jalonnent le parcours de Nathalie Baye. Ainsi, on trouve un Edouard Baer sympathique, même si on a déjà vu le comédien bien mieux ailleurs.

« Passe-passe » est donc une déception et c’est le genre de film qui est en demi-teinte, car d’un côté, il a en sa défaveur une intrigue qui est un bordel sans nom et de l’autre, il a pour lui de jolies scènes prises à part et surtout, il a une actrice qui porte le tout à bout de bras et c’est à elle qu’on doit ce sentiment de ne pas avoir passé un moment si désagréable que ça.

Note : 08/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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