juin 23, 2021

HammerFall – Dominion

Avis :

Le Heavy Métal a connu son âge d’or à la toute fin des années 70 et durant quasiment toutes les années 80 et début 90. Une époque toute une flopée de groupes se tiraient la bourre pour aller le plus vite possible et raconter des histoires de plus en plus épiques. Puis petit à petit, si le Heavy a toujours existé, il a laissé sa place à d’autres styles qui sont devenus une sorte de mode. Pour autant, le Heavy est toujours un genre très prisé et on le retrouve bien souvent mélangé à d’autres styles comme le Power, le Speed ou encore l’Epic. HammerFall est un groupe suédois qui est arrivé assez tardivement sur la scène Heavy, puisque sa formation remonte à 1993 et son premier album, Glory to the Brave, est sorti en 1997. Mais c’était finalement le bon moment puisque rapidement le groupe s’est forgé une grosse réputation et a redonné vie à un genre qui tombait un peu en désuétude. Cependant, tout n’est pas rose dans la discographie de HammerFall. Si la fin des années 90 et le début des années 2000 sont plutôt fastueux, à partir de Crimson Thunder et de No Sacrifice, No Victory, le groupe se paye des critiques moyennes et semble sur le déclin. Dominion voit alors le jour en 2019, c’est le onzième album du groupe, et si c’est loin d’être le meilleur, il permet de tâter le pouls d’un groupe qui en a encore sous la pédale.

Le skeud débute avec Never Forgive, Never Forget et le moins que l’on puisse dire, c’est que le groupe a envie d’aller de l’avant. Alors certes, le titre manque peut-être d’un riff ravageur et d’une rythmique plus rapide, mais au niveau de la structure et du solo, HammerFall veut mettre les petits plats dans les grands et livre une entrée en matière plutôt sympathique, qui donne envie d’aller voir la suite. Et Dominion va fournir un bon gros riff des familles qui donne vite envie de headbanger en rythme. Simple, efficace, épique dans son introduction avec une batterie de mammouth, le groupe se donne les moyens de revenir sur le devant de la scène avec puissance et autorité. Puis arrive alors Testify, qui va mettre tout le monde d’accord au niveau de la rythmique. C’est rapide, simple, efficace, plutôt percutant et l’ensemble sied parfaitement à l’image un peu guerrière du groupe. On regrettera cependant un refrain trop simpliste, qui reprend le titre du morceau mais sans lui apporter quelque chose de mémorable. One Against the World sera un peu en deçà du reste de l’album, malgré un rif imparable. Le problème avec ce titre, c’est qu’il est trop gentil, malgré un refrain en chœur fédérateur, mais l’ensemble manque d’impact et de volonté d’en découdre. Mais (We Make) Sweden Rock arrive à bon escient pour faire bouger dans les chaumières. Mais lourd, plus Heavy Rock dans l’âme, le titre se paye le luxe d’être plus léger et d’être très réussi dans son genre, avec cette fois-ci un refrain imparable. Pour marquer la fin de cette première moitié, le groupe livre alors la très belle ballade Second to One, qui saura toucher sans être gnangnan.

Pour attaquer la deuxième partie de l’album, HammerFall se relance avec un pur titre Heavy qui débute à la vitesse grand V et permet au chanteur de se lâcher avec un petit cri aigu. La suite sera très classique, fort plaisante, mais on navigue en terrain connu et le groupe semble avoir du mal à se renouveler un petit peu. Mais surgit alors Dead by Dawn, l’un des meilleurs titres de l’album, avec un refrain qui rentre immédiatement en tête et surtout, un riff imparable qui donne des envies de se briser les nuques sans en faire des caisses. C’est simple, parfaitement exécuté et c’est tout ce que l’on demande à HammerFall. Battleworn sera un interlude inutile qui permet de lancer alors Bloodline, un autre gros titre qui démontre toute la fougue du groupe et son envie d’aller de l’avant, de progresser tout en ne reniant jamais son passé. Si sur certains titres, ça ne passe pas forcément, et on reste dans une sorte de nostalgie sclérosée, ici, ça bouge, ça varie les rythmiques et surtout, c’est épique à souhait. Tout comme Chain of Command, qui possède une belle aura, même si ça reste très classique. Le groupe manque peut-être d’envergure sur cet effort, mais il propose tout de même de belles choses, dont ce titre accrocheur. Enfin, pour clôturer ce onzième album, le groupe offre And Yet I Smile, qui démarre presque comme un titre un peu Folk sur les bords, avant de dériver vers un titre Heavy en forme Power Ballade et ça marche parfaitement. On a l’impression d’écouter parfois du Scorpions avec ce morceau, mais c’est aussi ce qui fait son charme.

Au final, Dominion, le dernier album en date de HammerFall, est plutôt une bonne réussite. Après quelques albums plutôt moyens, le groupe se ressaisit et fait étalage d’un renouveau qui fait plaisir à écouter, malgré quelques morceaux en deçà du reste. Mais on préfère voir le verre à moitié plein et rester sur le plaisir que l’on a eu à écouter cet effort, avec ses solos dantesques et techniquement parfaits et son envie de proposer un Heavy classique, mais efficace.

  • Never Forgive, Never Forget
  • Dominion
  • Testify
  • One Against the World
  • (We Make) Sweden Rock
  • Second to One
  • Scars of a Generation
  • Dead by Dawn
  • Battleworn
  • Bloodline
  • Chain of Command
  • And Yet I Smile

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.