décembre 6, 2021

Sleeping Beauty

De : Julia Leigh

Avec Emily Browning, Rachael Blake, Ewen Leslie, Peter Carroll

Année: 2011

Pays: Australie

Genre: Drame

Résumé:

Ce que les hommes lui font la nuit, Elle l’a oublié au réveil. Une jeune étudiante qui a besoin d’argent multiplie les petits boulots. Suite à une petite annonce, elle intègre un étrange réseau de beautés endormies. Elle s’endort. Elle se réveille. Et c’est comme si rien ne s’était passé…

Avis:

Julia Leigh est une réalisatrice qui s’est tout d’abord fait connaître en tant que romancière. C’est même sa principale source d’activité. Son premier roman, « Hunter« , fut adapté par Daniel Netthleim en 2013. Julia Leigh est une romancière qui a un univers assez dérangeant et quand elle se décide à écrire un scénario, naît alors « Sleeping Beauty« . Face à l’étrangeté et le malaise que crée ce scénario en 2008, ce dernier se retrouve sur la blacklist d’Hollywood. Julia Leigh prend alors la décision de se lancer dans la réalisation, afin que son histoire puisse trouver des images.

« Sleeping Beauty » est un film qui à sa sortie à fait parler de lui. Interdit au moins de seize ans, car il incitait à la prostitution, si le film a fait couler de l’encre, c’est aussi et surtout à cause de ce qu’il nous raconte. « Sleeping Beauty » est un film dérangeant et « malaisant » au possible, mais cela aurait pu être une proposition de cinéma et d’ailleurs, c’est ce qu’est le film de Julia Leigh qui, disons-le nous, ne ressemble à aucun autre. Mais derrière le malaise ressenti à tout instant, « Sleeping Beauty » est aussi un film dont on ressort en ne sachant pas vraiment pourquoi on a décidé de nous raconter cette histoire, tant le film de Julia Leigh laisse un sentiment de vide. Et finalement, face à cela, on se demande simplement quel est l’intérêt de ce film.

Lucy est une jeune étudiante fauchée. Pour s’en sortir, Lucy fait divers petits boulots, et parmi eux, il se trouve aussi qu’elle se prostitue. Répondant à une petite annonce, Lucy entre dans un cercle fermé où les prestations relèvent bien plus du fantasme que de la prostitution. Avec ce cercle, Lucy accepte d’être payée pour dormir. Prenant un puissant somnifère, elle laisse son corps endormi à des hommes la nuit et rentre chez elle au matin avec aucun souvenir. Les règles fixées par sa patronne Clara sont claires, les hommes qui rejoignent Lucy ne peuvent pas la pénétrer et ne doivent lui laisser aucune marque…

« Sleeping Beauty » est une vraie déception. Alors que je savais où je mettais les yeux, j’en connaissais son sujet, tout comme j’en connaissais sa réputation, j’espérais trouver un film qui trouverait une bonne réflexion, et au-delà de ça, qui me fasse passer un bon moment de cinéma, entre érotisme, esthétisme et sujet de société. Si l’érotisme est là, et si l’esthétisme est présent, c’est bien tout ce que je pourrais lui retenir, car pour le reste, je dois dire que je suis resté sur le côté, ne sachant pas vraiment pourquoi Julia Leigh a décidé de me raconter cette histoire. Une histoire qui avait bien des ingrédients pour livrer un film intéressant aussi bien dans son fond que dans sa forme, mais au final, force est de constater que la réalisatrice n’en fait rien et qu’elle rate son film sur bien des points.

« Sleeping Beauty » est un film qui donne la sensation que Julia Leigh a voulu créer du malaise pour faire ni plus ni moins que du malaise. Il n’y a rien d’autre dans son film et plus l’intrigue avance et moins on finit par la comprendre. De plus, si la prestation d’Emily Browning demeure excellente, la jeune actrice tient un personnage antipathique, auquel on a bien du mal à s’accrocher. Julia Leigh essaie bien de parler de ces jeunes qui ont du mal à s’en sortir entre études et boulots mal payés, mais elle ne fait que présenter ce constat et très vite, elle l’oublie pour partir sur son idée de voyeurisme endormi. Une idée, là encore, qui est intéressante au départ, mais elle n’en fait rien en plus de mettre un temps fou pour la mettre en place. Oui, il se passe bien une bonne heure où il ne se passe pas grand-chose, et quand enfin on arrive à son sujet, ce dernier ne sera qu’une succession de scènes ô combien glauques et dérangeantes, qui n’auront rien d’autre que d’être glauques et dérangeantes. Certes, parfois on peut penser à « Eyes Wide Shut » ou encore à « Belle de jour« , et on sent que les deux films font partie des inspirations de la réalisatrice, mais Kubrick et Buñuel faisaient quelque chose de leur film. Ici, je le répète, Julia Leigh n’en fait rien et faire un film simplement pour être dérangeant, ça ne marche pas.

Je ressors donc troublé et surtout déçu de ce premier et seul film à ce jour réalisé par Julia Leigh. S’il est clair que la réalisation, quoiqu’ennuyante, est belle, s’il est clair que l’esthétique est très beau, et s’il est tout aussi clair qu’Emily Browning est excellente dans un rôle difficile (qu’on ne comprend pas), « Sleeping Beauty » est surtout un film qui donne l’impression d’exister simplement pour déranger et mettre mal à l’aise. « Sleeping Beauty » ne raconte pas grand-chose et finalement une fois le générique arrivé, il nous laisse avec tant d’interrogations qu’on se demande où fut l’intérêt d’un tel film.

Note : 07/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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